Pourquoi l’assurance maladie allemande se porte mieux que notre Sécu

Pourquoi l’assurance maladie allemande se porte mieux que notre Sécu

DÉCRYPTAGES
Mis à jour le 15/09/2015 à 21:20

La Sécu a réalisé 105 milliards de déficit entre 2000 et 2014. Crédits photo : FRED DUFOUR/AFP

LE SCAN ÉCO – Dans son rapport sur la sécurité sociale, publié ce mardi, la Cour des comptes compare les systèmes d’assurance maladie allemand et français.

Entre 2000 et 2014, l’assurance-maladie allemande a dégagé 12 milliards d’euros d’excédent, en cumulé, quand son homologue française a réalisé 105 milliards de déficit. Soit un delta de 117 milliards en quatorze ans. Quelles sont les raisons de cet écart? Dans le rapport publié, ce mardi, sur les finances de la sécurité sociale, la Cour des comptes donne des explications.

• Un meilleur ciblage des dépenses
En Allemagne, l’assurance maladie prend en charge un panier d’actes et de biens de santé plus étroit qu’en France mais elle les rembourse mieux. Les prothèses dentaires, l’optique et une grande partie des transports sanitaires ne sont pas pris en charge. Pour les indemnités journalières en cas de maladie, le salaire est maintenu intégralement par l’employeur pendant les six premières semaines d’absence, l’assurance maladie n’intervient qu’ensuite, indique la Cour des comptes.

Le poids des dépenses a également été réduit grâce à la mise en place de franchises sur de nombreuses prestations (hôpital, médicaments, etc.). Un bouclier sanitaire plafonne les dépenses de santé à la charge des assurés en pourcentage de leur revenu pour ceux qui n’auraient pas les moyens d’accéder aux soins.

En France, on privilégie le remboursement des affections de longue durée. La progression de la part de ces affectations dans le budget de la Sécu a conduit à une érosion de la prise en charge des soins courants. Le taux de remboursement a donc diminué. Les assurés se sont donc tournés vers les complémentaires santé qui ont tendance à se généraliser à l’ensemble de la population. En parallèle, la Sécu a mis en place la couverture maladie universelle et l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé pour les moins favorisés.

• La préservation de l’équilibre des comptes
En Allemagne, l’équilibre financier de l’assurance maladie constitue un objectif prioritaire. En cas de déséquilibre, les différentes caisses d’assurance maladie ne peuvent pas emprunter mais doivent appeler à des cotisations supplémentaires à la charge des assurés. Les caisses étant en situation de concurrence entre elles pour attirer des adhérents, ce mécanisme a une influence significative sur la négociation par les caisses des tarifs avec les professionnels de santé.

• Les enveloppes limitatives pour les médecins
En Allemagne, les honoraires des médecins font l’objet d’enveloppes limitatives négociées par les représentants de la profession avec les caisses d’assurance maladie au niveau fédéral puis local. Pour fixer le montant de l’enveloppe, on va évaluer notamment les besoins en soins basés sur les soins facturés l’année précédente.

Les honoraires ne sont pas versés par les patients, qui bénéficient d’un système de tiers payant, mais répartis entre les médecins par les unions de médecins dans le cadre des enveloppes négociées. Sauf couverture par une assurance privée, les médecins ne sont par ailleurs pas admis à pratiquer les dépassements d’honoraires.

Le système de rémunération sous enveloppe permet donc de ne pas figer les rémunérations individuelles qui doivent s’adapter à un ensemble. Cela ne veut pas dire que les médecins allemands sont moins bien payés. Au contraire, peut-on lire dans le rapport.

Source : le Figaro.fr

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