« On veut faire mourir la médecine libérale ». C’est le sentiment que partage de nombreux médecins libéraux dans notre département et au-delà. Mobilisés depuis plusieurs mois contre le projet de loi de santé de la Ministre Marisol Touraine, ils entameront mercredi 3 et jeudi 4 juin un nouveau mouvement de grève en fermant leurs cabinets.

Au moins 50 % de grévistes attendus

Ces actions regroupées sous la bannière des « Ainsoumis » se placent en dehors des revendications syndicales et ne veulent pas non plus apparaître « comme un mouvement corporatiste » dixit un médecin établi en Dombes. Dès demain, près de 50 % des médecins libéraux généralistes devraient être en grève. Ils entendent ainsi maintenir la pression sur le gouvernement alors que la loi en question doit encore passer devant le Sénat avant de revenir à l’Assemblée Nationale en deuxième lecture en fin d’année.

La fin du secret médical ?

Au cœur des préoccupations des médecins figure notamment la volonté de créer une base patient. Ce qui selon eux, remettrait en cause le secret médical. L’article 47 prévoit en effet de « créer les conditions d’accès ouvert aux données de santé. » Cette mise à disposition se ferait donc par la création d’un « Système national des données de santé ». Si celui-ci sera bien évidemment encadré et soumis à des règles de confidentialités strictes, il n’en demeure pas moins que l’inquiétude des médecins est palpable quant à cette évolution. Un sentiment également renforcé par l’alinéa L. 1461-3-II qui rendrait possible la mise à disposition des données pour le compte d’entreprises et d’organismes à but lucratif. Leur crainte est donc que ces données sont vendues à des laboratoires de recherche public ou privé ou à terme, à des assureurs.

Les patients sensibilisés

Au sein des cabinets, les médecins usent de beaucoup de pédagogie pour faire passer leur message. « Plus de 70 % comprennent notre position et sont derrière nous. Ils réalisent les changements ultérieurs. » témoigne un généraliste. Des pétitions sont régulièrement signées pour maintenir la pression et la communication s’étend également sur internet. Une page Facebook intitulée « le Printemps des insoumis » rappelle ainsi leur message et met en exergue quelques initiatives locales.

De quoi décourager l’installation

En 2014 seuls 37 % des nouveaux inscrits à l’Ordre on fait le choix de s’installer en libéral. Une décision qui s’explique par la prise de risque inhérente à celle-ci. Un chiffre qui, si l’on en croit certains médecins, pourrait encore baisser dans les prochaines années. « Vous avez tellement de contraintes administratives ou autres qu’à part avoir une motivation extrême pour s’installer, les gens se tournent vers le salariat ou le remplacement… »

Kévin Michaud

NO COMMENTS

Leave a Reply