chroniques en liberté

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SÉCURITÉ SOCIALE : DE LA NÉCESSITÉ DE DISSOCIER LA PROTECTION UNIVERSELLE DE SON MODE DE GESTION.

 

Dans une précédente chronique (« La fable du modèle social français »), j’avais rappelé que dès la fin de la Seconde guerre mondiale les auteurs français de l’ordonnance du 4 octobre 1945 n’avaient en rien innové en s’inspirant du modèle allemand d’Otto Von Bismarck reposant sur l’assurance professionnelle obligatoire, et le modèle anglais inspiré par Beveridge en 1942 reposant sur l’unité de gestion, l’universalité des bénéficiaires et l’uniformité des prestations, et que la seule spécificité « française » en cette matière reposait sur le fait qu’à l’initiative du Conseil national de la Résistance et du Parti communiste de l’époque, la gestion du système serait assurée par les « partenaires sociaux ».

La France étant exsangue à la fin de la guerre, le poids de ce qui relevait à l’évidence de la responsabilité de l’État a été chargé sur les épaules des seuls actifs, générant au cours des soixante-dix dernières années un déséquilibre insupportable au détriment de ceux qui, cotisant le plus, ont aujourd’hui vocation à percevoir le moins, les faillites et suicides frappant les indépendants dont le seul tort a été de faire le choix de la liberté d’entreprendre en étant l’illustration cruelle (les patrons des grands groupes sont presque tous salariés, faut-il le rappeler) : les condamnations au paiement de cotisations sociales, contrairement aux sanctions pénales appelées « amendes » assortissant souvent des faits d’une gravité particulière, ne peuvent donner lieu au moindre sursis.

L e débat relatif à la protection étant passionnel et partant, irréfléchi, mérite qu’on fasse montre de pédagogie, les acteurs les plus farouchement opposés à toute modification que ce soit du système de sécurité sociale, poursuivant le plus souvent des objectifs très éloignés de la question — primordiale — de la solidarité nationale fixée dans la Constitution. Les clichés sont malheureusement tenaces, surtout lorsqu’ils jouent sur les peurs.

Les questions que tout un chacun doit se poser, sont les suivantes :

  • la gestion « autonome » du système de sécurité sociale français par les partenaires sociaux que l’on a habillée du titre de « démocratie sociale » — spécificité française qui fait que souvent, l’on cache la misère derrière des formules –, est-elle le pilier de ce principe qui vise à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail ?*
  • Cette gestion autonome a-t-elle conduit au fil du temps les assurés à moins cotiser et à être mieux indemnisés ?*
  • Cette gestion autonome a-t-elle conduit à un équilibre des comptes ? Cette gestion autonome conduira-t-elle à un mieux-vivre ou un mieux-être pour les citoyens ? Va-t-on s’en sortir un jour ?

Il n’est pas utile en l’état de souffler les réponses, tant elles sont criantes. Faillite d’un système dans lequel la répression a pris le pas sur la solidarité, faillite d’un système générant chaque année des dettes abyssales et qui bientôt ne servira qu’à payer ceux en charge de le gérer, mal français là aussi.

Il est urgent de revenir à un principe simple qui fera que l’État sera seul en charge de la protection sociale universelle

Revenons-en aux principes figurant dans l’ordonnance de 1945 et précisément dans son article 1er : « Il est institué une organisation de la sécurité sociale destinée à garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de famille qu’ils supportent.

L’organisation de la sécurité sociale assure dès à présent le service des prestations prévues par les législations concernant les assurances sociales, l’allocation aux vieux travailleurs salariés, les accidents du travail et maladies professionnelles et les allocations familiales et de salaire unique aux catégories de travailleurs protégés par chacune de ces législations dans le cadre des prescriptions fixées par celles-ci et sous réserve des dispositions de la présente ordonnance.

Des ordonnances ultérieures procéderont à L’harmonisation desdites législations et pourront étendre le champ d’application de l’organisation de la sécurité sociale à des catégories nouvelles de bénéficiaires et à des risques ou prestations non prévus par les textes en vigueur ».

L’article L420–2 du code de commerce prohibe l’exploitation abusive par une entreprise ou un groupe d’entreprises, d’une position dominante sur le marché intérieur ou d’une partie substantielle de celui-ci, « lorsqu’elles ont pour objet ou peuvent avoir pour effet d’empêcher, de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence sur un marché, les actions concertées, conventions, ententes expresses ou tacites ou coalitions, notamment lorsqu’elles tendent à :

1° Limiter l’accès au marché ou le libre exercice de la concurrence par d’autres entreprises;

2° Faire obstacle à la fixation des prix par le libre jeu du marché en favorisant artificiellement leur hausse ou leur baisse ;

3° Limiter ou contrôler la production, les débouchés, les investissements ou le progrès technique ;

4° Répartir les marchés ou les sources d’approvisionnement ». (article L420–1 du même code).

Les positions dominantes portent en elles, viscéralement, les germes de l’abus et la cohorte de ses effets pervers : c’est précisément à cause de cela qu’elles ont été prohibées en France et au-delà de ses frontières, peu important qu’elles soient positions dominantes privées ou publiques.

Qui est raisonnable et pragmatique, ne peut que se rallier aux conclusions du texte d’opinion de Cécile Philippe, directrice générale de l’Institut économique Molinari (article du 28 octobre 2014 — Figaro Vox-), ainsi libellé :

« Il est à craindre que les effets pervers constatés dans les systèmes de santé totalement étatisés — tels le Canada ou le Royaume-Uni — ne se manifestent de plus en plus chez nous. Il est donc judicieux de se demander si nous avons pris la bonne voie en cherchant à supprimer la concurrence. Parler de concurrence en santé peut paraître incongru, mais c’est sans doute la meilleure façon de faire des économies sans supprimer les marges de choix des individus et la qualité. Même en santé, l’importance du calcul économique est cruciale. C’est la seule façon de s’assurer que les primes payées par les assurés se rapprochent au plus près des attentes des patients, tout en donnant aux assureurs les moyens et les motivations de modifier leur niveau de couverture si besoin est.

Là est la cause de l’échec des politiques de maîtrise comptable des coûts menées en France. Dans les systèmes étatisés, les pouvoirs publics, otages du système qu’ils ont établi, sont incapables de savoir si une prestation est payée au juste prix ou pas. Ils s’appuient sur des prix administrés qui ne correspondent pas à la confrontation d’une demande et d’une offre. Ils ne permettent donc pas de savoir si les ressources sont utilisées de façon efficace ou pas. Les régulateurs sont alors condamnés à agir en aveugle, au gré des modes et des lobbys. Les différents prestataires de soins sont eux aussi perdants. Ils sont face à un opérateur unique, quand ils pourraient avoir des sources de revenus diversifiées s’il y avait des assureurs en concurrence. Et in fine, tous les consommateurs sont pénalisés, prisonniers d’un panier de soins unique qui coûte cher et ne correspond pas nécessairement à leurs besoins. Le PLFSS 2015 est bel et bien une nouvelle occasion manquée d’ouvrir un débat sur les vraies réformes à mener en santé ».

se trouve effectivement le nœud du « problème social français », le monopole étant l’ennemi de tout progrès en ce qu’il rend l’effort inutile et les dérives, souveraines, ce progrès fût-il qualifié de social, et je laisse-là les discussions — hors sujet serais-je tenté de dire — liées à la question de savoir si les organismes qui le gèrent doivent ou non être considérés comme des « entreprises » au sens de la réglementation européenne, ou si l’on peut en l’état s’assurer « socialement » auprès d’autres assureurs, étrangers et européens y compris : ces questions donnent lieu à des débats nourris auxquels je participe également, en rappelant sans cesse en ce qui me concerne que l’assuré social français qui décide de sortir du RSI se trouve dans la position du piéton se faisant renverser sur un passage protégé : mourir dans son bon droit est une faible consolation.

« Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse », formule empruntée à Alfred de Musset, aurait pu constituer le titre de cet article. L’objectif assigné à la loi — garanti par la loi, devrais-je dire -, peut donc être atteint de diverses manières. Vouloir pérenniser un système au bord de l’implosion est criminel : au système actuel doit donc être substitué un système équilibré reposant sur la liberté pour chacun du choix de son opérateur, alliant les savoir et savoir-faire de l’ensemble des acteurs spécialisés, caisses existantes y compris — leur implantation géographique constituant un atout de premier ordre -, dans le cadre d’un cahier des charges imposé par l’État, un État, faut-il le rappeler une fois encore, garant de la solidarité nationale.

Michel Bourgeois
14 Mai 2016


Il est grand temps de refaire de la responsabilité individuelle un facteur de progrès : s’agissant des salariés, lequel d’entre eux s’opposera à percevoir à la fin de chaque mois son salaire net augmenté des cotisations salariales et patronales, à charge pour lui de s’assurer (comme en matière d’assurance automobile) auprès de l’assureur social le plus avantageux pour lui (cet assureur pouvant être une caisse comme celles qui existent aujourd’hui, mais devenue vertueuse…).

Celles et ceux ne pouvant cotiser, continueront à être couverts pareillement — cette obligation étant une obligation de la Nation -, au moyen de fonds provenant des autres opérateurs qui abonderont une caisse solidaire.

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Introduction

Pour commencer, le libertarianisme, c’est la version française du « libertarianism » américain. Et le « libertarianism » américain c’est le libéralisme classique, dont l’auteur le plus lu est Frédéric Bastiat, un homme politique français de gauche du XIXème siècle, quasiment inconnu en France et bestseller aux USA.

D’un autre côté, vu qu’au programme du journal officiel de philo seul Tocqueville est cité comme auteur libéral dans la catégorie approfondissement, pas étonnant que le libéralisme classique, très largement influencé par les auteurs français du XIXème siècle soit méconnu.
Ainsi libertarianisme = libéralisme classique = ‘vrai’ libéralisme.

Donc pourquoi cette distinction sur les mots? A cause du néo libéralisme qui est au libéralisme classique ce que le poisson chat est au chat, c’est à dire uniquement une ressemblance dans le nom.

Le libéralisme est une philosophie du droit, le néo-libéralisme est à la base une doctrine économique puis une théorie sociale à la suite des travaux de Rawls au XXème siècle et de sa « Justice Sociale ». Qui au final n’est qu’une dérive de la pensée Rousseauiste du Contrat Social.

Ses partisans se sont fait appelés « liberals » aux USA, ses opposants, Rothbard et Nozick en tête les « libertarian ». De là ont découlé les sociale démocraties, les social libéral etc.. Qui ne sont en fait que des dérives du socialisme.

Je ne cherche pas à dire ce qui est bien ou est mal, juste à mettre les bonnes définitions en face des bons mots et gommer tous ces abus de langages qui fleurissent dans les journaux via la culture du néant d’une grande partie des journalistes.

Ainsi le « liberalism » américain est un abus de langage de ses partisans pour faire passer en douce le socialisme aux USA en pleine guerre froide voir en pleine chasse aux sorcières.

Bref, qu’est que le libéralisme classique et qu’est-ce que le néo-libéralisme? Pour les autres dénominations typiques telles que ultra, hyper ou turbo libéralisme, ça n’existe pas, c’est une invention des journalistes pour faire encore plus peur aux lecteurs comme lorsque Goldorak doit affronter toujours des Golgoths plus puissants les uns que les autres.

Si on voulait vraiment définir l’ultra libéralisme, cela serait la version la plus extrême du libéralisme, c’est à dire une philosophie sans concession pour promouvoir la liberté de l’homme et la garantie de ses droits naturels, donc ça serait l’anarcho-capitalisme (qui n’est autre que l’anarchisme originel de Proudhon qui croyait à la propriété individuelle avant que ses théories soient récupérées par le marxisme) de Murray Rothbard et donc l’absence d’état et de maître pour tout homme.

Hors pour les journaux, l’ultra libéralisme c’est la dictature fasciste des banques et de la finance. Tout le contraire!

Le Libéralisme:

Qu’est-ce que le libéralisme (classique)? C’est une philosophie du droit, qui cherche à définir la nature de l’homme et son interaction dans la société. Elle repose sur plusieurs concepts:

– les droits naturels inaliénables de chaque individu (quel que soit son sexe, sa nationalité, sa couleur de peau, ses origines ethniques, ses préférences sexuelles etc…) => liberté, sûreté et propriété. Donc déjà là deux gros écueils:

1/ naturel veut dire en référence à la nature de l’homme, pas un cadeau de mère nature. Le plus petit dénominateur commun entre les individus est le droit naturel: liberté, sûreté et propriété.

2/ propriété ne se résume pas à une propriété matérielle (obsession des marxistes) mais au fait que tu es maitre de ton propre corps et par extension de ce que tu en fais et comment tu l’utilises.

– un état dont la finalité est de protéger ces droits naturels. Il s’agit donc d’un état de service et non d’un état autoritaire.

– une séparation des pouvoirs, de toute forme de pouvoir afin de limiter les risques qu’un despote ou une oligarchie violent ces droits :

– une démocratie, servant théoriquement à limiter ces risques de viol de droits.

– l’existence d’un ordre social auto-organisé, spontané; fruit de l’interaction entre des personnes libres, plus harmonieux, plus stable, plus prospère que des ordres ou des lois construits par le haut.

– l’économie de marché, conséquence de tout ça.

Ici liberté est synonyme de responsabilité, et la liberté des uns s’arrête là où elle viole le droit naturel des autres.

Donc toute forme de coercition ou d’agression est bannie.

Cette philosophie du droit a été progressivement construite à travers les âges, d’Aristote à Saint Thomas d’Aquin, l’école de Salamanque ou la philosophie des lumières. Elle a connu des référents anglais comme Locke ou Adams mais aussi français comme Tocqueville ou Say avant d’être reprise par l’école Autrichienne de Von Mises ou Hayek.

Avant d’en arriver au néo-libéralisme, comparons le libéralisme avec les autres philosophies ou doctrines.

Philosophies politiques

Le libéralisme n’est pas parfait: il se focalise sur le respect des droits et des libertés des individus avant tout ordre social, car pour les libéraux, on ne peut avoir de meilleure société que les individus qui la composent.
En face des libéraux il y a donc:

– les conservateurs, qui considèrent que toute société est immuable, et doit respecter des lois ancestrales ou divines avec une pyramide sociale absolument figée par droit de naissance ou illumination divine: aristocraties, théocraties… Ici les droits naturels de l’individu sont variables en fonction de la case sociale.

– les socialistes: pour eux la société doit être organisée par la raison et doit tendre à un bien suprême bien évidement supérieur à tout droit individuel égoïste. Ce sont les théories de la République de Platon, du Contrat Social de Rousseau.

Il faut que tout le monde se trouve à la bonne place pour avoir une belle photo, sauf qu’ils oublient un détail essentiel: l’action humaine. Son libre arbitre, son irrationalité, sa folie, son émotivité.

Un individu ne va pas forcément faire ce qui serait bon ou bien pour la communauté si: il n’a pas envie, il n’y trouve pas son intérêt, il n’y pense pas, il a juste envie de faire chier etc etc…

Donc le socialisme va contraindre les individus, soit par la violence soit par la manipulation à suivre des schémas prédéfinis.

En théorie le socialisme est très attractif, et par petits groupes volontaires on peut construire une communauté socialiste parfaite, mais à chaque individu ajouté on risque de faire capoter le tout.
– le socialisme de divise en deux grands groupes:
– les constructivistes, tel Saint Simon qui veut grâce à des ingénieurs sociaux reconfigurer la société pour le bien des citoyens même si cela va à l’encontre des désirs ou des libertés des individus: tout doit être contrôlé, validé, assuré, pesé.

– les collectivistes, tel le marxisme, qui considèrent que le groupe surpasse l’individu que la société est supérieure à l’individu.

Toutes ces idéologies, doctrines ou philosophies ne sont pas mauvaises en soit et chacune à ses avantages et ses défauts:

Libéralisme:
+ Liberté, indépendance coopération volontaire (JFK: … and help the men reach what they were born to be: free and independent)
– les personnes dépendantes ne sont aidées que par la charité.

Donc les personnes de mauvaises volonté qui vivent sur le dos des autres sans participer à l’échange du marché libre seront vite isolées et sans ressources.
Conservatisme: chacun est à sa place et à une tache à faire, mais mieux vaut être en haut qu’en bas.

+ Si t’es en haut
– si t’es en bas

Socialisme:
+ Objectif social, collectivité, rêve, but, confort, hédonisme
– sacrifice du libre arbitre et des droits naturels

Constructivisme:
+ Chacun à sa place pour optimiser le tout
– sacrifice du libre arbitre et des droits naturels

Collectivisme:
+ vivre pour les autres, l’altruisme triomphant
– sacrifice du libre arbitre et des droits naturels

Notons au passage que dans toutes ces philosophies, seule le libéralisme n’a pas besoin d’une hiérarchie des places ou des postes ou des valeurs et n’a pas besoin d’un roi, d’un président ou d’un guide pour diriger la société et dire aux individus ce qu’ils doivent faire voir penser pour leur bien.

Donc inévitablement toutes ces sociétés se transforment en tyrannies avec un despote à leur tête. Le libéralisme n’est pas une société parfaite, car celle-ci n’est pas composée de personnes parfaites, mais elle a le double mérite de ne pas se terminer en bain de sang et en même temps de permettre à toute personne s’en donnant les moyens de s’en sortir.

Et si aujourd’hui ce n’est pas le cas, ce n’est pas à cause du libéralisme, car nos sociétés ne sont pas libérales, mais à cause de l’abus de règles, décrets et normes qui ajoutent de la difficulté à s’en sortir.

Il y a donc deux grandes familles politiques: les libéraux/individualistes d’un côté et les autoritaires/étatistes de l’autre.

Les premiers sont issus du libéralisme classique, les autres jonglent entre conservatisme et socialisme. Et en France il n’y a que ça. Il n’y a pas de parti libéral en France, et il n’y a pas de politique libérale. Niet.

Pas l’ombre d’un début. La France est à des années-lumière du marché libre et du libéralisme. Sur une échelle de 1 à 10, 10 étant un libéral, Macron, Madelin, Fillon ou Lefebvre sont à 2. Ils font des mesurettes ponctuées de régulations et de contrôle de l’état.

Même le projet de loi du travail est une construction collective et anti libérale, car pour un libéral, le contrat est signé entre l’individu et le patron, pas en passant par un syndicat, ou une convention collective. De plus pour un libéral, tous les individus sont égaux devant la loi. Donc la loi ne devrait pas discriminer privé et public.

Perversion du libéralisme classique
Donc les étatistes de tout bord ont toujours eu un problème avec le fait qu’ils jugulaient la liberté des individus.

Forcément ça ne fait pas vendre. Et les coups d’état ça ne marche pas tout le temps. Donc ils ont attaqué le libéralisme sous 3 angles, après ses succès de la fin du XVIIIème siècle entre la constitution américaine et la déclaration des droits de l’homme et du citoyen en France:
– l’égalité
– la liberté
– l’échange

L’égalité: pour un libéral, tout individu est égal à un autre devant la loi. « Tous les hommes naissent libres et égaux en droit ». Paf je te supprime le « en droit » et tous les hommes naissent libres et égaux.

Ce qui est faux. Mais la société doit alors compenser ce déséquilibre de naissance. Pour les socialistes en général c’est plutôt pratique, car cela justifie le constructivisme et le collectivisme: construisons une société égalitaire pour gommer les inégalités.

La liberté: pour un libéral, tout individu est libre de faire des choix quels qu’ils soient. Etre libre ne veut pas dire avoir la capacité de. Je suis libre de me balader à poil en plein hiver, mais je n’ai pas la capacité de résister au froid, même avec ma barbe de hypster.

Je suis libre de traverser l’atlantique à la nage, mais je n’en ai peut-être pas la capacité physique. Je suis libre de travailler pour m’acheter une Audi RS6 Performance à 600Ch mais je n’ai peut-être pas la capacité financière de le faire.

Le summum étant de confondre les deux sur des bases matérialistes: si tu ne peux ne pas t’acheter ce que tu veux c’est que tu n’es pas libre.

L’échange: pour un libéral, la base de tout système social est basée sur l’échange volontaire non contraint respectant les droits et les libertés de l’autre. Mais cela ne veut pas dire que tout échange sera parfait et équitable. Le but étant que les deux parties y trouve satisfaction. Donc oui tout échange n’est pas parfait et parfois on se fait avoir. Il faut donc réglementer tout ça pour que tout soit parfait!

Comme il est impossible d’anticiper la nature humaine, on a cherché à créer des modèles mathématiques permettant de simuler les échanges avec l’école néo-classique à la fin du XIXème siècle, et par la suite toute une construction économique basée sur les mathématiques à base de modèles parfais simulant des échanges parfaits entre groupes parfaits ou optimisés ou normalisés. Sauf que partout dans le monde, à chaque instant des échanges imparfaits se font entre individus imparfaits.

Il faut donc que l’état intervienne pour réguler le tout et normaliser le tout afin de rendre les échanges plus faciles à modéliser.

Cela a été démonté par Von Mises et son ouvrage « l’action humaine »: l’école autrichienne était née, considérant l’économie comme une science humaine et non une science mathématique. Il démontre que les modèles mathématiques ne peuvent tenir en compte le facteur humain et son instabilité pour produire des modèles fiables.

Le néoclassicisme ne sert donc qu’à limiter les libertés des individus via l’échange afin de normaliser le tout par la supervision de l’état.

En 1937 Coase continue dans la voie du néoclassicisme avec sa théorie de principal/agent cherchant à démontrer la normalisation des échanges, arguments contrés par Hayek, disciple de Von Mises, qui démontre (prix Nobel en 1974) que puisque les minorités régulant les échanges ne peuvent connaitre toutes les informations nécessaires à une transaction à un instant donné et encore mois à un instant futur (inertie bureaucratique), la normalisation des échanges est une perte de savoir, donc une perte d’innovation, donc entraine une augmentation arbitraire du cout de l’échange: il vaut mieux des acteurs autonomes, apportant chacun une brique selon leur propres connaissances et choisissant eux-mêmes les solutions optimales.

Les meilleures solutions finissent alors naturellement à émerger, sélectionnées par des millions de décisions individuelles.

Le Néo-libéralisme
Ainsi d’un point de vue économique tout le monde était à peu près d’accord en occident au XXème siècle que le marché libre était une condition nécessaire de croissance. Et Keynes est arrivé.

Avec sa politique de la demande: pour stimuler la croissance il faut créer de la demande. New deal, toussa: l’état doit intervenir dans le marché pour créer de la demande et aussi pour réguler le marché et s’assurer qu’il reste libre (alors que la crise de 1929 est le résultat d’une trop forte régulation des marchés).

Car ce malheureux Hayek avait dit que le rôle de l’état pouvait être de s’assurer que le marché restait concurrentiel afin d’empêcher les monopoles. Le néo-libéralisme était né.
Le libéralisme, c’est le libre marché autogéré, autorégulé, non pas par une intervention divine mais par les millions voir les milliards d’échanges effectués tous les jours par des millions d’individus. Le marché répond à l’offre: si l’offre est nombreuse, alors les prix baissent, si elle est faible, les prix augmentent. Naturellement.

Le néo-libéralisme, c’est un marché soit disant libre, mais complètement régulé et contrôlé par les états, qui fixent arbitrairement les lois, règles et décrets et les prix via des taxes, des prix minimaux ou plafonds, créant un marché de la demande auquel répondent les entreprises validées par les dirigeants à coup de nationalisme, protectionnisme, subvention.

Donc à terme complètement corrompu par les lobbies, les banques. Un système en roue libre financé par les taxes et les emprunts. Donc pour continuer ce jeu de dupes, on fait du clientélisme à coup d’égalitarisme, de communautarisme et on promet des trucs gratuits sous couvert de justice sociale et autre fraternité.

Pourquoi le Néo-libéralisme ?

Tu me diras mais pourquoi une théorie du complot aussi tordue?

Deux livres: le meilleur des mondes de Huxley: utopie de la société parfaite dirigée par les alphas et 1984 de George Orwell cauchemar d’une dictature sans fin.
Ce système néo-libéral a deux avantages:

1/ il permet à une oligarchie dirigeante complice (banques, politiques, médias, Medef et syndicats et haute fonction publique-ENA) de tout diriger, contrôler et de s’en foutre plein les poches.

2/ comme expliqué plus haut, seul le libéralisme place l’individu au-dessus de tout, même de la société.

Donc le libéralisme est la seule philosophie (avec l’anarchie plus radicale) à pouvoir combattre le néo-libéralisme, que les socialistes et les conservateurs soutiennent dans leur utopie de société parfaite variant entre celle d’Huxley et celle d’Orwell. Et la meilleure arme pour désarmer un adversaire et de créer son adversaire ou d’assimiler son adversaire à sa doctrine.

Les mouvements altermondialistes sont financés par le mondialisme néo-libéral de Davos comme Attac par exemple. Cela empêche les modérés de protester contre cette technocratie mondiale dominante.

Donc les étatistes font du néo-libéralisme sous couvert de conservatisme ou de socialisme et accusent le libéralisme, son véritable ennemi mortel de néo-libéralisme par coup de novlangue orwellienne, car le libéralisme n’est pas contre la mondialisation à condition qu’elle respecte les droits naturels et les individus : les phéniciens ont développé un commerce quasi mondial (bien que limité à la Méditerranée), Venise et Gênes puis la Hollande se sont considérablement enrichies et ont permis à leurs nations ou villes de s’enrichir grâce au commerce mondial.

Les conquistadors (conquérants) espagnols en Amérique centrale et du sud n’avaient par contre rien de libéraux.
Comme on te bassine toute la journée à coup de « le libéralisme c’est le mal » et « on n’a jamais essayé le vrai socialisme », mais qu’en même temps on ne t’explique pas ce qu’est le libéralisme, on se retrouve avec l’allégorie de la caverne de Platon ou on gobe ce qu’on nous dit depuis la maternelle.

Les gens croient alors que le libéralisme c’est ce néo-libéralisme tant décrié.
Et on termine en limitant tous tes choix à pour ou contre. Pour ou contre Israël? Si tu es pour, tu es contre la Palestine, si tu es contre tu es antisémite. Pour ou contre l’Europe?

Si tu es pour tu es vendu aux technocrates de Bruxelles, si tu s contre tu es un horrible nationaliste qui vote FN. Pour ou contre l’avortement : si tu es pour tu es un tueur d’enfants, si tu es contre, tu n’es qu’un catho frustré… etc. etc.
Et tu ne peux quasiment jamais écouter une troisième voix, modérée.

Je suis contre la politique d’expansion coloniale d’Israël en Cisjordanie, mais je comprends sa volonté de se protéger des terroristes du Hamas. Ou je suis pour une Europe des individus et des nations et pas pour une Europe technocratique de la BCE.

Au passage les libéraux sont contre toute forme de banque centrale. (Pour info, la BCE, le FMI, les subventions, le protectionnisme ne sont pas des valeurs libérales.)

Ou je suis pour que les femmes aient le choix de pouvoir ou non avorter, mais dans ma situation personnelle je chercherai à convaincre ma compagne de garder l’enfant.

On met ainsi des milliers voir des millions d’individus devant des choix limités, afin de définir des majorités dans des minorités et de pouvoir justifier des politiques de plus en plus folles et clientéliste.

Conclusion :
Au final le néo libéralisme c’est une société modelée pour une oligarchie bien-pensante, dominatrice, dans son propre intérêt qui considère l’individu comme une expérience sociale chargée de la divertir et de la faire jouir, en flattant et récompensant certains et en grondant et molestant les autres.

Diviser c’est régner. Ils prennent les gens pour des cons car c’est trop gros pour être vrai. Mais les gens ouvrent les yeux. De plus en plus, grâce à internet notamment. Et je pense personnellement que ça va péter d’une façon ou une autre et violemment.

Le néo-libéralisme, c’est tout ce que combat le libéralisme classique.

Le libéralisme c’est d’accepter que chacun puisse mener sa vie comme il l’entend du moment que ce dernier ne viole pas vos droits de liberté, propriété ou sûreté et vice versa.

Le néo-libéralisme c’est accepter d’être broyé par une machine sans visage, aux règles changeantes, aux valeurs dévaluées, ne permettant qu’à une poignée de privilégiés de jouir de tout et vous de rien. Où dès que vous voulez utiliser votre bon sens, vous êtes rappelé à l’ordre, où dès que vous sortez des clous vous êtes réprimandés.

Le néo-libéralisme c’est « une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s’évader, un système d’esclavage où, grâce à la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l’amour de leur servitude » pour reprendre cette citation faussement attribuée à Huxley qui est en fait le 4ème de couverture du meilleur des mondes.

Mais tout cela est bien mieux expliqué dans cet excellent ouvrage qu’est Pulp Libéralisme.

Alexandre Ménard

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Le régime social des indépendants (RSI) fait régulièrement l’objet de toutes les critiques. Dysfonctionnel, mal géré, inefficient au regard des objectifs qui lui ont été fixés et désormais illisible, le RSI est une usine à gaz. Nous préconisons, dans cette note, de rendre aux indépendants la liberté de choisir leur assurance et de s’affilier, ou non, au RSI. L’ouverture à la concurrence inciterait les assureurs à offrir un meilleur service et la diversité des organismes d’assurance permettrait d’éviter une nouvelle catastrophe comme le RSI. Cette note, publiée par GenerationLibre pour enrichir le débat du Cercle des économistes sur le RSI, est signée Jean-Philippe DELSOL, avocat et président de l’Institut français de recherches économiques et fiscales (IREF).­

INTRODUCTION

Il n’y a pas un professionnel indépendant ayant eu affaire au RSI qui ne se plaigne pas de ses dysfonctionnements permanents dans le calcul des cotisations, le versement des allocations ou la communication avec ses adhérents. Nombre d’entre eux ont été obligés de patienter des heures au téléphone pour n’obtenir aucun renseignement ou ont dû s’opposer non sans mal à des mises en recouvrement illégitimes poursuivies malgré leurs contestations réitérées et perdues dans de sombres oubliettes… C’est pour le moins une litanie d’erreurs dans une grande pagaille.

Et pourtant, le Régime social des indépendants (RSI) a été mis en place en 2006 pour simplifier la vie des professionnels indépendants concernés. Il s’agissait de regrouper les régimes de retraite et invalidité-décès des professions artisanales (CANCAVA) et des professions industrielles et commerciales (ORGANIC) ainsi que le régime maladie, maternité des non salariés non agricoles (CANAM). Le but était de rendre la gestion des ces régimes plus efficace et moins onéreuse. Hélas, cette fusion administrative a été un échec complet.

UNE GESTION CALAMITEUSE

Aujourd’hui, le RSI dispose de 2,8 millions de cotisants et 6,1 millions de ressortissants. Mais il ne couvre pas l’ensemble des risques ni tous les travailleurs indépendants. Il a la charge de l’affiliation, du recouvrement des cotisations et contributions sociales personnelles et du versement des prestations. En réalité, il délègue une grande partie de l’exécution de ses missions à divers opérateurs : organismes conventionnés (OC) pour la branche maladie et le recouvrement des cotisations des professions libérales (PL), URSSAF pour le recouvrement hors PL.

Pour pallier aux graves lacunes déjà constatées, une convention d’objectifs et de gestion (COG) a été signée entre l’Etat et le RSI en février 2012 pour la période 2012-2015 avec l’intention d’améliorer la qualité du service aux assurés et la performance du régime tout en assurant un meilleur équilibre financier. Manifestement, aucun objectif n’a été atteint. Déjà dans un rapport de septembre 2012, la Cour des comptes avait fustigé le fonctionnement du RSI en observant des défauts d’encaissements évalué à 1,4 milliard d’euros entre 2008 et 2010 et une multiplication de procédures de la part des usagers. Le système d’information est défaillant notait la Cour qui employait à l’encontre du RSI le terme de « catastrophe industrielle » et soulignait « des coûts par agent plus élevés que les autres régimes ». La réforme devait secréter 12,5% d’économies de gestion, mais il s’avère que le budget de fonctionnement annuel du RSI est de 560 millions d’euros annuels, soit 17% plus élevé qu’avant sa création.

Un rapport des députés Sylviane Bulteau et Fabrice Verdier remis en septembre 2015 constate, par exemple, qu’en ce qui concerne l’appel et le recouvrement des cotisations, confiées en partie à l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (ACOSS) « les échanges de données entre le système d’information de l’ACOSS (SNV2) et ceux du RSI ne s’effectuent pas de manière optimale, conduisant à des pertes d’information en grand nombre » ! Il considère qu’il y a des améliorations parce que « dès 2016, les caisses devront être à même de rappeler l’assuré sous 48h en cas d’appels infructueux répétés », ce qui pour le moins ne semble guère performant ! Le premier ministre français, Manuel Valls, a résumé la situation en déclarant sur BFM TV fin mars 2015 que « le RSI est un désastre ».

DE LA CONFUSION VOLONTAIRE

D’une manière générale, le système français d’assurances sociales est devenu illisible, peut-être à dessein pour l’intégrer définitivement au secteur public. Il est enchevêtré dans sa gestion quand certains organismes gèrent pour les autres. Il est surtout confus dans ses financements. Les cotisations sociales ne représentent plus qu’une partie des recettes nécessaires, soit en 2014, 58% des recettes du régime général quand la CSG y contribuait pour près de 20%. Par ailleurs, les régimes de Sécurité sociale reçoivent des transferts, en provenance de l’Etat ou d’autres régimes de la Sécurité sociale pour diverses raisons tenant notamment à la compensation de certaines exonérations ou au concours fourni pour assurer l’équilibre d’autres régimes.

En 2014, les ressources de la Sécurité sociale totalisaient 464Md€ et se répartissaient en six catégories, auxquelles il faudrait d’ailleurs ajouter près de 10Md€ pour financer le déficit :
• cotisations sociales : 64 % des ressources totales en 2014 ;
• CSG : 16,2 % ;
• impôts et taxes et autres contributions sociales : 12,5 % ;
• transferts nets (4,6 %) ;
• contributions de l’Etat : 1,7 % ;
• autres produits : 1%.

Cette profusion de financements a dénaturé le système qui n’a plus d’assurantiel que le nom. Au fur et à mesure que les lobbies exigeaient des remises de cotisation en faveur de telle ou telle catégorie d’assurés, il leur était donné satisfaction à la charge des autres, directement ou au travers de l’impôt à prélever pour combler le trou. Les cotisations ont, par ailleurs, été, les unes après les autres, déplafonnées de telle façon que chacun ne paye plus en fonction des risques encourus, mais à proportion de sa rémunération, ce qui fait qu’il est de plus en plus difficile de revenir à un régime de liberté assurantielle.

Mais que faire ? Ca n’est pas en multipliant les partenariats avec d’autres caisses, comme le propose le rapport ci-dessus, que le RSI sera sauvé. Cela ajoutera au contraire de la confusion à la confusion. Ça n’est pas non plus en fusionnant le RSI avec la MSA des agriculteurs ou en le faisant absorber par la Sécurité Sociale, comme certain l’ont préconisé cette fin 2015, ce qui permettrait à un monstre d’en engendrer un pire encore, si c’est seulement possible ! Ça n’est pas non plus en refusant de cotiser au RSI, car en l’état, et malgré des contestations sérieusement étayées au regard du droit européen , les juridictions françaises réaffirment régulièrement l’obligation d’être affilié et de cotiser au régime légal de Sécurité Sociale prévu par le Code de la sécurité sociale, ce qui fait que ceux qui se désaffilient prennent le risque « d’un emprisonnement de six mois et d’une amende de 15 000 euros ou de l’une de ces deux peines seulement » ( article L114-18 du Code de la sécurité sociale).

L’ASSURANCE PUBLIQUE ET OBLIGATOIRE N’EST POURTANT PAS UNE FATALITÉ

Alors que la loi permet aux ex-entreprises publiques de ne pas adhérer à l’Unédic et aux fonctionnaires d’opter pour des assurances Retraite complémentaires par capitalisation (Préfon, RAFP), pourquoi ne pas accorder aux indépendants la liberté de choix de leur assurance ?

L’objection habituelle est que les « gens » n’auraient pas toujours la capacité de gérer leur assurance. Seuls auraient cette aptitude les agents de la fonction publique ! Cette objection est évidemment peu susceptible d’être retenue pour ce qui concerne les travailleurs indépendants, qui sont tous responsables de leurs affaires, petites ou grandes, et habitués à faire des choix. D’ailleurs en matière de chômage, les mandataires sociaux et professionnels indépendants ne sont pas couverts par des systèmes publics d’assurance et ils ont créé des régimes privés d’indemnisation du chômage qui marchent aussi bien sinon mieux. Il s’agit de la GSC (garantie sociale des chefs et dirigeants d’entreprises), ouverte aux chefs d’entreprise en nom personnel et aux dirigeants d’entreprise mandataires sociaux non couverts par le régime Unédic, âgés de moins de 60 ans au moment de leur affiliation et en activité normale. Ou encore de l’Appi (Association pour la protection des patrons indépendants) qui s’adresse aux dirigeants sociaux dont les fonctions prennent fin dans le cadre d’une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire de l’entreprise ou, sous certaines conditions, de la révocation de leur mandat social. Enfin, la garantie April Assurances s’applique en cas de redressement ou liquidation judiciaire, ou de restructuration liée à une contrainte technique ou économique ; sur option, les dirigeants peuvent également en bénéficier en cas de révocation, sous certaines conditions.

POUR LE LIBRE CHOIX DE SON ASSURANCE

En dépit des obstacles, la meilleure solution est donc sans doute que la loi rende leur liberté d’affiliation aux travailleurs indépendants. Pourquoi ceux-ci ne pourraient-ils pas être obligés de s’assurer, mais libres de s’assurer auprès de la mutuelle ou compagnie d’assurance de leur choix, voire auprès du RSI s’ils le veulent ? A condition bien sûr que le RSI ne reçoive aucune aide d’Etat pour pallier à sa mauvaise gestion. Comme dans le système d’assurance automobile, chacun pourrait choisir non seulement son assureur, mais aussi sa couverture d’assurance dans un cadre a minima éventuellement fixé par la loi.

La concurrence entre les assureurs inciterait ceux-ci à offrir des contrats performants en coût et en service à leurs clients. Certains préfèreraient sans doute payer moins cher en acceptant une franchise plus élevée. D’autres souhaiteraient une assurance tout risque…

La diversité des organismes d’assurance, sociétés ou mutuelles, éviterait des catastrophes comme celle que connaît le RSI depuis dix ans. Les assureurs n’offrant pas de bons services ne resteraient pas sur le marché car quand un assuré ne serait pas satisfait, il pourrait changer d’assureur, ce qui aujourd’hui n’est pas possible.

Les derniers comptes du RSI, connus pour 2014, font apparaître des charges de 22 731 millions d’euros couvertes notamment par des cotisations nettes de 11 042 M€, 3 541 M€ de CSG et 2 572 M€ de C3S. La branche maladie du RSI est exclusivement financée par ces ressources. Mais les branches vieillesse des commerçants et des artisans bénéficient de compensations en provenance d’autres régimes pour respectivement 11% et 22% de leurs ressources dans le cadre des mécanismes de compensation mis en place en 2074.

Il conviendrait donc dans un premier temps de laisser les professionnels indépendants choisir leur assurance maladie maternité en dissociant ce qui relève de l’assurance de ce qui appartient à la solidarité. Les risques communs devraient être couverts par leur assurance librement souscrite tandis que les risques lourds (handicap, longue maladie..) et l’aide sociale aux plus démunis continueraient d’être pris en charge par un régime financé par la CSG et autres taxes. La réforme des retraites devrait s’accomplir parallèlement en permettant aux professionnels indépendants de souscrire des couvertures de retraite de leur choix, notamment des contrats de capitalisation susceptibles de se substituer progressivement, pour ceux qui le souhaiteraient, aux contrats de répartition actuels.

Le RSI est donc une chance, parce qu’il peut permettre, plus facilement que dans d’autres régimes, d’engager une démarche de retour à un système assurantiel de libre choix. Faisons cette expérience avec les Indépendants. Il sera temps ensuite de la généraliser à tous si ça marche. Un tel système serait sans doute pertinent, moins onéreux et plus efficace pour tous les assurés, y compris ceux relevant des régimes salariés affiliés à la Sécurité sociale. Mais quand bien même il ne couterait pas moins cher, il aurait au moins le mérite d’obliger les assurés à cet apprentissage de la responsabilité qui est la clé de toute économie ouverte et dynamique.

Le PDF :

Faut-il privatiser les assurances sociales des Indépendants ?

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Dans un monde ouvert, marqué par le changement, l’évolution incessante et l’innovation, la complexité, l’imprédictibilité, le conservatisme économique et politique constituent sûrement une posture suicidaire. Le conservatisme économique est grandement le fait de la puissance des corporatismes et des syndicats, arc-boutés sur la défense de leurs positions acquises (justifiées dans le passé mais intenables aujourd’hui).

De manière chronique, chaque profession (les cheminots, les pilotes, les huissiers, les taxis, les agriculteurs…) paralysent l’économie pour maintenir le statu-quo. C’est un rituel implacable devant lequel recule chaque gouvernement, qu’il soit de droite comme de gauche malgré les dégâts économiques que ces paralysies entraînent. Il va sans dire que les gouvernants s’empressent de nous rassurer que le « modèle social » français sera préservé alors même que l’implosion de notre économie est le plus sûr moyen de couler ce modèle.

Au passage, si c’était véritable un « modèle », pourquoi le reste du monde ne s’en inspire-t’il pas. N’est-ce pas la définition d’un modèle ? Autre indice tout aussi significatif, quand on regarde les plus grandes entreprises côtées à Wall-Street aux Etats-Unis – ou le palmarès des 500 plus grandes fortunes publié par le magazine Fortunes – on constate un profond renouvellement tous les 20 ans. Quand j’étais étudiant en économie, Google, Facebook, Microsoft, Tweeter… n’existaient pas. Et bien malin celui qui peut nous dire quels seront les géants américains de demain.

Le contraste est grand avec la France alors que la plupart des grandes entreprises de CAC 40 étaient déjà là 30 ans plus tôt. Quant au conservatisme politique, c’est sans doute la pire caractéristique de l’exception française.

Encore une fois, la comparaison avec les Etats-Unis (ou l’Allemagne) est sans appel. Là-bas, quand un président perd les élections, il se retire de la vie politique avec l’ensemble de son administration ainsi désavouée, à charge du parti de faire émerger un candidat nouveau. Chez nous, ce processus ne fonctionne pas au point que l’on voit réapparaître les mêmes en place depuis des décennies. A gauche, Laurent Fabius, ancien premier ministre de François Mitterrand, est aujourd’hui ministre des affaires étrangères de François Hollande. A droite, on retrouve Alain Juppé – on ne peut pas vraiment dire qu’il soit un nouvel arrivant – affiche ses prétentions présidentielles. Or, tous ces hommes et femmes politiques, qui semblent gérer une rente à vie, ont conduit la France là où elle est aujourd’hui. Il est vrai que l’on ne change pas une équipe qui perd.

Et que penser du retour de Sarkozy, battu par François Hollande, lequel envisage sans doute de se représenter… Si notre pays n’est plus à la pointe des innovations, de la croissance économique, il y a fort à parier que ces conservatismes en sont la cause majeure. Mais, on ne voit pas comment les dirigeants donneraient l’exemple, en supprimant les rentes politiques dont ils bénéficient.

La monarchie française a été balayée par la révolution pour ne pas avoir voulu entreprendre les réformes défendues par Turgot (abolition des privilèges). L’Union Soviétique s’est effondrée là encore parce que ses dirigeants, coupées de la base – n’a pas voulu faire aboutir les réformes lancées par Gorbatchev. C’est un avertissement historique : le conservatisme est un suicide économique et politique.

Jean Louis Caccomo

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Comprendre l’impôt…

Supposons que tous les jours 10 hommes se retrouvent pour boire une bière et que l’addition se monte à 100 $. (Normalement 10 $ chacun). S’ils payaient la note de la façon que l’on paye les impôts, cela donnerait à peu près ceci : les 4 premiers (les plus pauvres !?), ne paieraient rien ; le cinquième paierait 1 $ ; le sixième paierait 3 $ ; le septième paierait 7 $ ; le huitième paierait 12 $ ; le neuvième paierait 18 $ ; le dernier (le plus riche ?!) devrait payer 59 $. Ils décidèrent de procéder comme décrit. Les dix hommes se retrouvèrent chaque jour pour boire leur bière et semblèrent assez contents de leur arrangement. Jusqu’au jour ou le tenancier les plaça devant un dilemme :« Comme vous êtes de bons clients, dit-il, j’ai décidé de vous faire une remise de 20$. Vous ne payerez donc vos 10 bières que 80$ ».

Le groupe décida de continuer à payer la nouvelle somme de la même façon qu’ils auraient payé leurs taxes. Les quatre premiers continuèrent à boire gratuitement. Mais comment les six autres (les clients payants) allaient diviser les 20$ de remise de façon équitable ? Ils réalisèrent que 20$ divisé par 6 faisaient 3,33$. Mais s’ils soustrayaient cette somme de leur partage alors le 5ème et 6ème homme devraient être payés pour boire leur bière. Le tenancier du bar suggéra alors qu’il serait équitable de réduire l’addition de chacun avec la même répartition, donc il fit les calculs. Alors ?
Le 5° homme, comme les quatre premiers ne paya plus rien ; le 6° paya 2 $ au lieu de 3 (33% de réduction) ; le 7° paya 5 $ au lieu de 7 (28% de réduction) ; le 8° paya 9 $ au lieu de 12 (25% de réduction) ; le 9° paya 14 $ au lieu de 18 (22% de réduction) ; le 10° paya 49 $ au lieu de 59 $ (16% de réduction). Chacun des six « payants » paya moins qu’avant et les 4 premiers continuèrent à boire gratuitement.

Mais une fois hors du bar, chacun compara son économie :« J’ai seulement eu 1 $ sur les 20 $ de remise », dit le 6°. Il désigna le 10° : « Lui il a eu 10 $ ».« ouais ! dit le 5°, j’ai seulement eu 1 $ d’économie aussi »« C’est vrai ! » s’exclama le 7°, « pourquoi aurait-il 10 $ alors que je n’en ai eu que 2 $ ? Le plus riche a eu le plus gros de la réduction »« Attendez une minute » cria le 1° homme à l’unisson, « Nous quatre n’avons rien eu du tout nous. Le système exploite les pauvres ». Les 9 hommes cernèrent le 10° et l’insultèrent. Le lendemain soir, le 10° homme (le plus riche ?!) ne vint pas. Les neuf autres s’assirent et burent leur bière sans lui. Mais quand vint le moment de payer leur note, ils découvrirent quelque chose d’important Ils n’avaient pas assez d’argent pour payer ne serait-ce que la moitié de l’addition.

Pour ceux qui ont compris, aucune explication est nécessaire. Pour ceux qui n’ont toujours pas compris, aucune explication n’est possible.

Jean Louis Caccomo

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2007…2014 ? Rien ne change…

Pour un économiste lucide et honnête, le trou de la sécu n’est pas une surprise puisqu’aucune véritable réforme de la sécurité sociale n’a jamais été entreprise au nom de la préservation d’un pacte social qui nous condamne pourtant à l’impasse. La sécurité sociale accuse aujourd’hui un déficit de 12 milliards d’euros pour 2007, ce qui constitue un de ses déficits les plus élevés depuis sa création.

Depuis trente ans, le gouvernement en place constate que les dépenses sociales excèdent les recettes sociales. Il s’ingénue alors à inventer de nouvelles recettes (qui sont autant de nouveaux prélèvements sur la richesse produite comme la CSG, la RDS et demain la TVA sociale) dans le même temps qu’il tente de rationner les dépenses sans s’attaquer à la cause ultime de ce dérapage structurel. Car la multiplication des prélèvements sociaux n’a jamais stoppé ce processus de dérive alors même qu’il contribue à accélérer la dislocation du tissu économique (délocalisation, déconnection entre le coût du travail supporté par l’employeur et salaire disponible pour l’employé).

La cause de cette inflation de dépenses est pourtant connue mais elle heurte un tabou français : elle provient du mythe de la gratuité qui consiste à décréter et à multiplier des droits sociaux dans des domaines (santé, retraite) qui échapperaient à toute contrainte et toute régulation économiques. Depuis trente ans, on s’attaque donc aux effets (insuffisances de recettes, dérapage des dépenses) sans remettre en cause la logique d’un système qui conduit précisément à ces dysfonctionnements. Car les dérapages ne proviennent ni de la fraude, ni des abus ; ils sont inhérents au fonctionnement de tout système collectiviste qui conduit chacun de nous à nous comporter comme des passagers clandestins.

Imaginez que, lorsque vous consommez l’électricité, c’est votre voisin qui paie les factures car vous avez, à son insu, piraté son compteur. Ce que vous ne savez pas, c’est que votre voisin est aussi malin que vous et qu’il a fait la même chose…

Alors que le consommateur français est extrêmement rationnel et vigilant lorsqu’il consomme des biens et services marchands (parce qu’il reçoit et assume la facture de ses propres choix de consommation), il devient totalement irresponsable lorsque qu’il consomme des biens et services publics (et sociaux). Croyant avoir droit gratuitement au maximum de biens et services publics (et sociaux), il participe en fait à un véritable pillage d’une ressource rare puisque son entretien et sa préservation dépendent de l’argent public et du travail des fonctionnaires, c’est-à-dire de la manne que chaque contribuable consent à laisser à la collectivité.

Jean Louis Caccomo

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Quand certains responsables politiques parlent du travail, c’est comme lorsqu’ils parlent du pouvoir d’achat, ils prétendent nous rendre ce qu’ils s’échinent à nous prendre.

Car, pour paraphraser Bastiat, il y a ce que l’on dit et il y a ce que l’on ne dit pas.Faut-il redonner aux français le goût du travail et le sens de l’effort ?

Il est certain que lorsque l’on peut vivre des fruits de la redistribution et de l’assistanat (donc du travail des autres), on ne voit plus très bien l’utilité du travail tandis que sa désutilité (en termes de pénibilité) saute aux yeux.

Mais ce n’est pas le travail en tant que tel qu’il faut sacraliser. Après tout, la fonction des innovations technologiques est de nous épargner des efforts. Et puis, les stakhanovistes de l’URSS glorifiaient le travail ; mais on travaillait pour le parti et pour dépasser les objectifs du plan. J’ose à peine parler des camps de concentration nazis à l’entrée desquels était affichée l’inscription « Arbeit macht frei » (le travail rend libre).

Dans ces systèmes, tout comme l’esclave, mais au nom de la solidarité ou du parti, on travaille intégralement pour les autres. Or, un esclave n’apprécie pas le travail tout simplement parce qu’il ne possède pas les fruits de son travail.

Et s’il ne récupère pas les fruits de son propre travail, c’est qu’il ne possède pas même sa propre personne.

C’est donc plutôt la propriété qu’il faut affirmer et garantir. Tel est le rôle du politique, de l’Etat de droit et de la Constitution. C’est aussi le sentiment d’utilité – et donc l’efficacité – qui peut être fondamentalement en cause dans les pays où le droit de propriété est bafoué. Car propriété, utilité et efficacité sont intimement liés.

Si un ménage travaille pour gagner 100 mais qu’il ne perçoit que 40 au final, croyez-vous que sa motivation pour travailler soit intacte ? Dans ce cas, il vaut mieux travailler moins. Pareillement, imaginez un policier qui arrête un délinquant lequel est relâché le lendemain… Dans les deux cas, les individus développeront le sentiment d’avoir travaillé pour rien (en termes de résultat comme en termes de revenus), sentiment qui s’exprimera par un rejet du travail. Pourtant, ce n’est pas le travail en lui-même qui est rejeté.

Or, c’est précisément notre système de redistribution qui, en portant atteinte au droit de propriété, contribue à rétrécir toujours plus le revenu disponible des ménages, en collectivisant (en confisquant) les fruits du travail de chacun.

Dans ces conditions, beaucoup font alors le choix rationnel de ne pas travailler du tout ou de travailler hors du territoire national. Les français sont comme tout le monde : ils aiment travailler (le succès des magasins de bricolage en est une belle preuve) si on ne leur confisque pas les fruits de leur travail, c’est-à-dire si on ne les transforme pas en esclave !

Jean Louis Caccomo

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La France en pleine fracture sociale

Nous récoltons aujourd’hui la facture de trente années de démagogie collectiviste, sur fond de faillite institutionnelle et de déclin économique : c’est la facture sociale.

La faillite institutionnelle de la France

Faillite institutionnelle, car l’opposition ne joue plus son rôle d’opposant mais empêche le gouvernement de gouverner, en utilisant des méthodes dignes de la subversion, au mépris des règles civiques élémentaires. Faillite institutionnelle, car les chambres n’assurent plus leur rôle législatif, se contentant d’enregistrer les décisions, prises au coup par coup par un président, en dehors de tout programme de gouvernement clairement défini. Faillite institutionnelle, enfin, parce que les syndicats, au lieu de gérer la relation nécessaire de complémentarité entre salariés et employeurs, dans un souci de développement harmonieux des entreprises, prennent en otage le secteur public et la rue pour faire tomber des gouvernements démocratiquement élus.

Depuis quand des étudiants, qui n’ont pas encore un travail, auraient-ils acquis le droit de grève ? Des années d’endoctrinement, sur fond de destruction de la science économique ont conduit une génération à ne plus rien comprendre au monde qui l’entoure. C’est encore plus flagrant dans les lycées, où l’enseignement de l’économie est le monopole de non-économistes plus soucieux de faire le procès d’un capitalisme, dont ils n’ont toujours pas compris le fonctionnement, que de préparer nos enfants à s’intégrer dans le monde réel de l’économie ouverte et dynamique.

On infantilise les masses

En plus de contribuer à infantiliser les masses qui se complaisent dans des postures revendicatives, le discours manichéen qui paralyse notre pays, en compromettant ses maigres chances de modernisation, occulte un clivage plus fondamental, qui dépasse la simple opposition entre la droite et la gauche, et qui rend la recherche d’une « troisième voie » bien illusoire :

Soit l’on considère que l’individu est responsable de son sort et que la société doit donner la plus grande liberté pour laisser les individus exprimer leurs choix. Dans cette perspective, la société se dote d’une Constitution qui fixe des limites au pouvoir de ceux qui exercent le pouvoir, assurant par là même la plus grande part à la respiration de la société civile.

Soit l’on considère que l’individu ne maîtrise rien et que chacun de nous est victime d’entités collectives supérieures (la société, l’entreprise ou le marché, le « système » ou la « mondialisation »), alors, l’Etat doit intervenir pour corriger toutes les situations personnelles.

Deux conceptions de l’Etat

De ces deux visions du fait social découlent deux conceptions antinomiques de l’Etat : d’un côté, un état « subsidiaire » (1) qui supplée aux défaillances constatées aux niveaux qui lui sont naturellement inférieurs (régions, communes, familles, individus) ; de l’autre côté, un Etat « Providence » (pour ne pas dire un Etat-nounou – en hommage au dernier ouvrage de Mathieu Laine -) qui assiste les individus dans toutes les dimensions de leur vie sociale et privée, au risque d’évincer tous les niveaux qui lui sont inférieurs, pour finir par évincer l’individu lui-même.

Entre ces deux conceptions radicalement opposées, il ne peut y avoir de solution intermédiaire, sauf à récolter blocages, corruption et confusion des genres, qui sont les conséquences inéluctables de l’économie (mal) administrée. Pourtant, dans la France d’aujourd’hui, s’interroger sur la taille « optimale » de l’Etat et les frontières naturelles de ses compétences est perçu comme une attaque ultra-libérale ! Le libéralisme est lui-même considéré comme une idéologie au service du grand capital.

La montée de l’extrêmisme

Prenons garde au retour de boomerang. La critique anticapitaliste systématique a toujours été le plus sûr terreau de l’extrémisme. A tous ceux qui se complaisent dans une critique sans nuance du libéralisme, il faut rappeler que les plus farouches ennemis du libéralisme furent les fascistes, et leur seul mérite fut sans doute d’avoir mesuré toutes les implications de la philosophie libérale : « Le principe essentiel de la doctrine fasciste est la conception de l’Etat, de son essence, de son rôle, de ses fins. Pour le fascisme, l’Etat est l’absolu devant lequel les individus et les groupes ne sont que le relatif… Tout dans l’Etat, rien contre l’Etat, rien en dehors de l’Etat… Le libéralisme niait l’Etat dans l’intérêt de l’individu, le fascisme réaffirme l’Etat comme la véritable réalité de l’individu » (2).

Que ce soit l’Etat, pour les uns, le Parti unique, pour les autres, ils me font toujours éprouver une grande angoisse, ceux qui considèrent l’existence des individus comme une donnée relative.

Jean Louis Caccomo

Article publié initialement sur le site Aubagne-le-cours

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L’histoire nous montre que les détenteurs du pouvoir politique n’ont pas spontanément tendance à mettre en œuvre le processus de libération (politique) et de libéralisation (économique) nécessaire à l’épanouissement des initiatives économiques.

En effet, un tel processus irait à l’encontre des intérêts et privilèges de la classe au pouvoir.

Où est passé l’Etat de droit ?

Il faut donc des institutions fortes pour garantir un Etat de droit, c’est-à-dire un Etat respectueux des droits individuels fondamentaux, et qui daigne auto-limiter ses appétits de pouvoir, un Etat libéral au sens originel du terme. De telles institutions ont pris des siècles à s’épanouir en Europe, pour s’imposer dès sa fondation aux Etats-Unis. Ces anciennes colonies britanniques furent peuplés à l’origine par une immigration d’origine européenne qui trouvait là l’occasion de mettre en pratique des idées qui avaient mûri sur le vieux continent.

Concilier religion et vie publique

A tous les croyants qui ont des doutes sur une possible conciliation – ou réconciliation – entre un engagement libéral et leur foi religieuse, l’histoire montre que ce sont les pays communistes qui furent les plus anti-religieux. D’une certaine manière, moins violente et plus sournoise, l’Etat-providence en France nourrit l’ambition de se substituer à la providence elle-même de la même manière que le communisme avait la prétention d’apporter le paradis en ce bas monde. Pour un croyant, un homme est d’abord un fils de Dieu avant d’être homme ou femme en particulier, patron ou salarié en particulier, riche ou pauvre en particulier.

Et, tous les hommes sont les fils de Dieu. Pour un libéral, un homme est d’abord un individu avant d’être homme ou femme en particulier, patron ou salarié en particulier, riche ou pauvre en particulier. Et tous les hommes sont des individus.

Cette notion d’individu « abstrait » est fondamentale. Elle fonde l’Etat de droit et sous-tend toute l’éthique de l’économie de marché : les lois sont faites pour protéger l’individu « abstrait », c’est-à-dire tous les hommes dans ce qu’ils ont d’universels. L’économie de marché ne fonctionne que si

les droits et les devoirs de tous les individus sont reconnus et protégés par un environnement juridique indépendant du pouvoir politique.

On ne doit pas faire, ni accepter, des lois de circonstances pour tel ou tel individu concret, pour tel ou tel groupe d’individus, ni des lois discriminatoires pour protéger telle ou telle minorité (que cette discrimination soit dite « positive » ou pas) ou différencier telle ou telle catégorie spécifique sans mettre en péril l’Etat de droit, et sans menacer les fondements même de notre bien-être économique et de la cohésion sociale.

Jean Louis Caccomo

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Michael Moore se déchaînait sur le système de santé américain à l’occasion de son film (recommandé par la sécu – mais pas encore remboursé – et par les mutuelles des fonctionnaires).

Alors on se dit qu’il y pire ailleurs, on se rassure en se disant que nous avons le meilleur système de santé du monde. La preuve ? Le monde entier vient se faire soigner chez nous. Mais ne voit-on pas que cette ouverture sans contrepartie s’ajoute aux causes internes de l’implosion du système, accélérant aujourd’hui sa chute.

Regardons un instant ce qui se passe chez nous en ce moment. Le débat en cours concernant les comptes de la sécurité sociale pourrait avoir quelque chose de risible s’il ne mettait pas en cause tout l’équilibre de notre fragile édifice. C’est un rire jaune, un rire amer car, au-delà de la tragi-comédie qui se joue sous le feu des médias, c’est le sort d’une nation asphyxiée et endormie qui est en jeu. Si gouverner c’est prévoir, notre pays n’est plus gouverné depuis plus de 30 ans.

Cela n’a rien d’étonnant puisque les différents gouvernements se contentent de reconduire un pacte social imposé par décret à l’issue de la seconde guerre mondiale, et dont les règles du jeu sont contrôlées par des partenaires sociaux qui échappent à toute sanction. Alors, les gouvernements reconduisent un statuquo pourtant intenable, et c’est la collectivité qui trinque. Les français l’ont compris et c’est pourquoi ils ont massivement sollicité une rupture de trajectoire.

Au passage, il est pittoresque de voir que le premier ministre doit affronter aujourd’hui un problème qu’il avait annoncé résolu quelques années auparavant en tant que ministre. Espérons qu’il en tire une leçon.

En tout cas, ce n’est pas faute d’avoir écrit depuis des années qu’il ne servait à rien de boucher des trous en inventant de nouveaux prélèvements ou en augmentant les prélèvements existants, c’est-à-dire en accentuant précisément les causes fondamentales qui conduisent aux déficits et aux déséquilibres (voir mes précédentes chroniques). On nous traitait alors de pessimiste et de déclinologue !

A force de dire que la santé (ou l’éducation, la culture…) n’est pas un bien comme les autres, on finit par le croire. On finit par croire que la santé est un droit, que le système de santé est gratuit, qu’il ne nécessite aucun arbitrage, aucun investissement, aucune formation, aucun effort de recherche.

Et on installe les conditions de la pénurie structurelle : l’offre sera tarie, faute d’être entretenue et renouvelée, alors même que l’on déchaîne une demande infinie en promettant la gratuité ou le remboursement. La collectivité découvre la facture des biens et services que les membres de cette collectivité voudraient obtenir gratuitement. Et cette facture, personne ne veut la voir. Ce serait indécent, antisocial. J’entendais hier sur les ondes, à l’occasion d’un débat radiophonique, un médecin déplorer que «

la dimension financière risque de perturber la relation entre le patient et le médecin ». Mais, bon sang, cachez cette dimension financière que je ne saurais voir !

C’est un peu comme dans le jeu de la patate chaude, tout le monde veut s’en débarrasser tant elle nous brûle les mains. Personne ne veut voir la facture que tout le monde contribue pourtant à grossir.

Mais le tapis ne cache plus la poussière aujourd’hui. Et M. Fillon a la lucidité d’admettre que les comptes sociaux sont au bord de la faillite. Et l’on ne voit pas très bien comment l’Etat pourra se porter au secours de la sécurité sociale alors que les comptes publics ne sont pas dans une meilleure situation que les compte sociaux, sauf à réinventer une nouvelle usine à gaz destinée à camoufler un prélèvement supplémentaire, qui ne fera que reporter le problème, mais non le résoudre.

Les français devront devenir des adultes, en arrêtant de croire au père Noël (ce n’est pas le rôle fondamental de l’Etat). La liste des biens vraiment gratuits, qui tombent miraculeusement du ciel, est très rare.

La plupart des biens et services que nous consommons, ou que nous désirons consommer, nécessitent d’être pensés, conçus, fabriqués et distribués, autant d’étapes qui impliquent de l’investissement, du travail et de l’activité humaine. Qu’ils soient publics ou privés, cela ne change pas le fait qu’il faudra payer la facture d’une manière ou d’une autre. Soit le ménage paie directement en tant que consommateur, soit indirectement en tant que contribuable ou assuré.

Pourquoi les français, qui sont si prompts à exprimer et décliner sur tous les registres leur solidarité et leur générosité, tournent alors le dos dès qu’on leur présente une facture ou poussent des cris d’orfraie à la vue d’une dimension financière ? Est-ce là être solidaire que de vouloir vivre au dépend des autres ?

La référence au système américain peut être d’une certaine manière instructive. En fait, il n’y a pas de système de santé aux USA, ou précisément, il n’y a pas de système unique et monopolistique (dans l’éducation comme dans la santé d’ailleurs) de sorte que l’on ne peut comparer la France aux USA. Aux USA, au nom de la liberté qui est un droit constitutionnel, tous les systèmes coexistent, se complètent et sont en concurrence.

Il y a une assurance publique (qui va mal comme chez nous) réservée aux plus modestes ; il y a un secteur concurrentiel vraiment libre (pas comme chez nous). Les salariés doivent acheter une assurance-maladie. Ils sont libres de le faire ou de ne pas le faire. Ils sont traités en adultes responsables. Certes, celui qui a les moyens peut choisir son assurance. Mais celui qui a les moyens peut aussi acheter une belle voiture et manger dans les grands restaurants.

C’est peut-être choquant de le dire ou l’écrire, mais c’est ainsi. Il faut être naïf pour ne pas le voir. C’est ainsi que tout fonctionne. On ne peut pas empêcher celui qui a des moyens de pouvoir les utiliser librement. Par contre, on doit souhaiter que le plus grand nombre possible d’individus ait le plus de moyens possibles, notamment en libérant l’activité humaine de ses multiples entraves afin de permettre à chacun d’acquérir honnêtement (et dans le respect du droit des autres) sa part de richesse.

Alors c’est vrai, certains ont des petites embarcations frêles et fragiles, d’autres ont des hors-bords et de somptueux yachts. Mais au nom de la lutte contre l’inégalité, nous sommes tous condamnés en France à voyager dans un unique paquebot. Et si ce paquebot, c’est le Titanic…Et si malgré la détection de l’iceberg, le commandant ne change ni la vitesse, ni la trajectoire…

Cette image est symbolique mais elle permet de mettre le doigt sur deux modèles sociaux fondés sur deux traditions politiques distinctes. Soit l’on considère que le peuple a besoin d’un guide, d’un commandant suprême qui conduira le grand paquebot de la Nation.

Mais si le commandant est peu compétent ou aventureux, tout le monde coule. Soit l’on considère qu’une Nation est composée d’individus libres et le gouvernement doit veiller à ce que chacun puisse construire son propre bateau et faire son propre voyage dans la vie.

Dans le premier cas, on reconnaitra la tradition socialiste-collectiviste qui met en scène un guide (le Plan, le Parti, le führer qui signifie guide en allemand, le grand timonier, le petit père des peuples…) et toutes ses déclinaisons historiques (national-socialisme, communisme, stalinisme, maoisme, socialisme de marché…) qui imprègne tant l’histoire et les mentalités européennes.

Dans le second cas, on aura la tradition libérale qui imprègne l’histoire et la mentalité américaine. Les français sont aujourd’hui tellement imprégnés par le collectivisme (et le conditionnement commence déjà à l’école citoyenne qui nous apprend à penser « solidaire ») que nous ne comprenons même pas comment fonctionnent les systèmes outre-Atlantique.

Alors nous pourrons difficilement les juger. Mais, nous ne comprenons même plus l’origine de nos propres dysfonctionnements…

Jean Louis Caccomo

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