chroniques en liberté

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Si l’on peut encore comprendre que le citoyen lambda ne se rend pas compte qu’il creuse sa propre tombe en soutenant la pérennisation d’un système de protection sociale qui:

non seulement accumule les dettes depuis 40 ans et que c’est lui qui devra les payer ou les laisser à ses descendants,
– qu’il va payer de plus en plus pour un service moindre et pour une santé déshumanisée et une retraite Madoff,

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– que c’est bien l’incapacité de la sécu mise sous tutelle de l’État (alors que c’est un organisme de Droit privé), qui est à l’origine de l’obligation des complémentaires santé (privées également), et avec une gestion opaque, et ceci pour pallier aux déficits de la sécu,
– que ce sont bien les socialistes qui ont vendu la santé à leurs amis de la mutualité en conflit d’intérêt et plaçant les cotisations dans les paradis fiscaux,
– que ce sont bien les socialo-collectivistes, dont Madame Touraine est une caricature, qui ont mis en place les contrats responsables (cotiser PLUS pour être remboursé MOINS) en les, taxant à 7 %,
– que ce sont bien ces contrats, qui vont obliger nos concitoyens à souscrire auprès des mêmes assureurs complémentaires des sur-complémentaires taxées à 14 % pour être correctement remboursé,
– que le système conventionnel limite la liberté de choisir ses soignants par des discriminations anticonstitutionnelles, par des remboursements différenciés, voir des escroqueries aux cotisations (cotisations à contreparties variables selon le secteur conventionnel du soignant), etc…..

Le citoyen lambda croit dur comme fer à l’État providence, comme un enfant croit au Père Noël, sans pouvoir imaginer un instant que des milliards s’envolent dans la gestion paritaire de ce monstre qu’est la sécu, que les comptes opaques des URSSAF ne permettent pas de savoir exactement ce que deviennent les 35 % de prélèvements obligatoires du fruit du travail (ce n’est pas moi qui le dis mais la Cour des Comptes), que des millions sont prélevés également par les syndicats sur les cotisations des complémentaires, qu’une partie alimente les comptes des paradis fiscaux; milliards au total qui ne reviendront pas aux soins ou à la retraite.

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Par contre, on a plus de mal à comprendre les Con-frères Professeurs qui ont initié cette pétition ou qui la signent !

Les libéraux ont été depuis 30 ans la variable d’ajustement des déficits de la sécu, malmenés, jamais entendus et avec des conventions non respectées par la sécu (liste trop longue pour être rappelée), et ils en redemanderaient ?

On ne comprend pas d’avantage les Praticiens Hospitaliers ou toute autre profession de santé, qui n’ont rien à attendre d’un système ou il leur faudra toujours faire PLUS avec MOINS de moyens et de personnel, et ceci au détriment des patients. À croire qu’ils sont insensibles à la souffrance des soignants, des 50 % de burn-out parmi les soignants ou des suicides qui se comptent par centaines tous les ans !?

On pourrait par contre comprendre que certains Professeurs tiennent à garder leur C3 avec des compléments d’honoraires dans ce système qui leur est favorable, ou la redevance à l’hôpital est dérisoire par rapport à leur chiffre d’affaire privé. Ce sont bien souvent les mêmes qui ont fait accuser toute la profession d’ABUS de  » dépassements » d’honoraires, alors que les plus gros abus sont dans leurs rangs et que pour les libéraux ces compléments d’honoraires sont le fait des charges exorbitantes déconnectées des réalités économiques depuis 40 ans; ce qui fut d’ailleurs l’origine du secteur 2 dits  » à honoraires libres », puisque tout le monde admettait l’insuffisance des tarifs opposables lors de sa création. La encore un engagement conventionnel non tenu, qui enferme depuis les médecins du secteur 1 dans un secteur de  » SOUS MÉDECINS « , avec de nombreux actes effectués à perte, ce qui pousse à  » l’abattage « , pour vivre et à la déshumanisation des soins. Rien ne justifie cette discrimination entre soignants.

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Il faut croire que ces discriminations des remboursements différenciés ne dérange pas ces signataires et à ce que je sache leurs capacités ou qualifications, que je ne conteste pas, ne valent toutefois pas 10 fois les capacités d’un confrère libéral de même spécialité !
Par contre ces libéraux sont plutôt SOUS PAYÉS et largement sous les réalités économiques, qui leurs permettraient d’embaucher pour libérer du temps médical, d’investir et donc de créer de l’emploi.

Il est certain que nos médecins salariés signataires n’ont pas ce genre de problèmes en disposant de toutes les infrastructures misent à leur disposition et pouvant se permettre de créer des déficits, puisque  » c’est L’ÉTAT qui paye », le contribuable devrais-je dire !

Quoi qu’il en soit, nos médias au 54 ème rang de la liberté de la presse feraient bien d’informer de la réalité des évolutions de notre système de protection sociale et de l’organisation des soins, des remboursements différenciés, des discriminations, des escroqueries aux cotisations sociales qui résultent des conventions, et des illégalités de l’ensemble du système de protection sociale au lieu de leurs laisser croire que la  » Mère Nourricière » sécu pourra continuer dans un État « Père Noël  » sans un jour s’écrouler.
Ce qui veut dire un conflit de générations ou ils se verront refuser par leurs propres enfants le remboursement des soins, le paiement des retraites et le financement de leurs EHPAD !

Alors si c’est ce qu’ils veulent, il faut signer la pétition pour sauver  » Mère Sécu Nourricière  » en coma dépassé !

Nous savons depuis longtemps qu’il y a beaucoup de « cons » diplômés, et q’il y a d’autre part beaucoup de personnes non diplômées pleines de bon sens et d’intelligence différentes, mais ce que j’ignorais, c’est qu’il y en avait autant parmi nos Con-frères !

Peut-être sommes nous naïf, mais nous pensions qu’à BAC + 10 à 14, l’expérience d’une vie de médecin avec sa vision transversale de notre société, ils seraient en mesure de comprendre que ce système est condamné et s’il ne l’est pas, il condamnera de plus en plus de nos concitoyens à être paupérisés en augmentant les rangs des précarisés, tout en réduisant la classe moyenne.

Nous pensions qu’ils auraient EUX, l’intelligence de comprendre, au contraire des élus et hauts fonctionnaires syndicalistes au cerveau archaïque ou intéressé, qu’il existe d’autres systèmes de protection sociale, tout aussi SOLIDAIRES, mais non pas par des cotisations proportionnelles sur le travail, mais par la fiscalité !

Nous ne sommes pas contre la solidarité ou la générosité, mais contre la solidarité à crédit avec l’argent des autres qui amputera d’autant le pouvoir d’achat de la génération suivante, de nos enfants, parce que la courte vue de nos élus de droite ou de gauche depuis 40 ans, a préféré défendre les sièges de leurs élections futures et à court terme, que l’intérêt général à long terme !

Avant d’être généreux, il faut en avoir les moyens et ce n’est pas ce système opaque et spoliateur qui est LA SOLUTION, mais bien LE PROBLEME !  

La PRÉVOYANCE par les ASSURANCES n’est pas une obligation commune devant les charges régaliennes telles que la définit la DDHC. 
La SOLIDARITÉ est du domaine de l’impôt et non de cotisations d’assurance sur le travail; ce qui par ailleurs tue les petites entreprises et donc l’emploi. Personne n’imaginerait une sécu pour l’assurance auto ou l’assurance de son logement, ou les uns paient l’insouciance et l’irresponsabilité des autres ! Encore que nos élites dans leur grande « générosité » en sont capables.

Alors chers concitoyens et Confrères, continuez à vous tirer une balle dans les 2 pieds, les 1ères victimes en seront les plus pauvres !

Il serait tout de même incroyable qu’il n’y ai pas parmi les centaines d’  élus, les milliers de hauts fonctionnaires, quelques têtes assez brillantes pour imaginer un système plus équitable, réellement plus juste et plus respectueux du Droit et des Lois !
Si tel ne devait pas être le cas, nous pensons pouvoir rassembler suffisamment de connaissances pour proposer un modèle plus en rapport avec les exigences du XXIème siècle, (plus en rapport avec les réalités des 40 « calamiteuses », les 30 glorieuses avec ses 5% de croissance, le plein emploi et une espérance de vie de 70 ans, sont bien loin), plus humains, moins financiarisé, moins coûteux et offrant tout autant de solidarité, mais dans la responsabilité individuelle et la liberté.

Bien entendu, ceux qui se sont fait élire sur des promesses trompeuses ne font pas leur mea culpa. Au bord de la catastrophe, ils accusent en vrac : le capitalisme, l’économie libérale, les agences de notation, les financiers ou le précédent gouvernement. Tout cela est grossier et puéril.

La responsabilité fondamentale est double : elle incombe en premier lieu à l’irresponsabilité des hommes politiques qui ont dépensé l’argent qu’ils n’avaient pas ; elle incombe également aux électeurs qui ont succombé aux charmes des mensonges et des promesses inconsidérées.

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Cet état de fait remet fondamentalement en cause le système de la démocratie représentative qui, d’une part, déresponsabilise le peuple et, d’autre part, conduit à la surenchère démagogique. C’est une des raisons pour laquelle nous plaidons pour la démocratie directe et la démocratie sociale qui consiste à consulter les électeurs sur les grandes questions de société, ce qui ne devrait pas poser problème à l’heure d’internet.

Dr Edward W. Metzger

Quelques citations de ce qu’est un Etat Providence

« Cet État se veut si bienveillant envers ses citoyens qu’il entend se substituer à eux dans l’organisation de leur propre vie. Ira-t-il jusqu’à les empêcher de vivre pour mieux les protéger d’eux-mêmes ? (…) Le plus grand soin d’un bon gouvernement devrait être d’habituer peu à peu les peuples à se passer de lui. » (Alexis de Tocqueville)

« Une des plus tristes caractéristiques de notre temps est que nous avons diabolisé ceux qui produisent, subventionné ceux qui refusent de produire et canonisé ceux qui se plaignent. » (Thomas Sowell)

« L’État-providence moderne promeut une culture de victimisation, et encourage la mauvaise habitude de vouloir vivre aux dépens des autres. » (Daniel Model)

« L’État-providence est la plus vieille escroquerie au monde. Elle consiste à prendre votre argent le plus discrètement possible pour ensuite vous en rendre une fraction le plus visiblement possible. » (Thomas Sowell)

 « La différence entre un État-providence et un État totalitaire est une question de temps. » (Ayn Rand)

« La grande erreur de ce temps, c’est de croire que le gouvernement, quel qu’il soit, peut tout, et de le rendre responsable du sort de chacun, comme s’il pouvait donner plus qu’il ne reçoit, et faire plus pour tous les citoyens réunis que chaque citoyen pour lui-même. Ce préjugé déplorable est, au moment où nous parlons, le ver rongeur des populations ouvrières, le vrai fléau de notre pays. » (Adolphe Blanqui)

« Voilà trente ans déjà que cet État est en crise, et qu’il survit de rafistolage en rafistolage : de faux droits financés toujours plus par de la fausse monnaie. » (Philippe Simonnot)

« L’État n’est pas un Père Noël bienveillant. C’est un monstre égoïste et intrusif qui ne sera jamais satisfait et finira par étouffer l’indépendance et l’autonomie de ses sujets. Et ce monstre est soutenu par la démocratie : par l’idée que la vie de chaque être humain peut être contrôlée par la majorité. » (Dépasser la démocratie)

« La démocratie cessera d’exister quand on prendra à ceux qui veulent travailler pour donner à ceux qui ne veulent pas. » (Thomas Jefferson)

« Une première calamité étant créée par les hommes de l’État, ils en créent d’autres pour prétendument corriger la première tout en s’enrichissant eux-mêmes personnellement sur la chaîne sans fin des calamités. » (Michel de Poncins)

 

 

 

par Gérard Dosogne le 14 septembre 2016

Les Hommes naissent égaux en droit…. Et l’égalité avec la fraternité et la liberté sont les concepts préférés des Français.
Mais, les hommes naissent inégaux en fait : en termes de santé, d’intelligence, de milieu socio-culturel, de courage, de volonté à travailler ou non, de dons artistiques ou sportifs, etc.

Le rôle des Etats est de tenter de réduire ces inégalités de départ en donnant à chaque individu une égalité des chances ou « equal opportunity », ou égalité de droit. Cette obligation à permettre et encourager l’égalité des chances a été pervertie dans nos sociétés par nos états, pour remplacer l’égalité des chances par l’égalité des résultats, ce qui a mené à l’égalitarisme, la négation de l’effort, et en fin de compte à la pauvreté. La théorie communiste appliquée en URSS pendant 70 ans l’a démontré. La volonté d’égalitarisme, en France, mène au chômage de masse, à l’augmentation des inégalités et à la décroissance.

1/ Changer la perception de l’inégalité

Bonne et mauvaise inégalité : Le fait de mentionner que certaines inégalités sont bonnes peut heurter les bonnes âmes, mais certains types d’inégalités économiques ont une grande valeur sociale (voir « Bad and Good Inequality », Gary Becker, Nobel 1992).

Il serait par exemple difficile de motiver la vaste majorité des individus à produire des efforts, d’apprendre, de travailler, de prendre des risques si au bout du compte, tous les individus recevaient les mêmes salaires et revenus, statut, prestige, habitation, loisirs, etc.

Les mauvaises inégalités sont des inégalités qui engendrent des inefficacités, des richesses qui ne sont pas principalement le résultat du travail et du talent de l’individu.

Ces mauvaises inégalités sont en général provoquées par des politiques gouvernementales qui favorisent des individus ou des secteurs au détriment d’autres : ce sont des inégalités créées par les politiques : exemples, en Russie, l’émergence des oligarques ou les aides du gouvernement du Mexique données à Carlos Slim, dont la fortune dépasse 50 milliards de dollars. En France, ces inégalités créées par les gouvernements sont multiples : un exemple parfait est Canal + où une poignée d’individus a pu faire fortune grâce à des « avantages » en termes de fréquence, de règlementation de diffusion, etc. donnés GRATUITEMENT par le gouvernement français.

Toute les professions protégées, les avantages et monopoles (privés ou d’état) entrent dans ces « mauvaises inégalités » souvent créées par l’État et génératrices de « rentes ». Tous les avantages particuliers qui permettent la création de ces monopoles et professions protégées freinent la croissance et devraient être supprimés. Les syndicats (salariés et patronaux) sont aussi créateurs de mauvaises inégalités : les droits « acquis » réservés à quelques-uns, l’exclusion des chômeurs de la formation continue, les inégalités entre les régimes divers de fonctionnaires et assimilés, entre les salariés des grandes entreprises et les salariés des PME et TPE…, la complexité du code du travail…

2/ Corriger les « mauvaises » inégalités cause d’inefficacité par des mesures structurelles, diminuer la « désespérance » et créer des richesses supplémentaires

Les différences de revenus aux USA, et dans la plupart des pays, ont augmenté de manière drastique depuis les années 70, phénomène dû principalement à la globalisation et aux progrès technologiques qui ont augmenté la productivité des populations bien éduquées et talentueuses.

En 1980, un diplômé de l’enseignement supérieur aux USA ne gagnait que 40% de plus qu’un diplômé du secondaire. En 2000, c’était 70%. Le bon côté, c’est que de plus en plus de jeunes ont été motivés à poursuivre leurs études, mais le mauvais côté, c’est que d’autres jeunes, moins bien préparés, pour des raisons liées au milieu social ou au manque de financement… resteront en arrière et verront l’inégalité grandir.

Ce constat fait, quelle conclusion en tirer, et quelles mesures prendre ?

Revisiter les politiques d’éducation et la formation, facteurs de réduction des inégalités et de création de richesse.

> L’importance économique du capital humain, et plus particulièrement de l’éducation, est démontrée par de nombreux économistes (Gary Becker, Milton Friedman, Kevin Murphy….) ;

> Les personnes les mieux éduquées et les plus capables tendent à gagner plus : vrai aux USA comme en Europe, en Chine ou même à Cuba !

> L’investissement en capital humain et plus particulièrement dans l’éducation et la formation, développe la croissance et réduit les « mauvaises » inégalités ;

> Pour réduire les inégalités :
• Réduire les inégalités externes (inégalités de moyens financiers, inégalités familiales et sociales) ;
• Encourager les individus à « forcer leur nature » : incitation au dépassement de soi par la perspective de meilleures conditions de vie, salaire… : récompenser l’effort pendant la scolarité par des notes et la perspective de pouvoir aller à l’université et ensuite d’obtenir de meilleurs salaires, promotions et augmentations « au mérite » dans la fonction publique ;
• Reconnaissance de l’ensemble des capacités, dons et différences par la société (combattre l’égalitarisme ambiant) ;

> Il est naturel et indispensable que les gouvernements soutiennent l’éducation par des allocations financières importantes, mais il faut le faire avec discernement en vue d’atteindre l’objectif : augmentation des richesses et réduction progressive des inégalités ;

> Le rôle des familles est essentiel dans l’éducation mais aussi la reproduction des inégalités : le capital humain ne se développe pas seulement par l’école mais par les parents ;

> Il est démontré qu’un euro dépensé par l’Etat pour un enfant de famille aisée est beaucoup plus productif qu’un euro dépensé pour un enfant de famille pauvre, à cause de l’effet de levier du support familial et social (Gary Becker, prix Nobel, et al.) ;

> On constate qu’un enfant de famille aisée, à QI égal, a beaucoup plus de chances de rester dans la tranche élevée des revenus que l’enfant de pauvre d’y parvenir ;

> C’est le phénomène de reproduction des élites qui s’accélère : les énarques, médecins, ingénieurs de grandes écoles, sont majoritairement des enfants de parents ayant la même formation, ou alors d’enseignants ayant la capacité de passer beaucoup de temps à investir dans le capital humain de leurs enfants.

L’objectif du gouvernement ne doit pas être dans ce cas uniquement l’efficacité d’un euro dépensé, mais la hausse globale du niveau d’éducation créant à la fois à terme plus de richesse et la réduction des inégalités.

En France, l’enseignement est financé quasi à 100% par l’Etat (donc par l’ensemble des contribuables) et cette « égalité » théorique de tous les enfants résulte en pratique au maintien et même à l’augmentation des inégalités et de la mise à l’écart d’une partie de la société, d’où une persistance et même une augmentation lente mais constante du chômage.

Plus qu’ailleurs et plus que par le passé, les origines sociales pèsent sur la réussite scolaire. C’est en France entre un cinquième et un quart des résultats des élèves en mathématiques (22,5 %) qui sont directement imputables aux origines socio-économiques, contre 15 % en moyenne dans l’OCDE. Il n’y a en réalité que sept pays sur les 65 du classement où l’origine socio-économique conditionne autant les destins scolaires (plus de 20 %). Un chiffre qui vaut à la France la triste réputation de pays le plus inégalitaire de l’OCDE. (En savoir plus sur)

L’Unicef classe la France 35e sur 37 pays de l’OCDE en termes d’écart de performance en lecture, maths et sciences constatés en fonction du milieu social.
Il faut donc procéder à une allocation intelligente des financements de l’État pour s’attaquer aux inégalités !!

> S’attaquer au dogme de la gratuité pour tous, source d’inégalité future.L’enseignement ne doit pas être totalement gratuit pour tous. L’ État doit compenser les inégalités familiales et sociales en donnant plus pour l’éducation des enfants de familles modestes, et moins aux familles aisées (système de bourses ou chèques éducation pour les plus modestes, avec une diminution générale des impôts frappant principalement en France les classes moyennes et supérieures) ;

> S’attaquer au dogme de la non sélection pour redonner l’incitation à l’effort et réellement sélectionner les élèves sur leur savoir, leur travail, leur compétence, quelle que soit leur origine sociale (avec des bourses au mérite). La revalorisation des diplômes qui en résultera et donc la meilleure éducation de tous profitera à l’ensemble de la société.

Les inégalités, même bonnes et génératrices investissements et d’emplois, sont très difficiles à accepter dans des sociétés où la mobilité sociale est absente ou fortement freinée.
Or ces « bonnes inégalités », source de dépassement et de création de richesses et d’investissement, sont nécessaires.

Bibliographie

Bad and good Inequalities, Gary Becker

Inequalities and Opportunities.

Human Capital, Gary S. Becker, The University of Chicago Press, third edition

Stéphanie Fraisse-D’Olimpio, Les fondements de la théorie du capital humain, 11 mai 2009 (article sur les théories de Theodore Schultz, ou comment réduire les inégalités).

Source : Emploi et Croissance : sortir de 30 ans d’échec

http://www.emploi-2017.org/l-egalitarisme-source-des-inegalites,a0660.html

 Égalité-vs-équité

Appel aux Ministères : de la Santé, de l’Emploi, du Travail, de la Formation Professionnelle et du Dialogue Social
 Emploi et Croissance : sortir de 30 ans d’échec

par Gérard Dosogne le 16 octobre 2016

Nous avons décrit dans un précédent article la réforme qui permettrait de sauver la santé en France. Quelles seraient les effets de cette réforme ?
Les conséquences de cette réforme seraient les suivantes :

 

>  Baisse des coûts administratifs : un seul « payeur » par acte, au lieu de deux actuellement (surcoût actuel estimé à 6 milliards d’euros par an) ;

>  Plus de discrimination entre les assurés. Plus de différence non plus entre salariés et non-salariés, actifs ou retraités. Les entreprises ne financent plus directement la santé de leurs employés ;

>  Les organismes paritaires n’ont plus de raison d’être ;

>  Les couvertures santé ne sont plus « familiales » mais individuelles, sachant que les jeunes jusqu’à 18 ans sont pris en charge par l’État au titre de la solidarité ;

>  Les tarifs médicaux sont libres et les prestataires de soins sont libres de contractualiser avec les assureurs de leur choix (et inversement) ;

>  Les hôpitaux (hors hôpitaux psychiatriques, et services couverts par la solidarité) doivent contractualiser avec les assureurs, et non plus avec la CAM. Le statut du personnel des hôpitaux sera aussi à revoir ;

>  L’exercice d’une concurrence saine et régulée doit permettre la réduction des gaspillages, actes inutiles et redondants ; en bref une réelle optimisation du système de santé ;

>  Les charges « assurance maladie » pesant sur les salaires (part patronale et part salariale) sont supprimées et reversées à 100% au salarié qui les utilisera pour payer sa prime d’assurance, laquelle sera fiscalement déductible de ses revenus ;

>  Des simulations plus précises sur les sources de financement et les taux appliqués seront nécessaires pour équilibrer le système et ne pas pénaliser certaines catégories sociales. On pourrait par exemple limiter l’exonération des charges pour les hauts revenus.

>  Petit calcul d’ordres de grandeur : il existe en France au 1er janvier 2016 50 millions de personnes de plus de 20 ans. Si on estime que le coût de la maladie est de 132 milliards d’euros (90 milliards pour la CNAM + 42 milliards pour les complémentaires) cela fait 2.640 euros par habitant de plus de 20 ans par an, soit 220 euros par mois et par personne. (Une partie de ce coût sera prise en charge par la caisse de solidarité santé pour les plus modestes, pour que le montant de la prime ne dépasse pas 6% des revenus par exemple) (le reste des coûts représentant la « solidarité »)

>  Il n’y a plus de déficit du budget de l’Etat : les assurances et mutuelles devront équilibrer leurs comptes dans un environnement concurrentiel régulé.

Conclusions :

– Gains en coûts administratifs : entre 6 et 10 milliards d’euros ;
– Gains en économies d’impôt papier : entre 4 et 8 milliards d’euros ;
– Suppression du déficit chronique du budget de la santé : 3 à 6 milliards d’euros par an.
Estimation du GAIN TOTAL (moyen) : 15 milliards d’euros ! 
Restructuration de la dette de la branche maladie ;
Solution « neutre » pour les entreprises et pour les citoyens (hors gain impôt papier)
Optimisation à terme pour faire mieux face aux défis futurs.
Création de 190.000 emplois en 3 ans et 480.000 en 10 ans
La fin de des Monopoles des Caisses de Protection Sociale qui mènent à ça ! 
A SUIVRE ……

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 Emploi et Croissance : sortir de 30 ans d’échec

par Gérard Dosogne le 16 octobre 2016

Les Français sont « majoritairement satisfaits » de la qualité et de la sécurité des soins… Et pourtant la réalité est moins rose, et le futur particulièrement préoccupant. Après un bref descriptif de la situation actuelle, nous décrirons la réforme capable de nous tirer d’affaire.

Les dépenses de santé par habitant en France sont l’une des plus élevées du monde : 3ème après les États-Unis et les Pays-Bas, pour un résultat tout juste moyen : on n’en a pas pour son argent !

Qualité en chute libre : de 1ère en 2006, la France est passée au 9ème rang en 2013 et 11ème en 2015 (sur les 35 pays mesurés par le EuroHealth Consumer Index). L’OCDE pointe l’apparition d’inégalités préoccupantes : 10% des personnes aux bas revenus renoncent aux soins, contre 5% au Royaume-Uni et 3% aux Pays-Bas. Les urgences sont saturées et l’accès aux soins de plus en plus difficile.

Les dépenses de santé croissent plus vite que la richesse nationale : 3,5% du PIB en 1960, 6% en 1980, 8% en 2000 et 11,7% aujourd’hui : plus on est « riche » plus on dépense pour sa santé (ratio de 1,3 à long terme). Les traitements sont plus précis, plus chers, avec une durée de vie de plus en plus longue.

Or, les réponses budgétaires de notre régime étatique sont les suivantes : augmenter les cotisations ou /et baisser les remboursements. Nous proposons une autre voie : la concurrence régulée.

1/ Redéfinir les missions de l’ensemble des caisses nationales d’assurance maladie

La mission des caisses d’assurance maladie est d’assurer l’accès aux soins à l’ensemble de la population et de prendre en charge certaines populations ou pathologies dans le cadre de la solidarité.
Elles deviendront : les « caisses de solidarité santé ». Le contrôle de la qualité des soins restera de la responsabilité d’une Autorité de contrôle de la santé.

Leurs missions excluent l’assurance des risques médicaux, mission qui relève du secteur des assurances.

Le Parlement, sur proposition du gouvernement, décidera des missions qui relèveront de la solidarité. A titre d’exemple, on peut mentionner la situation aux Pays-Bas :

>  Les jeunes, de leur naissance jusqu’à leur majorité (18 ans) (prime subventionnée par la caisse de solidarité santé) ;

>  Les malades atteints d’affections graves de très longue durée : essentiellement relevant de la psychiatrie, les handicaps, les invalides et les personnes dépendantes ;

>  Prise en charge totale ou partielle des personnes aux revenus modestes (cette prise en charge se faisant par une subvention totale ou partielle des primes d’assurances obligatoires).

2/ Mise en place d’un cadre législatif régissant le rôle, droits et obligations des assureurs ou mutuelles « santé »

>  Tous les actes médicaux qui ne relèvent pas de la solidarité doivent être couverts par une assurance ou une mutuelle agréée par le ministère de la Santé ;

>  Tout résident en France a l’obligation des souscrire directement à une assurance santé de base. Le contenu de cette assurance est défini chaque année par le Parlement. Le taux de remboursement minimum sera également défini par la loi ;

>  Pour obtenir l’agrément nécessaire, les assureurs doivent s’engager à proposer cette couverture de base à tous les résidents majeurs, sans discrimination d’âge de sexe, d’état de santé… pour une prime identique (la prime peut cependant être différente d’une compagnie d’assurance à l’autre en fonction du service rendu : ce sera le jeu de la concurrence). L’assuré aura la possibilité de changer d’assurance santé tous les ans.

>  Les assureurs n’ayant pas la possibilité de discriminer les risques, une « caisse de péréquation des risques » gérée par les assureurs est mise en place en vue de compenser les assureurs suivant le risque moyen de leur portefeuille.

3/ Extension des pouvoirs de l’autorité de contrôle de la qualité des Soins.

Les prestataires de soins n’ont plus de contrats avec les caisses d’assurance maladie (sauf en ce qui concerne la solidarité) mais avec les assureurs et mutuelles agréés. La contractualisation est libre, mais est supervisée par une autorité de contrôle de la qualité des soins.

Les assureurs auront le choix de contractualiser avec les hôpitaux et cliniques, avec des médecins à l’acte ou au forfait, à la performance… Les assureurs pourront, s’ils le souhaitent, avoir leurs propres réseaux de maisons de soins.

Cette autorité de contrôle devra également veiller aux conditions d’accès aux soins, à la qualité des soins des hôpitaux, cliniques, maisons de soins, maisons de retraites et autres prestataires de soins.

4/ Les pouvoirs de l’autorité de la concurrence sont étendus en vue d’assurer le respect des règles.
5/Financement de ce système :

Principe : le financement est assuré par les citoyens, par l’État et par les entreprises :

>  Chaque citoyen paie à l’assureur une prime pour sa couverture d’assurance de base ;

>  Les entreprises ont la charge de s’assurer contre les accidents du travail ;

  L’impôt complète le financement global et plus spécialement celui de la solidarité, idéalement par la CSG.

Quelles seront les conséquences de cette réforme ?
A suivre  dans la seconde partie 

 

Source Emploi 2017

Emploi et Croissance : sortir de 30 ans d’échec

http://www.emploi-2017.org/liberer-le-systeme-de-sante-en-france,a0679.html

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Emploi et Croissance : sortir de 30 ans d’échec

par Gérard Dosogne le 2 octobre 2016

 

Dans un colloque donné l’an dernier, l’association Impactent a présenté le système de santé des Pays-Bas comme modèle à suivre pour la France. Ce pays a libéralisé son système en 2006 et il est le plus performant du monde d’après le classement du EuroHealth Consulmer Index. Quelles en seraient les conséquences en France en termes d’emplois ?

Nous estimons qu’une libéralisation permettrait la création nette d’emplois dans ce secteur entre 200.000 (à 3 ans) et 500.000 à 10 ans. Les comparaisons avec les pays qui nous environnent et ont un système plus ouvert à la concurrence que le nôtre, nous y confortent. C’est ce que nous allons analyser et calculer dans les différents points qui suivent.

260.000 infirmiers en plus

Le nombre d’infirmiers pour 1.000 habitants est particulièrement faible en France, soit 9,8. Par comparaison l’Allemagne est à 13, la Suisse à 17, 4, le Danemark à 15,5, les Pays-Bas à 12,1, les USA à 11,1. Si l’on prend la moyenne des pays que nous venons de citer elle est de 13,8. Si la France s’alignait sur ce chiffre, cela signifierait 260.000 infirmiers en plus ! On passerait alors de 2,8 infirmiers par médecin à 4, ce qui se rapproche du ratio des pays les plus performants[1].

Hors infirmiers, 220000 personnels soignants en plus

On constate également le déficit de la France en termes de personnel soignant hors infirmiers. En 2009 pour 10.000 habitants, la France avait un personnel soignant de seulement 132 personnes, contre 161 en Suisse, 190 aux Pays-Bas, 201 en Belgique, 313 aux USA… (mais 128 en Allemagne). La marge de progression est donc importante et si la France visait le chiffre de 200, cela signifierait 220.000 soignants en plus, hors personnel infirmier.

30.000 médecins supplémentaires

Il y a en France 116.000 médecins libéraux dont seulement 60.000 généralistes. Si l’on admet qu’il faudrait en augmenter la densité dans la moitié des régions françaises (d’environ 3 par 10.000 soit 20.000) et créer entre 3.000 et 5.000 maisons de santé de proximité, le chiffre de 30.000 médecins supplémentaires est parfaitement justifié. Au passage, cette question évoque évidemment celle du remplacement des médecins partant à la retraite : en 2014 il y avait 215.000 médecins en activité, dont 53% de plus de 55 ans… Cependant sur les 7.000 médecins qui sortent chaque année des facultés de médecine, 25% ne s’inscrivent pas à l’ordre ! (Ils travaillent dans les laboratoires, mutuelles…). Pour que le remplacement puisse se faire correctement il faut donc offrir des conditions attractives pour la médecine dite de ville (libérale), ainsi que de nouveaux modèles (en dehors de la tarification à l’acte) qui pourraient être couverts par des assurances privées.

Dans cette optique, il faudrait donc doubler le chiffre du numerus clausus et revaloriser le métier de généraliste.

Revoir les normes et les autorisations administratives pour l’ouverture de maisons de retraite et pour personnes handicapées, et créer plus de 100.000 emplois

D’après les spécialistes du secteur, alors que l’on construit une maison pour handicapés en 1 an en Belgique, il faut 10 ans en France ! Les tarifs sont de 20% inférieurs en Belgique, avec pourtant plus de personnel par résident. De ce fait il y a 8.000 handicapés français qui sont hébergés en Belgique, pour un coût supérieur à 500 millions d’euros, et 6.000 emplois créés en Belgique de ce fait. On y trouve également 2.000 retraités français, dont la migration a permis la création de 1.000 emplois belges. Les exemples de ce type sont nombreux…

Appliqué à toute la France, rien que des « assouplissements » administratifs devraient permettre la création de 30.000 emplois. Il existe en effet aujourd’hui 1,7 million de personnes de plus de 85 ans, qui demandent de plus en plus de soins, soit à domicile, soit en maisons spécialisées. Et ce chiffre croît chaque année sous le double effet de l’augmentation de la population et de l’espérance de vie. Dans un environnement libéralisé, le gisement d’emplois (soit soins de proximité, à domicile ou en maison de retraite) serait donc considérable : entre 100.000 et 150.000.

Les nouveaux services

Il est difficile d’estimer la création dans des nouveaux services (« allo nounous », nurseries pour enfants malades, etc.) et d’éviter de compter les créations d’emplois deux fois ! Ce que nous avons donc, de façon prudente, indiqué « pour mémoire » dans le tableau récapitulatif.

Une diminution des emplois administratifs

Les coûts de gestion (coûts administratifs, prévention, santé publique, subventions) sont très importants dans notre système, puisque la France présente une part de 50% plus élevée que celle de la moyenne de l’OCDE. Cela est largement dû à l’existence de deux financeurs institutionnels pour chaque prestation, ainsi qu’à la multitude des régimes… Dans ce cadre, l’introduction de la concurrence et d’un seul payeur par prestation devrait rationaliser le système et entrainer une baisse des coûts administratifs (et du personnel). Dans le même temps l’État ne gardant que la charge de la solidarité, devrait repositionner une partie de ces agents pour la partie dite assurance.

Une grande restructuration sera également attendue au niveau des mutuelles puisque sur les 60 mutuelles qui existaient aux Pays-Bas avant leur réforme de 2006, il en reste 20, et 4 représentent 80% des assurés ! Par comparaison il en existait 1.250 en France en 2005, 719 en 2010, et il en est prévu moins de 300 en 2017. Avec la réforme envisagée et la concentration subséquente du secteur, on pourrait avoir une douzaine de mutuelles représentant 80% du marché.

Au total, on estime la baisse de l’emploi administratif à 40.000 sur 10 ans.

Récapitulatif

Nombre d’emplois créés à 3 et 10 ans
3 ans 10 ans
Médecins : 10 000 30 000
Infirmiers : 100 000 260 000
personnel soignant :
– soins à domicile 40 000 50 000
– maisons handicapés 10 000 30 000
– dépendance 50 000 140 000
nouveaux services (pour mémoire)
emplois administratifs (20 000) (40 000)
total 190 000 470 000

 

Source Emploi 2017 Emploi et Croissance : sortir de 30 ans d’échec

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Par le Dr Jean Nicolas Boullenois,

Aujourd’hui, premier épisode de notre série #SecuLeaks : la vérité sur les mensonges de la sécurité sociale. Les caisses de sécurité sociale, pour tenter de maintenir leur monopole illégal et d’échapper à la concurrence, prétendent qu’elles ne sont pas des mutuelles. Oui, les caisses de sécurité sociale sont des mutuelles, voici les preuves figurant aux archives nationales.

#Seculeaks n°1 : Note de la Direction Générale de la Sécurité Sociale du 16 novembre 1950 où le projet des statuts-type des caisses d’allocation vieillesse du régime autonome de l’industrie et du commerce est examiné : « au regard de la législation mutualiste ».

 

 

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Par le Dr Jean Nicolas Boullenois

Il est pour le moins surprenant que l’un des syndicats signataires de la nouvelle convention médicale, la FMF, annonce vouloir attaquer devant le Conseil d’Etat cette même convention.

Car de quoi s’agit-il en l’occurrence? De plaider devant le Conseil d’Etat l’illégalité de certaines dispositions de cette loi.

Ce qui signifie que M. Jean-Paul Hamon a signé en connaissance de cause (à moins qu’il n’ait même pas lu ce qu’il a signé, ce qui ne vaut pas mieux…) un contrat qu’il savait illégal…

Voilà qui correspond très exactement à ce que vise le vieil adage, à savoir « se prévaloir de sa propre turpitude »…

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Art.1 de la loi de modernisation de la santé : » L’État est responsable de la Santé »

Le ministère de la Santé est responsable de la Santé Publique, mais il est à l’origine de problèmes de Santé Publique et met en DANGER la santé des soignants et celle de leurs patients.

Pour comprendre ce qui ne va pas dans notre système de santé, il faut remonter dans son histoire et le lien avec notre système de protection social.
La sécurité sociale a été inventée sous Vichy pour étatiser la santé et la contrôler
Le marketing en a été assuré par les socialo-collectivistes de la Résistance, avec les syndicats CGT etc ..,ce qui était plus politiquement correct que de l’attribuer au fascistes et en prônant une couverture maladie universelle.

Curieusement ces mêmes socialo-collectivistes CGT etc..,ont été les premiers à défendre les régimes et statuts spéciaux au pays des Droits de l’Homme et de :  » Liberté Égalité Fraternité «  ou l’article 1 de la DDHC dit  » Les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits, les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune « 

En 2016 il existe toujours X régimes spéciaux privilégiés payés en partie par les non privilégiers du privé !

Durant les 30 glorieuses de 45 à 74 il y avait 5% de croissance, le plein emploi et une espérance de vie de 65 ans.
Depuis 74 nous sommes en crise; le modèle social n’est plus compatible avec 1945 : Croissance faible, augmentation des sans emplois aujourd’hui prêt de 6 millions, espérance de vie en augmentation de 1 an tous les 4 ans.
Le Président Mitterand a pourtant de manière dogmatique, ou dans un souci électoraliste, baissé l’âge de la retraite à 60 ans et le gouvernement Jospin sous l’instigation de DSK mis en place les 35 heures avec les lois Aubry.

Une catastrophe économique pour la France à l’origine de la désindustrialisation et du chômage.
Dans le milieu hospitalier un cataclysme pour faire fonctionner les hôpitaux.
Moins de travailleurs, moins de cotisations sociales, un cercle vicieux qui a conduit la France à 40 années de déficits sociaux et qui malgré ce qu’affirme Madame Touraine persiste en camouflant le  » trou » de la sécu par le transfert de la dettes à la CADES qui correspond à la CRDS inventée par Monsieur Juppé pour résorber la dette en 14 ans ( donc 2010); nous sommes en 2016 ! la dette cumulée est de 152 milliards.

Madame Touraine a par ailleurs puisé dans d’autres caisses pour affirmer la fin du trou de la sécu, ou utilisé des magouilles comptables, mais passons.

En même temps dans les années 80 – 90 nos politiques ont imaginé qu’en mettant les médecins en préretraite on diminuerait la demande; c’était le MICA.

Autre erreur, alors que les médecins avaient prévenu, le Numerus clausus a été ramené de 8000 à 3500 médecins formés par an.
Là encore en pensant réduire la demande de soins !
Ce qui nous vaut aujourd’hui les déserts médicaux et  » l’importation » de médecins étrangers en masse (par ailleurs une honte devant les pays volés de plusieurs promotions de médecins), Médecins ou chirurgiens dentistes qui de surcroît ne maîtrisent pas toujours la langue française et parfois sont loin d’avoir une réelle équivalence.

Les énarques hauts fonctionnaires et politiques n’ont pas voulu tenir compte du départ des « baby-boomers », de la féminisation des professions de santé et des différences générationnelles des suivants qui ne veulent plus travailler 60 heures / semaine et en moyenne rien que les 30 ou 35 premières heures pour payer leurs charges. Ceci aboutit à ce que plus que 9 % des étudiants souhaitent s’installer en libéral.

Dans notre République de la JUSTICE SOCIALE et de la SOLIDARITÉ, il faut savoir que les libéraux ont 90 jours de carence en cas d’arrêt de travail et un système de protection sociale des pires avec leurs caisses. Les indépendants 14 jours de carence, les salariés du privé 3 jours, les fonctionnaires 0 jours ( sauf parenthèse du quinquennat Sarkozy avec 1 jour), et ils continuent au pays de L’ÉGALITÉ de percevoir leur salaire en arrêt de travail ( 6 mois puis légèrement dégressif ), alors que dans le privé les indemnités journalières sont fortement réduites.

Le système monopolistique ne pouvait être qu’en déficit, mais il est maintenu coûte que coûte et à crédit à la charge des générations futures par dogmatisme.

Les solutions pour équilibrer les comptes fût depuis les années 80 de se servir des honoraires des soignants libéraux comme variable d’ajustement des déficits.
Ainsi certains actes techniques n’ont pas évolué depuis 30 ans et sont sous le prix de revient effectués à perte; en particulier en chirurgie.

Nos élites conscientes de la sous évaluation des actes a donc créé le secteur 2 avec non pas des dépassements d’honoraires mais des compléments d’honoraires, avec dans les années 80 la possibilité donnée par les conventions de laisser le choix du secteur d’activité aux soignants tous les 3 ans. La convention n’a pas été respectée et ce choix ne fût plus possible pour les médecins les plus sociaux du secteur 1; ils sont donc punis et condamnés à effectuer une partie de leurs actes à perte !
La conséquence en est une médecine de plus en plus rapide, déshumanisée, faute de temps médical, d’autant que les tâches administratives se sont multipliées : parcours de soins avec des  » BON POUR Consultation Spécialiste » , un système bolchevique que l’on a connu dans le régime minier avec des dispensaires, responsable de pertes de chances par sa lenteur administrative. On a instauré le tiers payant, déresponsabilisant, la déclaration du médecin traitant, l’informatisation des cabinets, des normes et règles qui surcharge les soignants de tâches administratives au détriment du temps médical et sans leurs donner les moyens d’embaucher des secrétaires, sans revaloriser les actes en rapport avec les réalités économiques.

Le résultat en est que les médecins libéraux travaillant à perte, ne prennent plus en charge les actes techniques ou des consultations chronophages, d’autant que ces actes ne peuvent pas être facturés en même temps que la consultation et que les fournitures sont à la charge du soignant.
Ceci conduit à adresser les patients en hospitalisation de jour, voir en hospitalisation dont les coûts sont multipliés par 20 ou 50 plus les frais de transport et les pertes de journées de travail.

C’est l’hospitalo-centrisme voulu par nos  » élites » politiques. (Consultation 23€, CS 28 €, passage aux urgences en moyenne 200€ , hospitalisation de jour 500 à 800 € et hospitalisation jusqu’à plus de 2000 €/jour).

Ou est la logique économique et humaine la dedans ?

L’hôpital quand à lui, a été mis en partie à la T2A , c’est à dire tarification à l’activité comme dans le privé.
Comme les tarifs sont intenables, sous cotés, la direction des hôpitaux pousse les soignants à des hospitalisations de jour pour RENTABILISER. Les Directions administratives poussent à des hospitalisations parfois inutiles de patients peu coûteux pour l’hôpital donc RENTABLES.
On voit même des directions d’hôpitaux pousser à des interventions  » inutiles  » ou tout au moins discutables. (Voir à ce propos l’émission d’Élise Lucet sur les dérives hospitalières).
On voit également des hôpitaux publics faire appel à des sociétés privées dont l’objectif est de chercher à RENTABILISER les actes ou parfois surcoter des actes pour RENTABILISER !

Alors qu’en est-il des patients et des cotisants.

Les patients sont devenus pour nos ministres de la Santé une  » marchandise » que maintenant on vend aux mutuelles à but lucratif.

Les soignants sont devenus des  » Agents de santé de l’Etat », des techniciens de santé poussés à la RENTABILITÉ, n’ayant plus le temps de l’humain, de l’écoute ou de la prise en charge psychologique pour lequel la plupart des soignants ont choisi ces métiers par idéalisme.
Il faut être RENTABLE économiquement !

Les administratifs fixent les règles, jusqu’à fixer la durée des soins pour un acte donné.

Ceci est en particulier le cas des infirmières et infirmiers libéraux à qui on impose pour un type de soin arbitrairement 30 minutes, que le patient soit jeune ou vieux, valide ou non, que le professionnel ait plus de dextérité que son collègue ou non. S’ils ne respectent pas ces règles idiotes administratives, ils sont accusés  » d’INDUS » et le système sécurité sociale  » fasciste », étant juge et partie, leurs demande le remboursement de tous leurs actes et sans justification, allant parfois jusqu’à terroriser les professionnels, les poussant au burn-out, à la dépression voir jusqu’au suicide.

On s’étonnera ensuite que les soignants abandonnent, changent de profession ou quittent le pays.

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Autre aberration, le principe de précaution 
Si en théorie ce principe est louable, il est inflationniste. En effet, les médecins sont « assis avec le cul entre 2 chaises « , soit pour se couvrir il leurs sera reproché de faire trop d’examens, soit que s’il y a un aléas thérapeutique ou une erreur ou un retard diagnostic, on leurs reprochera de ne pas en avoir fait assez !
Ce ne seront jamais les directeurs des hôpitaux, les directeurs de la sécu, ou les politiques qui assumeront pour eux les conséquences ordinales, judiciaires ou le paiement des primes d’assurance juridique professionnelle !
( En libéral on est responsable de ses actes, dans le public non, sauf faute majeure)

Qu’a apporté Madame Touraine dans l’amélioration de l’accès aux
aux soins dits  » GRATUIT » ? Rien !
  • Les conventions médicales et son tarif d’autorité datant de 1966 , étaient déjà une DISCRIMINATION entre patients par une ESCROQUERIE AUX COTISATIONS SOCIALES du fait des remboursements différenciés selon que les médecins sont conventionnés ou non, acceptent des  » RÉTRO-COMISSIONS  » ou honoraires différés ou non; discriminations entre soignants qui à compétences égales ne peuvent pas faire bénéficier leurs patients du remboursement de leurs soins.
  • La création du secteur 2 est une autre escroquerie aux cotisations sociales, une autre DISCRIMINATION entre patients et entre soignants.
  • La création du CAS en est une supplémentaire.
  • L’obligation d’une complémentaire IMPOSEE et pas forcément la meilleure est une atteinte à la LIBERTÉ des citoyens et à de nouvelles INÉGALITÉS. Ce n’est pas l’employeur qui participe, c’est bien le fruit du travail de chaque actif qui finance ces protections sociales sous la CONTRAINTE de la sécurité sociale elle même sous la contrainte de l’État socialo-collectiviste de droite ou de gauche.
  • Les contrats responsables limitent les remboursements, sans pour autant réduire les cotisations, c’est tout bénéfice pour les complémentaires; merci encore Madame Touraine.
  • On a par ailleurs instauré des indicateurs à la performance des médecins, pas toujours dans une amélioration du service rendu, plutôt comptable, et les médecins touchent des primes en fonction de l’atteinte de ces objectifs (en théorie, la réalité est parfois tout autre).

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Ou est la LIBERTÉ de notre DDHC ?

La solidarité inscrite dans la DDHC ne concerne pas les assurances, mais  » l’effort commun devant la charge publique  » !

L’assurance n’est pas une charge publique !

La solidarité est du ressort de l’État par l’impôt et non pas par les cotisations de prévoyance dont l’État dispose à sa guise en ayant mis la sécurité sociale qui appartient à ses cotisants sous tutelle et en prenant les cotisations des uns pour combler les  » trous  » des souvent les plus privilégiés, ou en prenant dans les réserves des retraites privées, pour combler les déficits du régime de la fonction publique par exemple !

En conclusion

la Santé est malade de son système de protection social monopolistique à l’agonie depuis 40 ans, système que TOUS nos élus veulent sauver en tuant la Santé des français et de leurs soignants ( 112 suicides de médecins du 1er janvier à septembre, probablement similaire chez les infirmiers, et plus de 50 % de ces professions présentant des signes de burn out ).

 » De la SANTÉ des soignants dépend la SANTÉ des patients « 

Il serait temps que nos représentants élus de toutes natures en prennent conscience et cessent de vivre dans le DÉNI, ou une sorte de  » DISSONANCE COGNITIVE « .

Que l’on libéralise, au sens noble du libéralisme, la protection sociale et le système de soins et que l’on RESPONSABILISE les usagers patients, car RIEN N’EST GRATUIT, ce sont toujours EUX qui paient et paient les ERREURS et les dérives de leurs représentants: politiques, syndicaux ou Ordinaux; ce seront toujours eux les victimes de ce système à bout de souffle.

Un système de santé et de protection sociale est un système ou les soignants sont libres de soigner et les patients libres d’être soignés, de garder leur libre arbitre sur le choix de leurs soignants et de leur prévoyance, en étant responsabilisés.

 

Dr Edward W. Metzger

(rhumatologue secteur 1retraité malgré lui, suite à plusieurs ALD, au moins partiellement secondaires à la surcharge de travail dans un secteur sous doté en rhumatologues- internistes)

[ Ma participation à l’émission : » Faut qu’on en parle  » du 28 octobre 2016  » Au Secours Mon hôpital est malade  » ]

Pour de plus amples informations sur la santé, le système de santé , plus de 400 articles consacrés au sujet sur : http://alliancedesprofessionsdesante.fr/

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Illustration:  La victoire de la lumière sur l’obscurité (1883-1884), Huile sur toile, Östereichische Galerie Belvedere, Vienne, Autriche

L’étatisation à tout prix de la santé

Etatisation et déresponsabilisation

Comment l’Etat satellise la sécurité sociale

Il serait évidemment scandaleux de reprendre ici les propos du ministre des Finances de Vichy, Yves Bouthillier, qui avait repoussé le projet de sécurité sociale avancé par Belin et Laroque en 1940. Il craignait alors « une immense bureaucratie autonome destinée à acheminer la société française vers le régime collectiviste » où les esprits ne se sentiraient plus responsables de la dépense ni même de leur propre comportement. Pourtant, s’il est bien un mot qui domine la société française d’aujourd’hui, et plus encore la sécurité sociale, c’est bien le principe de déresponsabilisation, selon lequel aucun lien ne peut exister entre le comportement individuel et le droit à prestation universelle financée par la collectivité.

De cette déresponsabilisation profonde, l’assurance maladie en offre un superbe exemple, probablement même un archétype. Le principe du financement de la santé en France est en effet fondé sur une dissociation complète entre les prix (dont le montant des remboursements appliqués aux soins) et les choix de vie. L’ensemble de l’édifice sanitaire français consiste d’ailleurs à faire croire que la santé peut être au même prix pour tous, c’est-à-dire asymptotiquement gratuite, sans qu’aucun changement ou aucune anticipation dans les comportements individuels ne soit nécessaire.

Quand on gratte la couche de vernis qui recouvre cette posture, on tombe évidemment sur des choix politiques un peu moins heureux, et toujours cachés sous une rhétorique bienveillante, farcie de mots comme: solidarité, égalité, accès aux soins pour tous, etc. Ces derniers mois ont pourtant  commencé à dévoiler l’envers du décor: choix d’une étatisation rampante d’un secteur qui, historiquement, appartient pourtant aux professions libérales. Choix d’un égalitarisme forcené qui consiste à pénaliser les classes moyennes et les comportements vertueux pour flatter les plus bas revenus et les passagers clandestins de la santé. Choix d’une diminution progressive de la qualité de soins pour l’ensemble des Français, hormis une élite qui a accès aux meilleurs médecins et aux meilleurs hôpitaux. Choix, enfin, d’une paix sociale achetée dans les hôpitaux avec l’argent de l’assuré social qui n’a plus son mot à dire dans un système dont ses inventeurs de 1945 prétendaient pourtant lui confier les clés.

L’universalité de l’assurance maladie à la française

Lorsque la France a opté, au vingtième siècle (nous évacuons ici la question des racines historiques précises de la sécurité sociale), pour une assurance maladie universelle, c’est-à-dire obligatoire pour tous, une idée dominait les esprits. Il ne fallait plus que la survenance d’une maladie soit une cause de précarité sociale, et il ne fallait pas qu’un Français mourût faute de pouvoir acquérir les biens médicaux (médicaments, médecins, hôpital) dont il avait besoin pour guérir. Les différences de fortune ne devaient pas ou plus être un facteur de mortalité face à la maladie: quel que soit le niveau de revenus, on devait pouvoir soigner sa tuberculose, son cancer, sa crise cardiaque ou son syndrome immunodéficitaire acquis.

Selon les systèmes de santé et les pays, ce même objectif a pu toutefois être interprété de plusieurs façons.

Aux Etats-Unis, par exemple, a prévalu le principe d’une souscription à un contrat d’assurance dans le secteur concurrentiel, qu’il s’agisse d’un contrat collectif proposé par l’entreprise (par exemple) ou d’un contrat individuel. Contrairement aux fantasmes français, ce système ne condamne pas les Américains à devoir casser leur tire-lire chaque fois qu’ils sont malades: en moyenne, le reste à charge du patient est d’environ 9% de la dépense totale, comme en France. En revanche, il ne repose pas sur une cotisation unique comme en France, et, globalement, il conduit les Américains à consacrer une part plus importante de leur richesse intérieure à la santé (16% du PIB environ, contre grosso modo 12% en France).

En Grande-Bretagne, le système de santé est largement fiscalisé et étatisé depuis 1948. Le fameux National Health Service inventé par Beveridge en 1942, et réformé à plusieurs reprises, notamment par Margaret Thatcher et Tony Blair. Son ambition est plus universaliste que le système français, puisqu’il soigne tout le monde, tout en étant plus concurrentiel grâce à des dispositions internes qui permettent une mise en concurrence effective des « producteurs de soins », notamment des hôpitaux. Par ces choix, la Grande-Bretagne a mis en place un système performant qui ne coûte guère que 2.500 euros par an par habitant en parité de pouvoir d’achat, soit  20% de moins qu’en France environ.

Ces deux exemples extrêmes montrent combien l’ambition curative d’un système de santé peut traiter la maladie de façon très disparate et peut obtenir des résultats très différents selon les choix d’organisation et de gestion qui sont pratiqués.

Le système français a pour sa part intégré cette ambition selon des logiques plus complexes et extrêmement intrusives. D’un côté, la sécurité sociale a très tôt inventé le « 100% », c’est-à-dire la prise en charge complète des affections de longue durée, comme le cancer ou le SIDA, qui concerne tout de même 15% de la population en 2015! Cette mécanique garantit la gratuité (pour le patient) des soins qui concernent son affection, quel que soit son statut au regard de l’assurance maladie, c’est-à-dire qu’il soit cotisant ou non.

Pour les maladies et les soins ordinaires, la sécurité sociale française propose, sur le modèle britannique, un système de prise en charge collective, mais financée par les cotisations des adhérents (et non par l’impôt), qui garantit l’indépendance des médecins (moyennant un « tarif opposable »), et la liberté de choix du patient. Cette contorsion curieuse a justifié une bureaucratisation à tous les étages: dès qu’un assuré se rend chez le médecin, même pour se faire simplement ausculter, il rentre dans une mécanique d’enregistrement et de traçabilité des soins qui permet à l’assurance maladie de tout savoir sur chacun d’entre nous et qui déclenche un processus complexe de remboursement.

D’une certaine façon, la proposition de 1945 a consisté à dire que, pour tout le monde, il y aurait fromage et dessert (et même digestif) pour le prix d’un repas standard, mais sous l’oeil constant et pointilleux du maître d’hôtel. En ce sens, l’assurance maladie française repose sur un principe d’irresponsabilité (et d’autorité). Elle interdit de lier la cotisation ou le remboursement en fonction du comportement du patient, elle prétend assurer un accès aux soins sans barrière de paiement, tout en garantissant une prise en charge de qualité partout sur le territoire, mais sans enfreindre la liberté d’installation du médecin ni la liberté de choix du patient. Cette conciliation complexe des contraires débouche sur une formidable bureaucratie face à laquelle le patient ne peut que se sentir étranger au « système ».

Sur ces bases-là, la France a développé un système de soins qui a accompagné les fulgurants progrès de la médecine depuis 1945, comme ses voisins industrialisés. Pour mémoire, rappelons que, en 1960, la santé représentait moins de 4% du PIB. Sa part dans la richesse nationale a triplé en cinquante ans. Cette explosion n’est ni le propre de la France, ni le fait de la sécurité sociale. Elle est d’abord le résultat d’une amélioration technologique qui a permis de gagner vingt-cinq ans d’espérance de vie pendant cette période pour les femmes, et plus de quinze ans pour les hommes.

Tout le problème est de savoir aujourd’hui si le système français d’assurance maladie a permis d’optimiser économiquement ce développement ou non, autrement dit: aurions-nous pu faire mieux pour moins cher en organisant autrement l’assurance-maladie, tout en favorisant la responsabilisation des patients? La question peut paraître téméraire dans la mesure où, sur une période de 70 ans écoulée depuis la mise en place d’une assurance maladie universelle, la performance du système français a pu varier. Mais la question mérite d’être posée à partir de la photographie de la France en 2015.

Les retraités, passagers clandestins du système français de soins

Les Français dépensent en moyenne chaque année environ 3.800 euros pour leur santé. Ce chiffre correspond à la dépense courante de santé (les près de 250 milliards d’euros annuels consacrés à la santé en France), divisé par le nombre d’habitants. En même temps, les statistiques montrent que cette moyenne n’est pas atteinte avant 60 ans. Autrement dit, jusqu’à 60 ans, les Français sont des contributeurs nets du système de santé, et ils n’en deviennent des débiteurs qu’une fois leur vie professionnelle terminée (ou en passe de l’être).

A partir de 60 ans, les dépenses par tranche d’âge augmentent fortement jusqu’à la mort. Elles s’élèvent à près de 14.000 euros pour les centenaires. Certains économistes de la santé ont proposé d’isoler les dépenses liées aux décès pour ces catégories de personnes, ce qui ramène ce chiffre à environ 10.000 euros. Il n’en reste pas moins que, entre un assuré de 40 ans et un assuré de 80 ans, le rapport à la dépense de santé va du simple (environ 2.000 euros par an en moyenne pour un quadragénaire) au triple (environ 6.000 euros à 80 ans). Pourtant, la cotisation maladie d’un salarié de 40 ans dépasse 20% de ses revenus quand on y intègre la contribution sociale généralisée, quand les retraités n’assument guère qu’une contribution sociale généralisée de 6,6% pour les plus aisés. On voit bien la variation selon l’âge: alors que la santé représente 12% de la richesse nationale, elle représente 20% des revenus des actifs et moins de 7% des inactifs.

Ajoutons l’existence d’une autre discrimination positive en faveur de nos retraités. 60% environ des affections de longue durée touchent des assurés de plus de 60 ans. Ces affections coûtent pour l’ensemble des patients en moyenne 90 milliards d’euros à l’assurance maladie, soit près du tiers de la dépense courante de santé en France. Autrement dit, bon an mal an, l’assurance maladie dépense 55 milliards d’euros (60% de 90 milliards) en prise en charge complète pour les retraités. C’est l’équivalent du budget de l’Education Nationale… L’effort de la Nation pour préparer l’avenir et la jeunesse au monde des adultes est aussi coûteux que l’effort de la Nation pour soigner les maladies les plus graves des plus âgés.

En ce sens, l’assurance maladie en France organise un curieux transfert de richesses, sur lequel nous reviendrons, entre les salariés qui utilisent peu le système, et les plus âgés qui en sont les principaux consommateurs. Cette étrangeté est aggravée par le mode de financement de la santé en France: pour quelle raison est-ce le salaire qui est appelé à contribuer à un système qui profite pour l’essentiel à des non-salariés? La fiscalisation des recettes de l’assurance maladie paraîtrait ici tout à fait logique, dans la mesure où elle permettrait de diminuer fortement les charges qui pèsent sur le travail tout en introduisant un important rééquilibrage égalitaire. L’impôt serait en effet payé par tout le monde, et il pèserait donc de façon proportionnelle au revenu autant sur les retraités que sur les actifs. C’est le meilleur moyen de faire payer les retraités les plus aisés pour leur santé.

Ce rééquilibrage est d’autant plus urgent que le coût du vieillissement ne cesse d’augmenter. En 1992, la dépense courante de santé à 70 ans s’élevait à 2.000 euros constants. Elle avait dépassé les 3.500 euros en 2000. Elle était de 5.000 euros en 2013.

Cette tendance à l’explosion des coûts de la santé pour les plus âgés n’est pas prête de s’arrêter. Selon une note du Trésor, les affections de longue durée devraient toucher 20% (soit une augmentation de 30% en dix ans…) de la population d’ici 2025, et donc engendrer un nouveau surcoût pour la collectivité. Cette augmentation est évidemment due au vieillissement constant de la population française puisque, on s’en souvient, 3 affections de longue durée sur 5 concernent des plus de 60 ans.

Face à cette bombe à retardement, le bon sens commande de faire oeuvre d’égalité en soumettant chacun aux contributions qu’il est capable d’apporter au financement du système. Or c’est une banalité que de rappeler les inégalités de patrimoine selon l’âge. En moyenne, les plus de 60 ans disposent d’un patrimoine de plus de 172.000 euros, quand les actifs disposent de 168.000 euros (chiffres de 2004). Les retraités du dernier décile atteignent même le chiffre de 400.000 euros de patrimoine.

Pour quelle raison continuer à faire peser sur les jeunes salariés le prix du vieillissement, quand le patrimoine des plus âgés pourrait être « liquéfié », rendu liquide, pour participer à la prise en charge des soins? Bien entendu, il ne s’agit pas de faire croire que tous les retraités ont un patrimoine, et qu’ils peuvent tous contribuer à leur santé. Personne n’oublie que le premier décile de cette catégorie dispose d’un patrimoine inférieur à cinq mille euros. Pour ceux-là, il faut bien entendu mettre en place un dispositif solidaire qui leur évitera une catastrophe sanitaire.

En revanche, pour ceux qui ont thésaurisé durant toute une vie professionnelle passée en contrat à durée indéterminée, ou dans la fonction publique, à l’abri des risques et des épreuves, quelle logique y a-t-il à ne pas solliciter leur patrimoine à l’heure où les maladies graves arrivent? L’interrogation est particulièrement forte lorsque, tombés dans la dépendance ou atteints d’une affection sans retour, ils ne pourront malheureusement pas retrouver leur logement. Dans ce cas de figure si fréquent, le bon sens consiste à récupérer le coût des soins sur l’actif successoral.

Dans tous les cas, cette question de la répartition de l’effort en faveur de la santé sera au coeur des évolutions de l’assurance maladie dans les prochaines années. La mise en oeuvre de ces réformes inévitables – liquéfaction du patrimoine à partir de 60 ans pour financer le vieillissement, fiscalisation de l’assurance maladie – n’attend plus qu’un feu vert. Plus celui-ci tardera à venir, plus la France maintiendra une politique d’inégalité profonde pour épargner les plus âgés, au détriment de ses forces vives. Et, comme cela est évoqué dans les pages qui précèdent, le principal blocage face à ces mesures est aujourd’hui corporatiste: c’est pour préserver la gouvernance paritaire de la sécurité sociale que le statu quo est maintenu et que les recettes de l’assurance maladie ne sont pas fiscalisées.

Malheureusement pour les jeunes salariés français qui émigrent en masse pour tenter leur chance à l’étranger, notamment dans les pays anglo-saxons, la situation ne paraît pas devoir s’améliorer. L’annonce faite par François Hollande au congrès de la Mutualité de juin 2015 d’une généralisation de la complémentaire santé aux retraités financée par la « solidarité » des actifs devrait accroître le fossé existant.

La question du contrat responsable

Le choix absurde du président de la République d’augmenter encore une fois le circuit financier qui permet d’alimenter les plus âgés au détriment des plus jeunes illustre bien la dangereuse logique populiste et égalitariste qui domine la majorité actuelle et étouffe toute démarche de responsabilité.  Depuis son accession au pouvoir en effet, la majorité socialiste a systématiquement déconstruit la part de responsabilisation qui pouvait exister dans le système de santé, au profit d’une idéologie rigide proche de l’esprit « collectiviste » dont personne ne voulait avant 1945. Cette tendance s’est très bien exprimée dans le débat sur les contrats responsables en santé.

La notion de contrat responsable est relativement hermétique pour le grand public, et c’est dommage car elle est au coeur des débats sur l’assurance maladie. Elle constitue l’étape la plus récente d’une réflexion enclenchée en 1945 sur le nécessaire reste à charge des assurés sociaux lorsqu’ils consomment des soins.

Quand la sécurité sociale s’est mise en place en 1945, elle remboursait une faible part des dépenses de soins: environ 50%. C’est surtout entre 1960 et 1980 que le taux de remboursement par la sécurité sociale a progressé. L’indication est intéressante car elle montre que, durant ses quinze premières années, la sécurité sociale a vécu avec l’idée que les assurés devaient participer au financement de leur propre santé, même si l’intervention de la sécurité sociale les soulageait d’une grande partie de la dépense. Ce principe participait de l’ambition « éducative » du système: l’assuré devait comprendre que les soins n’étaient pas gratuits pour ne pas en abuser pour un oui ou pour un non.

Idéologiquement, l’idée d’une gratuité des soins, ou d’une tendance à la gratuité, est récente dans notre conception de la mutualisation. Elle a culminé en 1980, année où la sécurité sociale a pris en charge 80% de la consommation française de soins. L’inconvénient de ce gonflement des remboursements (encore demandé par de nombreux lobbies étatistes autour de la santé) est évidemment qu’il déresponsabilise le patient: plus la médecine a une apparence de gratuité, plus est sollicitée inutilement et moins son équilibre financier est assuré.

Assez rapidement, un accord tacite a convenu que la part des dépenses de santé prises en charge par la sécurité sociale devait diminuer globalement à un taux proche de 75%, à charge pour les ménages de payer le reste de leur poche (sauf pour les affections de longue durée, nous l’avons vu) ou de s’assurer auprès d’un acteur privé pour couvrir le risque restant. Ce taux pivot de 75% est, de fait, considéré comme la limite utile pour une responsabilisation (relative) du patient face à sa santé. On remarque que, de façon constante depuis les années 80, la sécurité sociale assume 75% des remboursements de soins, quels que soient les gouvernements en place. L’extrême stabilité de ce pourcentage contredit l’épouvantail du « désengagement de l’Etat » régulièrement agité par les idéologues de la sécurité sociale étatisée pour combattre toute réforme intelligente du système actuel.

Bref, à partir des années 90 s’est développé un marché d’assurance santé complémentaire, qui a fait les choux gras de la mutualité, et plus partiellement des « assureurs privés » comme disent les documents officiels (comme si la sécurité sociale n’était pas elle aussi un assureur privé). Le mécanisme proposé par ces acteurs traditionnels de la santé, qui tinrent le haut du pavé sanitaire dans les années 30, consiste à rembourser le reste à charge du patient après passage de la sécurité sociale en échange d’une prime d’assurance. Pour une police annuelle d’environ 500 euros, les assurés peuvent ainsi diminuer fortement leur risque de devoir débourser sur leurs deniers une part substantielle de leur dépense de santé si une maladie ordinaire un peu lourde survient.

Avec le durcissement de la crise et la modération salariale qui l’a accompagné, beaucoup d’employeurs ont d’ailleurs décidé de remettre au goût du jour une formule largement pratiquée dans les années 30: la « mutuelle d’entreprise », qui permettait d’adoucir la stagnation des salaires en proposant chaque mois au salarié la prise en charge de son contrat complémentaire santé. Ce petit coup de pouce au pouvoir d’achat a rencontré un véritable succès, surtout dans les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire. Grâce à ce mécanisme, les trois quarts des salariés français disposaient, en 2013, d’une couverture santé complémentaire proposée par leur entreprise ou leur branche professionnelle.

Au début des années 2000, il est devenu évident que les contrats de complémentaire santé rendaient la médecine gratuite et poussaient à la consommation. Le législateur n’a pas manqué de s’en inquiéter, puisque la couverture complémentaire santé enfonçait un coin dans cette technique de réduction du risque qu’est la participation de l’assuré à sa dépense santé. Le 1er janvier 2006, la loi de financement de la sécurité sociale mettait donc en place un nouveau système: les contrats de complémentaire santé bénéficiaient d’une exonération fiscale sur les primes s’ils prévoyaient des mécanismes de remboursement dits « responsables », c’est-à-dire incluant des mécanismes de franchise dans le remboursement des consultations. L’objectif était de favoriser des contrats complémentaires imposant un reste à charge, même minime, aux assurés.

Assez rapidement, il est vrai, les nécessités imposées par les comptes publics ont permis de réintroduire de la fiscalité là où il n’y en avait plus. L’invention du forfait social, fiscalité spécifique aux contrats responsables, a réduit les avantages qui leur étaient accordés en imposant une taxe à taux réduit par rapport à la CSG et à la CRDS. Puis, en 2014, la fiscalisation des parts patronales a pénalisé les salariés qui bénéficiaient (et c’était la règle générale) d’une participation de l’employeur au financement du contrat collectif. Certains salariés ont ainsi dû acquitter plusieurs centaines d’euros supplémentaires d’impôt sur le revenu à cause de cette décision.

Il n’en restait pas moins que le législateur avait bel et bien prévu une incitation à préserver une part de reste à charge individuelle dans le système de soins français, pour limiter la consommation médicale. Ce dispositif concernait la quasi-totalité des contrats collectifs de complémentaire santé.

La majorité de 2012 et le combat contre la responsabilité

De façon stupéfiante, la nouvelle majorité parlementaire a, dès 2012, souligné les inconvénients du système existant. Selon quelques ténors (et sopranos), les contrats responsables étaient la principale cause des dépassements d’honoraires, des coûts élevés des médicaments et des lunettes. Dans le même temps où elle annonçait sa volonté de limiter les remboursements par les complémentaires santé, la ministre de la Santé ne tardait pas à évoquer la généralisation du tiers payant pour combattre les inégalités d’accès aux soins. Cette cacophonie a notamment débouché sur le décret de novembre 2014 sur les contrats responsables.

Cette réforme, voulue de longue date par certains frondeurs idéologues comme Jean-Marc Germain, proche de Martine Aubry et époux d’Anne Hidalgo, ou Fanélie Carrey-Conte, députée de Paris proche de Benoît Hamon (et accessoirement ancienne administratrice de la mutuelle étudiante LMDE, successeur de la MNEF), repose sur des principes qui feront date dans l’histoire de la liberté du commerce en France. Le décret réserve en effet la dénomination de contrat responsable aux seuls contrats qui limitent les remboursements des dépassements d’honoraires et des lunettes et qui, dans la pratique, fixent un « prix » maximum pour certains bien médicaux. Pour la première fois, un gouvernement a posé comme règle que des restes à charge substantiels devaient peser sur le pouvoir d’achat des ménages, en supprimant tout avantage fiscal aux contrats santé qui les prenaient en charge.

Officiellement, le discours était celui d’un égalitarisme forcené: les dépassements d’honoraires, source de tous les maux sanitaires en France, et de toutes les injustices, existent parce que des organismes complémentaires de santé les solvabilisent. Autrement dit, les médecins pratiquent des tarifs élevés parce que les mutuelles aident les patients à les payer. Limitons l’intervention des mutuelles et les tarifs baisseront. De façon saisissante (et absurde), la majorité soutenait donc qu’elle pouvait favoriser l’égal accès aux soins (ou réduire le renoncement aux soins) en diminuant les remboursements de ces soins…

Dans la pratique, cette mesure défiant le bon sens a surtout frappé les grands malaimés de la sécurité sociale: les classes moyennes, qui sont d’ailleurs les bénéficiaires majoritaires des contrats santé collectifs. Qu’il s’agisse des médecins de ville en dépassement d’honoraires, obligés de diminuer le tarif de leurs consultations, ou des patients qui doivent désormais sortir de leur poche la part des consultations que les organismes complémentaires n’ont plus le droit de rembourser sauf à perdre le petit coup de pouce fiscal qui rend le contrat collectif supportable, la cible de cette politique se situe majoritairement dans les tranches intermédiaires de revenus.

Notons en outre que parmi les spécialités médicales les plus friandes de dépassement d’honoraires, on trouve les gynécologues installés dans les zones urbaines. La réforme des contrats responsables a en priorité frappé les femmes actives qui prennent soin de leur santé. Cette particularité n’est pas un paradoxe banal de la part d’un gouvernement qui a prétendu lutter pour les droits de la femme et qui se fait l’apôtre du Conseil National de la Résistance et de son héritage. Ce sont les contributeurs nets du système, les salariés les plus jeunes (et singulièrement les salariées) qui doivent une fois de plus payer les pots cassés de l’idéologie de la sécurité sociale universelle et obligatoire.

Dans le même temps, la ministre Touraine annonçait une mesure extrêmement populiste à destination des populations disposant des revenus les moins élevés, et donc contributrices les plus faibles du système de santé: la généralisation du tiers payant, entrée en vigueur le 1er juillet 2015. Pour ces assurés-là, plus de frais à avancer, et probablement foin des franchises médicales ou autres restes à charge. La médecine aura une apparence de gratuité.

On voit bien l’inspiration idéologique de ces mesures. Dans l’imaginaire de la majorité présidentielle, les pauvres peinent à accéder aux soins à cause de prix trop élevés, alors que les classes moyennes bénéficient d’avantages indus, néfastes pour l’équilibre du système. Le problème de cette version-là de la réalité est évidemment qu’elle ne repose que sur du vent.

La logique malthusienne et hégémonique de la sécurité sociale

Ainsi, selon les Comptes Nationaux de la Santé 2013, la France occupe une place plutôt satisfaisante pour sa capacité à faciliter l’accès aux soins de ville pour les plus pauvres. Une enquête européenne a montré que seuls 4,8% des personnes appartenant aux plus bas revenus (c’est-à-dire au premier quintile) avaient renoncé à une visite chez le médecin durant les douze mois précédents pour des raisons financières. Ce chiffre atteint 10% en Italie. En revanche, ce renoncement aux soins grimpe à près de 10% pour les soins dentaires.

La vérité des chiffres est cruelle: en réalité, et quoi qu’en dise les idéologues de la gauche de la gauche, la sécurité sociale a réglé, et depuis longtemps, la question de l’accès aux soins en cas de maladie, qu’il s’agisse de maladie ordinaire ou d’affection de longue durée. Si l’exemple de l’Allemagne ou d’autres pays européens montre qu’il est possible de réduire encore le taux de renoncement à un médecin pour des raisons financières, les gains que la France peut espérer sur ce point sont très faibles et concernent une part infinitésimale de la population, concentrée sur le premier décile de revenus. Rien ne garantit d’ailleurs que la généralisation du tiers payant constitue la meilleure voie pour y arriver: depuis plusieurs années, les dispositifs d’aide aux soins se multiplient et répondent mal à cette utilité sociale.

En revanche, la généralisation du tiers payant laisse pendante le sujet beaucoup plus délicat des risques certains, dont la sécurité sociale a voulu se mêler avec beaucoup d’inefficacité et en pénalisant fortement les Français. Au premier rang de ces domaines, les soins dentaires et les soins optiques font figure d’emblème pour tout ce que la sécurité sociale française fait mal mais dont elle ne veut pas se départir.

L’optique tient une place particulière dans ce périmètre du risque certain. A partir de 45 ans, en effet, il est certain que la vue baisse et que le quidam développe une presbytie s’il ne l’a pas développée avant. Le soin optique est donc de nature différente du soin médical classique contre lequel la sécurité sociale prémunit. La grippe, le cancer, la crise cardiaque ne sont jamais certains. Contre ces maladies ou affections, un système de couverture contre le risque maladie a toute sa place. Il permet de faire face à l’aléa de la maladie. En revanche, pour la presbytie, l’intervention de l’assurance maladie n’a pas de sens, puisque le patient peut anticiper avec plus ou moins de certitude la baisse de sa vision.

Sur ce cas précis, il est donc absurde de déresponsabiliser le patient en prétendant rembourser les prestations médicales dont il a besoin sous le couvert d’un système de couverture contre le risque maladie. Comme la sécurité sociale ne peut d’ailleurs pas faire face à ces dépenses importantes et étrangères à son champ d’action, elle impose des tarifs ridicules: les montures sont remboursées à moins de vingt euros, et les verres pour une somme souvent inférieure. Il est encore plus absurde, au nom de l’accès universel aux soins, de limiter, dans le domaine de l’optique, le remboursement assuré par les organismes complémentaires. Là où les Français ont le plus besoin d’un « coup de main » pour acquérir les biens dont ils ont besoin (dans aucun pays industrialisé, des montures de lunettes ne coûtent moins de 20 euros), c’est là que l’Etat pose les mesures les plus restrictives, en agitant le moulinet de la solidarité comme une caution pour dissimuler une injustice flagrante: celle qui consiste à interdire à l’assuré de cotiser personnellement pour accéder aux soins que la sécurité sociale n’a pas vocation à couvrir.

Les mêmes remarques peuvent être portées sur les soins dentaires. Il est à peu près certain que la dentition est appelée à devenir disparate avec l’âge et que, pour des raisons esthétiques, chacun devrait se sentir responsable d’une réponse intelligente et prévoyante à cette dégradation. Sur ce poste de soins, les remboursements de la sécurité sociale sont extrêmement faibles, et une bonne part des dentistes pratique le dépassement d’honoraires. Il faut que la sécurité sociale laisse agir le « marché » et permette au patient de se responsabiliser en cotisant lui-même pour sa propre santé.

Mais l’expérience montre que la sécurité sociale n’aime pas la responsabilité du patient. Elle pourrait renoncer à rembourser les soins dentaires et optiques (parce que ce sont des risques certains), et laisser les organismes complémentaires en faire leur affaire. Mais l’assurance maladie préfère contrôler l’ensemble des segments sanitaires et étouffer au maximum la part de liberté des acteurs en réglementant à outrance.

La conséquence de ce choix, qui ne s’explique que par une vision hégémonique de la sécurité sociale sur la santé, est douloureuse pour les assurés. Peu à peu, se met en place une sorte de malthusianisme sanitaire, où la sécurité sociale considère que certains soins sont trop coûteux pour être assurés, dans tous les sens du terme. Non seulement la sécurité sociale ne les rembourse pas, mais elle prétend qu’il serait inégalitaire de mettre en place des mécanismes assurantiels pour permettre leur remboursement. Insidieusement, il est donc proposé de n’offrir ses soins qu’à ceux qui ont les moyens de les payer cash, et d’interdire aux autres de recourir à des dispositifs de mutualisation privée pour y parvenir. Ce renoncement s’opère, comme d’habitude, au nom de l’égalité.

Dans la pratique, il permet de mesurer l’aversion de la sécurité sociale à la responsabilité individuelle.

L’étatisation à tout prix de la santé

Si les Français ignorent souvent que plus du tiers de la dépense médicale en France est consacré aux maladies graves (les affections de longue durée dont nous avons parlé), dont 60% sont concentrés sur les plus de 60 ans (qui représentent moins du quart de la population), ils ignorent tout autant que plus du tiers de la dépense médicale en France est due aux hôpitaux. Et les Français ignorent encore plus souvent que la moitié de cette dépense hospitalière en France est faite de salaires payés aux personnels des hôpitaux publics, soit près de 45 milliards d’euros. Les esprits pervers feront d’ailleurs remarquer que cette dépense est équivalente au service annuel de la dette…

Pour quelle raison les agents hospitaliers, les aides soignants, les infirmiers, les médecins des hôpitaux sont-ils des fonctionnaires au même titre que les policiers, les juges, les diplomates? Le service qu’ils rendent est-il aussi « régalien » que les missions d’ordre public?

Certains répondront que cette bizarrerie française se justifie par le poids de l’Histoire et qu’il serait bien téméraire de vouloir y toucher. On nous permettra d’en douter: la fonction publique hospitalière fut créée en 1986, quelques semaines avant les élections législatives qui donnèrent lieu à la première cohabitation de la Vè République. Incontestablement, la fonctionnarisation des personnels hospitaliers ne fut pas complètement innocente, à défaut de permettre une victoire de la majorité parlementaire issue des urnes de 1981. Elle aurait toutefois pu être évitée, si l’Etat avait à l’époque tiré les conclusions logiques des risques auxquels il exposait la Nation en l’engageant sur la pente glissante d’un fonctionnement fondé sur l’endettement permanent.

Mais l’Etat, en 1986, persévérait dans la logique de nationalisation de la santé entamée en 1945. Avec la création d’une fonction publique hospitalière, il franchissait une nouvelle étape qui lui permettait de reprendre à son compte la fonction longtemps dévolue à l’Eglise de « producteur de soins ». Le statut des personnels hospitaliers permettait enfin de contrebalancer puissamment les légions de médecins de ville qui font la dépense sans obéir directement à l’Etat. Avec près d’un million de salariés, tout à coup, le ministère de la Santé devenait aussi puissant que l’Armée Rouge ou l’Education Nationale.

Le placement sous statut public de ces personnels a constitué, pour la sécurité sociale, une catastrophe majeure. En tant que principal financeur de l’hôpital public (elle rembourse 50 milliards de soins chaque année aux hôpitaux publics), l’assurance maladie subit en effet le choc constant des énormes machines bureaucratiques créées par l’Etat, avec sa cascade de centres hospitaliers universitaires, de centres hospitaliers régionaux, de centres hospitaliers, de maternité à plusieurs niveaux, que plus personne ne parvient véritablement à contrôler.

Dans la liste des chocs subis, figurent en tout premier lieu les « 35 heures » dont le coût financier et social est considérable pour l’hôpital. Sur ce point, on notera avec malice les propos du rapport de la Cour des Comptes de septembre 2014:

« Depuis le passage des établissements publics de santé aux 35 heures hebdomadaires, les personnels peuvent épargner sur un compte épargne temps (CET) les journées de réduction du temps de travail non prises pendant l’année. Il n’existe pas de données consolidées sur le nombre de jours dont sont crédités les CET dans l’ensemble des établissements publics de santé, mais il est vraisemblable que les jours cumulés dépassent sensiblement les 3,6 millions de jours constatés en 2007, qui avaient alors donné lieu à un plan exceptionnel d’apurement partiel pour un montant de près de 400 M€. »

Les jours de repos compensateur cumulés dans les hôpitaux publics depuis 2007 équivalent donc à 15.000 postes annuels environ. Ce chiffre permet à lui seul de mesurer la folie que constitue la fonctionnarisation des personnels hospitaliers en 1986: ce choix a inauguré une longue série de dérapages dont l’assuré et le patient sont les principales victimes. La récente grève des personnels dans les hôpitaux de Paris l’a rappelé.

La mention du problème des 35 heures dans les hôpitaux n’est qu’un sujet parmi tant d’autres. Nous aurions tout autant pu parler des rigidités que le statut produit lorsqu’il s’agit de réorganiser la carte hospitalière. Au nom très populiste d’une égalité de traitement sur tout le territoire, le ministère de la Santé maintient en effet un peu partout des hôpitaux minuscules où il est bon de ne pas être malade, tant la qualité de soins y est déplorable. Chaque timide annonce de fermeture produit chaque fois des réactions locales en série où les personnels utilisent toutes les possibilités statutaires pour retarder les décisions ministérielles, avec leurs cortèges de pétitions adressées aux députés et sénateurs du coin, de marches plus ou moins silencieuses dans les rues, de campagne locale de presse dénonçant les décisions aveugles prises à Paris pour nuire au bon peuple de nos provinces, et en oubliant systématiquement de rappeler que si les patients devaient payer le juste prix de leur santé, ils n’auraient plus les moyens d’habiter aussi loin des grandes villes.

C’est par exemple le cas de la maternité d’Orthez, village situé à 30 minutes de Pau, où une patiente est morte en septembre 2014 après un problème d’anesthésie. L’accident mortel qui s’est produit a permis de clore un débat ouvert plusieurs mois auparavant. Il était évident que cette maternité devait être fermée depuis longtemps parce qu’elle était dangereuse, mais le personnel s’était depuis plusieurs mois mobilisé avec succès pour empêcher cette décision d’entrer dans les faits. Il a fallu attendre la mort d’une maman sous l’aiguille d’une anesthésiste dont la dépendance à l’alcool était bien connue, pour mettre en oeuvre une décision de santé publique: jusque-là, personne n’avait eu le courage d’expliquer aux patientes les risques qu’elles couraient en accouchant dans « leur » maternité.

Le bon sens voudrait que l’Etat tirât les conséquences de cette complexité incontrôlable en endiguant une bonne fois pour toutes son goût pour l’extension permanente. L’étatisation de la santé pose aujourd’hui des problèmes de structures qui pénalisent la qualité des soins et nuisent à l’intérêt du patient. La bureaucratisation de l’hôpital, en particulier, due à la constitution d’immenses structures protéiformes, met en danger la performance du système sanitaire tout entier. L’urgence est de déconcentrer les pouvoirs dans des structures spécialisées mais de taille « gérable », concentrées dans des zones urbaines où la fréquence des soins garantit une bonne préparation des personnels aux situations les plus délicates.

Comment l’Etat satellise la sécurité sociale

Mais l’Etat n’aime pas le bon sens et préfère s’enferrer dans une logique de gigantisme où les circuits de décision sont de plus en plus complexes, de plus en plus longs et de plus en plus déresponsabilisants. La loi santé de Marisol Touraine, actuellement débattue au Parlement, en donne la meilleure preuve.

L’article 1 de la loi pose un principe simple:

«  La politique de santé relève de la responsabilité de l’État. »

Après des décennies d’étatisation, plus aucun Français n’est choqué par ce postulat. Pourtant, entre l’affirmation de 1945 selon laquelle la Nation prenait en charge la protection de la santé et l’affirmation contemporaine selon laquelle l’Etat se substitue de fait à la Nation, la nuance mérite d’être mise en exergue. Nous vivons aujourd’hui une ère de transition où la Nation disparaît au profit de l’Etat, où l’esprit est peu à peu remplacé par un système.

On notera également que, un peu plus loin, le même article 1 de la loi modifié l’article L 1411-2 du Code de Santé Publique, en affirmant:

«  Les organismes gestionnaires des régimes d’assurance maladie concourent à la mise en œuvre de la politique de santé et des plans et programmes de santé qui en résultent, dans le cadre de leurs compétences et dans le respect des conventions les liant à l’État.

Ils poursuivent les objectifs, définis par l’État et déclinés par les agences régionales de santé, visant à garantir la continuité, la coordination et la qualité des soins offerts aux assurés, ainsi qu’une répartition territoriale homogène de l’offre de services de prévention et de soins. »

Et voici par quel tour de passe-passe l’édifice de 1945 est devenu officiellement, légalement, un bras armé de l’Etat. Là où le Conseil National de la Résistance avait prétendu rendre l’assuré propriétaire de « sa » sécurité sociale, Marisol Touraine enterre définitivement tous les vieux fantasmes et grave dans le marbre le principe de la satellisation de l’assurance maladie par l’Etat.

L’article 26 de la loi Touraine parachève cet édifice en affirmant:

«  Le service public hospitalier exerce l’ensemble des missions dévolues aux établissements de santé par le chapitre Ier du présent titre ainsi que l’aide médicale urgente, dans le respect des principes d’égalité d’accès et de prise en charge, de continuité, d’adaptation et de neutralité et conformément aux obligations définies à l’article L. 6112-2. »

Ainsi, la loi ne se contente-t-elle plus d’intégrer les salariés des hôpitaux dans la fonction publique, elle décrète aujourd’hui que l’hôpital est un service public, quel que soit son statut, public ou privé. De quel droit, sur le fondement de quel consensus national le gouvernement peut-il décider que l’activité hospitalière fait partie du service public? A un moment, en tout cas, où le Premier Ministre a servi une soupe sur l’administration du XXIè siècle, sur le retour à l’équilibre des comptes publics, et autres fadaises qui alimentent les colonnes complaisantes de la presse spécialisée, il est tout à fait stupéfiant de découvrir que, sans coup férir, l’Etat décide d’accroître le champ du service public à l’hôpital. Cette modification brutale de l’équilibre (chancelant, il est vrai) de 1945, laisse perplexe.

Le fait que la moitié des hôpitaux publics soit déficitaire en 2013, et que, depuis 10 ans, les résultats d’exploitation des hôpitaux publics soient de façon quasi ininterrompue déficitaires devrait pourtant soulever quelques objections…

Etatisation et déresponsabilisation

Incontestablement, l’édifice de 1945 vit aujourd’hui une profonde crise de sens. Fondé sur des idéaux « citoyens »: responsabilisation de l’assuré, démocratie interne, couverture des risques maladies, il est aujourd’hui rongé par plusieurs maux qui en modifient radicalement la physionomie.

Le premier de ces maux s’appelle l’étatisation autoritaire. Alors que l’Etat en France est surendetté, le gouvernement poursuit une oeuvre d’appropriation qui dénature la conception de la santé telle qu’elle existe depuis des siècles en France. D’une part, l’Etat transforme la médecine de ville en un secteur réglementé où il fixe autoritairement les tarifs et où il détermine de façon de plus en plus étroite l’activité des acteurs privés. D’autre part, l’Etat nationalise de fait le secteur hospitalier tout en connaissant pertinemment son incapacité à piloter efficacement le monstrueux ensemble qu’il cherche à créer.

Pour faire « avaler » ces forfaitures, l’Etat dissémine un deuxième mal dans le système sanitaire français et dans l’assurance maladie: le populisme. Pour faire admettre les coups de force auxquels il se livre, l’Etat promet la gratuité des soins aux assurés, notamment à travers la généralisation du tiers payant. N’ayez pas peur, Françaises et Français, laissez faire l’Etat et vous serez rasé gratis. Tôt ou tard, lorsque le désordre régnant dans un grand nombre d’hôpitaux (notamment du fait des 35 heures) aura fait son oeuvre, et lorsque l’Etat ne pourra plus le gérer par un recours systématique à la dette (notamment sous la pression de l’Allemagne), le réveil pour les Français n’en sera que plus douloureux. L’Etat montrera alors son vrai visage: celui d’un prestataire de services monopolistique très peu attentif à la satisfaction de ses clients appelés contribuables.

L’ensemble de cette machine infernale repose sur un principe simple, qui est le troisième mal de la santé en France: la déresponsabilisation des citoyens. Qu’importe si l’Etat met l’ensemble du système sanitaire en risque, tant que la médecine reste peu chère et permet à chacun de profiter sans compter.

Il suffit d’interroger des praticiens hospitaliers pour mesurer l’ampleur des dégâts.

Ici, c’est un couple d’enseignants qui réalise son rêve: habiter une maison reculée, au fond d’une campagne à plus de deux heures de la métropole régionale où se trouve le centre hospitalier universitaire. Un enfant naît dans cet océan de bonheur, avec un handicap neurologique qui l’oblige à une consultation hebdomadaire dans cette métropole. Il est évidemment normal que la collectivité endosse chaque semaine les trajets en taxi pour l’enfant: l’addition s’élève à plusieurs centaines d’euros pour chaque voyage, qu’il est hors de question de mutualité avec d’autres familles. La sécurité sociale n’a qu’à payer!

Là, c’est une famille de Bourges qui se rend chaque mois en consultation à Clermont-Ferrand en véhicule léger payé par la sécurité sociale pour un coût de quatre cents euros par trajet qu’il est bien entendu là encore inenvisageable de mutualité avec d’autres patients. La sécurité sociale n’a qu’à payer.

Car, pour beaucoup de Français, étatisation signifie déresponsabilisation: c’est l’Etat qui paie, c’est-à-dire personne, ou alors une étrange machine à dette que l’on ne rembourse jamais. Jusqu’au jour où la machine s’arrêtera et où nous devrons revenir à la vérité des prix.

(Replay 17 aout 2015 )

http://alliancedesprofessionsdesante.fr/letatisation-de-la-sante-a-tous-prix/

 

Source  Jusqu’ici, tout va bien…

LE BLOG D’ERIC VERHAEGHE

 

 

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Le plus grand radicalisme n’est pas là où l’on croit

Ainsi donc, l’État français fait mine d’avoir pris la mesure du danger qui menace la République, bien avant le chômage ou un système bancaire sous perfusion : il s’agirait de la radicalisation de certains esprits faibles, à laquelle il faudrait répondre par des stages de déradicalisation dont la proximité méthodologique avec des colonies de vacances est probablement fortuite.

Youpi, donc.

On peut déjà se réjouir de l’inévitable succès des mesures entreprises. Malheureusement, on reste en droit de douter que nos politiciens soient les mieux placés pour parler de déradicalisation. En fait, avec un peu d’analyse, on se rend compte que nos maîtres en déradicalisation sont, de loin, les premiers à pratiquer le radicalisme à outrance, et que dans un tour de force rhétorique assez remarquable, ils sont même parvenus à le faire passer pour du consensus social assez pépère.

Et je n’exagère même pas.

Radicalisme de la santé collectiviste

Regardez le discours de nos politiciens lorsqu’ils évoquent, tous, les uns après les autres, l’assurance santé et la façon dont elle fonctionne en France. Tous semblent ardemment d’accord pour faire perdurer un système qui, chaque jour qui passe, pousse les plus démunis à se passer de soins, à reporter aux calendes grecques la moindre intervention sur leurs dents ou leurs yeux tant les remboursements pratiqués sont misérables.

Pourtant, le discours politique sur la Sécurité sociale ne fait pas dans la dentelle : il est bien sûr totalement impensable d’envisager une concurrence dans ce domaine. De la droite la plus extrême à la gauche la plus extrême, en passant par le centre là encore extrême, aucune concurrence n’est envisageable. La Sécu française que le monde nous envierait mais se garde bien de copier restera figée sur ses principes collectivistes, un point c’est tout. Les rares politiciens à évoquer le souci ne le font que par l’angle le moins polémique, celui du RSI, le système de « couverture » sociale (on devrait plutôt parler de mouchoir dans ce cas) pour les indépendants. Honte absolue du système social français, ses dysfonctionnements sont si criants, si extrêmes que la classe politique est obligée de reconnaître sa nullité. Mais à cette exception près, le radicalisme politique prévaut : il n’est de bon système social qu’un système collectiviste, massivement administré et bureaucratique, qui ponctionne sans relâche pour rembourser des clopinettes.

la secu te taxe

Radicalisme de la retraite par répartition

Radicalisme encore, lorsqu’il s’agit d’évoquer les retraites qui ne doivent être absolument que par répartition, ne laissant aucune place à l’argument de la capitalisation, pourtant en vigueur dans tant d’autres pays (avec succès, y compris et même si cela pourrait paraître contre-intuitif, pendant les crises). Radicalisme toujours lorsqu’on se rappelle que cette répartition, qui aboutit tous les ans à des pensions misérables pour des générations qui ont pourtant lourdement cotisé (artisans, commerçants et surtout leurs conjoints), est truffée d’inégalités. Passons rapidement sur les avantages des fonctionnaires auxquels la capitalisation est, elle, permise alors qu’elle est impossible aux autres catégories de cotisants.

Radicalisme de l’impôt

impots : ce n'est pas du vol si on vous demande de remplir des papiers.Non seulement, l’impôt est considéré comme normal mais en plus est-il sans arrêt paré de vertus qu’il n’a jamais eues : non, l’impôt n’a jamais permis de rendre moins pauvres les pauvres. Et qui peut, sans être un extrémiste de l’égalitarisme, se réjouir que cet impôt a déjà rendu pauvres nombre de ceux qui étaient devenus riches ? Du reste, où est la progressivité et l’égalité de traitement lorsque plus de la moitié des ménages y échappe, et qu’en conséquence, moins de la moitié des Français paie pour tout le monde ?

On peut aussi évoquer l’ISF, qui ne rapporte à peu près rien et ne sert essentiellement qu’à stigmatiser une frange de population, celle qu’on aurait au contraire tout intérêt à choyer pour la faire rester, investir et consommer en France ; parlez de supprimer cet impôt et immédiatement, l’extrémisme de tant de politiciens se dévoile sans la moindre retenue. De la même façon, on retrouve exactement le même radicalisme fiscal avec l’impôt sur la mort qui consiste à faire cracher au bassinet des héritiers sur des sommes qui ont déjà, toutes, été largement grevées d’impôts et de ponctions fiscales. Là encore, évoquez sa suppression (pour s’aligner avec la grande majorité des pays européens, par exemple), et vous découvrirez nombre de dangereux extrémistes dans les rangs politiques.

Radicalisme de la culture d’État

Qu’y a-t-il de modéré dans les propos de nos politiciens lorsqu’ils évoquent la culture et les milliards de fonds publics qui y sont déversés, tous les ans, avec le résultat pourtant calamiteux qu’on observe ? Comment ne pas voir le radicalisme à l’œuvre lorsque l’impôt de tous finance des programmes télé ou radio, des films ou des séries, qui choquent les convictions religieuses, politiques ou sociales d’une part croissante de ceux qui paient pourtant pour ces productions qui ne rencontrent, de surcroît, aucun succès (ni chez nous, ni à l’étranger) ? Où est la retenue, la raison, le consensus lorsqu’on apprend qu’une chaîne publique va financer une fiction sur le Front National en pleine période électorale, par exemple ?

La culture officielle, d’État, subventionnée et adoubée par le pouvoir, ce n’est pas radical, ça ? C’est du consensus, de la concorde nationale, du raisonnable alors que le chômage n’a jamais été aussi haut et que l’argent consacré aux cacas thermomoulés ou télévisuels serait certainement mieux employé dans d’autres ministères, régaliens notamment ?

mini najat

La Jeunesse Nationale d’État (ayant même son ministère de la jeunesse et des sports), l’Éducation Officielle Nationale, d’État là encore, avec ses programmes officiels, son idéologie même pas cachée, ses méthodes qui ont largement prouvé leur efficacité pour produire des illettrés, des analphabètes et des semi-débiles, c’est encore du bon gros consensus mou, ça ne s’apparente pas du tout à du radicalisme républicain qui s’insère partout où il peut, dans l’école, la famille, les relations interpersonnelles, peut-être ? Cette lutte acharnée contre les écoles privées hors contrat, contre l’école à domicile et donc hors du giron de l’État, ce n’est pas du radicalisme, bien sûr. C’est normal. C’est raisonnable. C’est souhaitable. C’est du vivrensemble à gros bouillons tendres.

Radicalisme de l’atmosphère

Et puis surtout, par dessus tout, comment ne pas sentir cette atmosphère si consensuelle, si ouverte au débat, si franche et si sincère qui s’est lentement installée en France ? Il n’y a pas de radicalisme en France, voyons, puisque la liberté d’expression est sévèrement encadrée, que chaque petite phrase, si elle est émise par un adversaire du Camp du Bien, sera disséquée et interprétée comme une attaque aux Valeurs RrRépublicaines et de Vivrensemble dont personne ne connaît finalement ni la liste, ni la définition précise, et sera ensuite brocardée sur toutes les ondes, dans tous les éditos fleuris que la presse, radicalement subventionnée, pourra offrir.

Il n’y a évidemment aucun extrémisme dans ces lois mémorielles qui musellent tout débat historique en décrétant une histoire officielle, chose que n’ont pas renié les pires dictatures de l’Histoire (et on ne se demandera pas pourquoi, ce serait faire preuve de radicalisme).

Il n’y a bien sûr aucun radicalisme dans l’auto-censure qui règne partout, dans les journaux, sur les plateaux télé, pour éviter d’évoquer l’insécurité, l’immigration, la religion, pour ne parler de l’environnement qu’en termes catastrophistes, du climat qu’en termes de réchauffement forcément humain, d’économie qu’en constat de dérives forcément capitalistes.

Tout ceci n’est ni extrême, ni radical, voyons. C’est normal, consensuel, démocratique et accepté par tous avec un petit rot de contentement à la fin du repas.

Source : http://h16free.com

 

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