Stress, pressions et agressions, première étape de la maltraitance subie par les...

Stress, pressions et agressions, première étape de la maltraitance subie par les IDEL(s).

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Stress, pressions et agressions, première étape de la maltraitance subie par les IDEL(s).

Si la profession d’infirmière et d’infirmier libéral reste une passion ou une vocation pour certain(e)s, elle implique aussi de supporter de multiples agressions de toute nature et en provenance de toute la société. Avant de s’interroger sur la maltraitance subie par les IDEL(s), revenons sur ces sources de stress.

Les IDEL(s), des libéraux soumis à toutes les pressions et agressions

Par définition, les infirmières et infirmiers libéraux connaissent les mêmes doutes et interrogations que toutes les autres professions libérales. Les tracasseries administratives viennent s’ajouter au tumulte et au stress du quotidien. La gestion économique, l’attention aux questions fiscales ou encore la grande vigilance portée aux nouvelles normes réglementaires compliquent un peu plus chaque jour l’exercice infirmier.

A toutes ces pressions du quotidien, vécues comme de véritables agressions par tous les indépendants, les IDEL(s) doivent en outre faire face aux relations avec les CPAM et les mutuelles. Le suivi des transmissions et des remboursements se rajoutent à une liste (déjà très longue) de contraintes administratives et de gestion.

Faut-il enfin rappeler la menace de contrôle et de sanction, pesant sur chaque infirmière ou infirmier libéral ? Les dernières déclarations des autorités de la santé attestent que les IDEL(s) sont, comme l’avait demandé le rapport de la Cour des Comptes, dans le collimateur des responsables de la politique de santé en France.

Prises une à une, ces contraintes peuvent apparaître, aux yeux de tout un chacun, comme compréhensibles, mais à force de les alourdir et de les multiplier, elles en deviennent une véritable agression, face à laquelle les IDELS peuvent se sentir bien seul(e)s.

Les IDEL(s), des professionnels de santé avant tout

Mais contrairement à la majorité des indépendants, les IDEL(s) ont en charge le bien le plus précieux : la santé de leurs patients. A ces tracasseries de tout ordre viennent donc s’ajouter le stress ou le malaise du soignant. Infirmière ou infirmier libéral reste certes une profession mais relève aussi et encore de la vocation voire même du service d’intérêt général.

On ne se concentre pas sur sa patientèle comme on s’occupe de sa clientèle.

La différence de désignation prend alors tout son sens, et c’est aussi pour soulager et soigner leurs patients, que les infirmières et infirmiers libéraux peuvent se retrouver confrontés à des situations difficiles. Nombreux sont les témoignages d’IDEL(s), attestant de la difficulté à exercer cette profession en tant qu’indépendant.

Ces difficultés peuvent même, dans certaines situations, être à l’origine de troubles plus sévères mais aussi résulter d’une forme de maltraitance vis-à-vis des soignants. Souvent ignorée au profit de la maltraitance des patients eux-mêmes, comme si l’une pouvait ou devait occulter la seconde, la souffrance des IDEL(s) peut prendre de multiples formes et impliquer d’innombrables conséquences.

Les IDEL(s) face au vieillissement de la population et à la complexification des pathologies

Difficulté de ce statut d’indépendant donc, difficulté de la nature de cette profession elle-même d’autre part, ….les infirmières et infirmiers libéraux doivent enfin faire face à une complexification des soins et des protocoles.

La politique de santé a mis en avant, depuis de nombreuses années déjà, les grands principes devant présider à l’organisation des soins en France. Malgré les querelles et les tensions, force est de constater qu’une place de plus en plus importante est dévolue aux infirmières et infirmiers libéraux.

En se déclarant favorable au maintien à domicile le plus longtemps possible pour les personnes âgées, les autorités sanitaires sont conscientes, que l’intervention des IDEL(s) au domicile de ces patients reste une condition sine qua non de cet axe de développement. Pour faire face à un manque de moyens de l’hôpital public, les efforts sont donc demandés aux professionnels de santé, pouvant visiter à domicile les personnes atteintes de pathologies de plus en plus complexes et de plus en plus souvent combinées.

Dans le même temps, les efforts affichés pour renforcer l’importance de l’hospitalisation de courte durée, avec les services ambulatoire, demeure une autre source de suractivité pour les IDEL(s), appelés à effectuer les soins, réservés jusque-là aux services hospitaliers.

En se reposant de la sorte sur les infirmières et les infirmiers libéraux, l’administration de la Santé a placé ces derniers face à de nouvelles tensions et difficultés. Il s’agit pour cette profession de répondre à l’ambition d’une société (moins d’hospitalisation, maintien des patients à domicile, …).

On comprend aisément, que cette situation peut, pour ces professionnels libéraux, être à l’origine d’une « maltraitance ordinaire ». Nous évoquerons, dans un prochain billet, les formes concrètes de cette maltraitance, pouvant émaner des patients eux-mêmes, des familles de ces derniers mais aussi des autres professionnels de santé concernés.

Infirmières et infirmiers libéraux, l’accumulation de stress et de tensions n’est-elle pas nuisible à l’exercice de votre profession ? Estimez-vous que l’on fait reposer trop de responsabilités sur votre profession ? Comment prévoyez-vous l’évolution de cette situation dans les années et les décennies à venir ?

Source : Albus.fr

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