SOS RSI

SOS RSI

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Fabien Clairefond pour Les Echos

SOS RSI.
Par Jean-francis Pecresse

Acharnement thérapeutique : c’est ainsi qu’il faut bien qualifier la énième tentative de sauvetage du RSI, le Régime social des indépendants, annoncée hier par Matignon.

Avancée par un rapport parlementaire remis dans l’après-midi au Premier ministre, la perspective d’un taux de cotisation unique s’appliquant à tous les risques couverts par le RSI (maladie, retraite, invalidité…) ne sera jamais qu’un palliatif aux défauts existentiels de ce régime créé en 2006 pour unifier les régimes spéciaux de 3 millions d’artisans, commerçants et professionnels libéraux.

Ce serait certes une simplification bienvenue mais, alors que des milliers d’indépendants manifestaient ce lundi leur exaspération à Paris, l’urgence est de rétablir la confiance dans un organisme qui manque à ses devoirs essentiels : la fiabilité, l’efficacité et la transparence. En dépit de quelques améliorations récentes, comme l’internalisation de l’accueil téléphonique, le RSI demeure un cauchemar pour les indépendants.

Interlocuteurs souvent incapables de répondre aux questions (non sans avoir attendu de longues minutes), dossiers égarés, appels de cotisations erronés, pensions de retraite liquidées avec des mois de retard : le fonctionnement de ce régime fait honte à l’administration de ce pays.

Les dysfonctionnements du RSI sont si graves et récurrents qu’ils finissent par dissuader des travailleurs indépendants de le rester. Pour leur éviter d’en arriver à cette extrémité et leur permettre d’échapper à cet enfer sous monopole, le député Bruno Le Maire suggère de leur ouvrir la possibilité de rejoindre le régime général des salariés.

Il devrait être écouté. Mais au-delà, c’est la question même du maintien d’un régime spécial des indépendants, incapable de s’équilibrer financièrement en raison de sa démographie – sauf à prélever des cotisations exorbitantes pour des prestations misérables – qui est posée au gouvernement.

Par Jean-francis Pecresse

Source : lesechos.fr

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