Convention des Chirurgiens Dentistes 2018 : le mépris

Convention des Chirurgiens Dentistes 2018 : le mépris

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Après deux ans de « négociations conventionnelles » où comme prévu de longue date et comme à l’accoutumée, la Cnam n’a fait que dicter sa volonté aux syndicats dits représentatifs de la profession avec pour seul choix soit signer une « convention » qui achève l’étatisation de la profession, soit un Règlement Arbitral qui imposerait par la force de décrets les volontés de la Cnam : revalorisation des soins conservateurs modique et qui ne rattrape en rien la moyenne européenne, même pas celle des pays de l’OCDE, plafonnement des actes prothétiques qui étaient jusqu’à présent les seuls actes encore en relation avec la réalité économique et donc parfaitement comparable avec la moyenne européenne.

Voilà où en est rendu le « dialogue » entre les dentistes et la Cnam en 2018, vous signez ou c’est imposé. Chaque praticien appréciera le rôle des syndicats qui acceptent d’aller « négocier » pour eux : signer ou refuser mais finalement le même résultat. Leur rôle se réduisant dorénavant, nous le répétons depuis des années, à celui de créateur d’ambiance conventionnelle, n’ayant plus aucune réelle utilité.

Dans ce contexte totale biaisé et compte tenu de l’importance pour la profession de l’application éventuelle d’une telle « convention » quand est il véritablement de l’opinion de la profession ?

Nous tenons ici à relayer le sondage réalisé par le think tank ASD, Agir pour la Santé Dentaire, http://agirsd.fr qui à courageusement organisé et c’est une première sur le sujet de l’approbation de la convention, un sondage ouvert à tous les chirurgiens dentistes.

Près de 4000 praticiens ont répondus à ce sondage, soit plus de 10% des chirurgiens dentistes en exercice.

Le résultat de ce vote est sans appel : 86,05% des praticiens n’approuvent pas ce projet de convention.

http://agirsd.fr/wp-content/uploads/2018/05/59ca9466-6cd8-41b2-9ae2-a0d28c3e0308.jpg

 

Devant un tel résultat, il était probable que la raison l’emporte chez les deux derniers syndicats qui étaient encore à la table de la Cnam. Comment croire en effet un seul instant à cette fumisterie de Reste à charge 0 pour la prothèse dentaire, qui serait financé par un assureur en faillite depuis le début des années 50, qui ne peut donc pas mettre 1 euro de plus sur la table et par les mutuelles qui se font siphonner par la Cnam pour alimenter le fond CMU, car oui le fond CMU est alimenté par la taxe sur les assurances complémentaires, taxe qui augmente avec la prestation de la mutuelle, plus elle remboursent plus elles sont taxées, logique Sécu imparable sensée luter contre les « dépassements » d’honoraires.

Malheureusement, ces évidences criantes ne sont pas parvenu aux syndicats dentaires encore en « négociation » .

24 heures après les résultats sans équivoque du sondage d’ASD, nous apprenions par un tweet semblant irréel la décision de la CNSD, le plus important des deux syndicats en question, que non seulement la convention serait signée par eux, mais que cela avait été approuvé par un vote à 90,65% . 90,65% de quoi ? 90,65% des 10 000 adhérents de la CNSD ont approuvés ce projet inacceptable de convention nationale ? Cela semble totalement impossible, surtout après les résultas du sondage, indépendant d’ASD.
Encore une fois nous voyons bien là qu’il ne s’agit que d’une création d’ambiance totalement déconnectée non seulement des sentiments de la profession mais également de toute raison.

Devant une telle mise en scène, une telle mascarade du tout gratuit dans 2 ans qui ne trompe personne, un tel mépris des praticiens, un tel mépris de la réalité économique, il convient plus que jamais de ne pas accepter de participer à ce semblant de négociation pour une convention qui se déconnecte plus que jamais de la réalité.

Car elle est là l’action qu’il convient de mener, contre la convention, et non y participer, puisque d’accord ou pas les décision de la Cnam nous seront imposées.

Il est évident que de plus en plus de confrères, médecins, dentistes, para médicaux, comprennent que voter pour les élections des UPRS, c’est déjà accepter de participer à cette mascarade dont la finalité n’est autre que de nous faire exercer au tarif acceptable pour la Cnam, y compris si cela se fera à perte pour les soignants ou pour les structures de soins, publiques ou privées car tel est l’enjeu pour la Cnam, continuer à faire croire aux Français qu’ils pourront se faire soigner n’importe où n’importe quand et « gratuitement » tout en les soulageant tous les mois de cotisations sociales en constantes hausses qui représentent dorénavant plus le 50% de leur rémunération brut.

La meilleur action à mener contre ce système affichant un tel mépris, des soignants, des patients, est bien de refuser d’y participer et non d’apporter sa voix à tel ou tel syndicats qui de toute façon ne pourra rien faire d’autre que de se faire imposer des tarifs irréalistes par décret.
Retournons leur mépris, et combattons la convention au lieu d’y participer.

JP Cazeaux

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1 COMMENT

  1. Bien sur Jean -Pierre Cazeaux! La seule solution désormais est dans le déconventionnement .Les moutons sont tondus et affamés .Alors sortez de l’enclos.

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