L’Assurance-maladie veut aider les médecins à s’entourer de super-secrétaires !

L’Assurance-maladie veut aider les médecins à s’entourer de super-secrétaires !

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SOLVEIG GODELUCK / JOURNALISTE | LE 12/04 À 17:30, MIS À JOUR À 18:06

Elle souhaite valoriser la création de structures de coordination au sein des cabinets libéraux ou bien entre plusieurs cabinets.

Pas assez de médecins sur le terrain, de plus en plus de maladies chroniques complexes qui mobilisent plusieurs professionnels de santé simultanément. Dans ce contexte, comment faire pour assurer l’accès aux soins de tous les Français ? L’Assurance-maladie avance des propositions pour mieux « organiser » et « coordonner » la pratique libérale dans un document de travail que se sont procuré « Les Echos ». Cette présentation est destinée à nourrir la discussion avec les syndicats de médecins ce mercredi, pour une nouvelle séance de négociation de la convention médicale.

L’Union des caisses d’assurance-maladie (Uncam) souhaite avant tout voir les médecins s’entourer de super-secrétaires. Des assistants qui ne se contenteraient pas de prendre les rendez-vous par téléphone, mais qui auraient une « mission de gestion des cas complexes, comprenant coordination administrative, médicale et médico-sociale ».

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Une tâche encore plus lourde

Aujourd’hui, 56 % des généralistes disposent d’un secrétariat médical, et les jeunes, qui privilégient l’exercice regroupé, y recourent encore plus souvent. Les secrétaires prennent les rendez-vous (75 %), joignent des professionnels ou des organismes à la demande du médecin (72 %), délivrent des conseils aux patients (40 %), frappent le courrier (36 %), comptabilisent les recettes (33 %). Huit fois sur dix, ces secrétaires sont présents physiquement au cabinet, ce qui leur permet de classer les dossiers, de passer les commandes de matériel, et plus rarement d’encaisser les consultations (14 %), voire de peser et mesurer les patients (4 %).

Gérer les cas complexes serait une tâche encore plus lourde. L’Assurance-maladie cite l’exemple d’une mère de famille seule, qui à en charge un jeune enfant mais aussi sa mère handicapée, qui sort de l’hôpital 15 jours après une hospitalisation pour AVC sans avoir recouvré toute sa mobilité psychique et physique. La « coordinatrice » travaillant pour le médecin traitant organise en lien avec ce dernier la mise à disposition d’une chaise roulante via un prestataire, l’intervention d’un kinésithérapeute et d’un orthophoniste, les aides pour les tâches ménagères, l’accompagnement de l’enfant à l’école, le contact avec la maison des handicapés du département, les transports sanitaires pour les examens et consultations…

Regroupement de médecins

Côté financement, l’Assurance-maladie estime que l’économie générale du cabinet permet de financer un secrétariat classique, à condition que les médecins se regroupent: la mutualisation des charges des cabinets de groupe permet « l’emploi d’un secrétariat sans perte de revenu à partir de deux médecins et avec revenu supplémentaire à partir de trois médecins, pour peu que le temps dégagé soit utilisé pour accroître l’activité de soins », écrit-elle. Elle est toutefois disposée à valoriser cette pratique dans le cadre d’une future rémunération forfaitaire dédiée au suivi de la patientèle par le médecin traitant.

Quant aux professionnels libéraux qui mettront en œuvre une structure de coordination pour gérer les cas complexes, ils pourraient bénéficier d’une rémunération forfaitaire liée à l’accompagnement du médecin dans l’organisation de sa structure et la coordination du parcours de ses patients. Ce forfait déjà évoqué lors d’une séance précédente en mars doit notamment servir à financer la mise en place d’outils de coordination : logiciels de suivi, télé-services.

Télé-services et télémédecine

Le bon usage des nouvelles technologies, c’est l’autre volet des recommandations de l’Uncam pour mieux organiser et coordonner les pratiques sur le terrain. Dans sa note, elle met l’accent sur l’importance de la simplification administrative au service du public, notamment via la déclaration en ligne du médecin traitant, d’une grossesse, d’un arrêt de travail.

Pour que le futur dossier médical partagé soit une réussite et permette effectivement aux soignants de se coordonner, souligne-t-elle, il faudra que les patients ou les caisses primaires d’assurance-maladie puissent en créer eux aussi, et qu’ils soient enrichis via la future messagerie sécurisée des professionnels de santé. Neuf départements vont tester le DMP à partir de septembre, et la généralisation est prévue au printemps 2017. Quant à la messagerie sécurisée, « un déploiement en ville synchronisé avec l’état d’avancement du déploiement en établissement de santé sera testé dans des sites pilotes en 2016 » – sans plus de précisions.

Enfin, l’Uncam souhaite appuyer le développement de la télémédecine. Des expérimentations sont actuellement en cours en région, que la Haute Autorité de santé doit évaluer d’ici à 2018, avant une éventuelle généralisation. Trois niveaux de rémunération ont été fixés pour la téléconsultation : 26 euros, 28 euros et 43,70 euros. Le maximum autorisé est de 3 téléconsultations par an et par patient.

Dans le cadre de la future convention l’Uncam souhaite « inciter les médecins à s’équiper progressivement pour être en capacité de réaliser des actes de télémédecine », notamment pour favoriser l’accès aux soins dans les déserts médicaux et dans les spécialités en tension.

 

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/economie-france/social/021835294427-lassurance-maladie-veut-aider-les-medecins-a-sentourer-de-super-secretaires-1213322.php?ZHbIxlO022zW2ozz.99#inscription

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La réaction des Infirmiers dans La Seringue Atomique du 18 avril 2016 

Derrière l’arbre : la Forêt !

Le 12 avril 2016 est paru dans le journal « Les Echos » un article dont le contenu plus qu’explicite impose une réflexion sur le devenir des professions libérales.

« L’Assurance-maladie veut aider les médecins à s’entourer de super-secrétaires ». Ainsi titre l’article de ce quotidien issu d’un document de travail tombé entre les mains du quotidien.

Que peut-il bien se cacher derrière autant de bienveillance de la part de cette organisme de tutelle ? Qu’envisage-t-il pour le futur sous couvert d’étincelles destinées à éblouir les professionnels.

Lire entre les Lignes : un Art Divinatoire !

 

Dans cet article il semblerait que l’Uncam (Union Nationale des Assurances Maladie) « souhaite valoriser la création de structures de coordination au sein des cabinets libéraux ou bien entre plusieurs cabinets ». On ne peut que s’interroger sur la notion de coordination. Ce type d’organisation se rapproche-t-elle des maisons de santé et autres maisons pluridisciplinaires ? Est-ce une autre trouvaille tirée de leur chapeau ? L’exercice libéral isolé est-il voué à disparaître ? Que met-on dans le mot « coordination » ?

L’Uncam souhaite que les médecins s’entourent de super-secrétaires. Des assistants qui ne se contenteraient pas de prendre les rendez-vous par téléphone, mais qui auraient une « mission de gestion des cas complexes, comprenant coordination administrative, médicale et médico-sociale ».

Voici donc une potentielle secrétaire, ceci sans mépris aucun, qui serait à même d’effectuer des tâches qui incombent aux médecins puisqu’il s’agit là de les soulager ? Qu’englobe-t-on dans la gestion des cas complexes ?

Selon l’Uncam, La « coordinatrice » travaillant pour le médecin traitant organiserait en lien avec ce dernier la mise à disposition de matériel médical via un prestataire, l’intervention d’un kinésithérapeute et d’un orthophoniste, les aides pour les tâches ménagères, l’accompagnement de l’enfant à l’école, le contact avec la maison des handicapés du département, les transports sanitaires pour les examens et consultations.

La plupart de ces tâches sont exécutées chaque jour par tous les infirmiers libéraux de l’Hexagone depuis toujours. Ils en maîtrisent donc la pratique.

Infirmier en Pratique Avancée

Et pourtant, mesdames et messieurs les infirmiers qui avez le désir de vous former à la nouvelle profession d’infirmier en pratique avancée, réfléchissez, prenez votre temps !

Selon la définition consensuelle du Conseil International des Infirmiers adoptée en 2008 : Une infirmière de pratique avancée est une infirmière diplômée d’État ou certifiée qui a acquis les connaissances théoriques, le savoir-faire nécessaire aux prises de décisions complexes, de même que les compétences cliniques indispensables à la pratique avancée de son métier, pratique avancée dont les caractéristiques sont déterminées par le contexte dans lequel l’infirmière sera autorisée à exercer. Un master est recommandé comme diplôme d’entrée

La consultation infirmière de première ligne qui permettrait de soulager le médecin dans son quotidien n’est donc pas encore née. Les généralistes sont, pour le moment, quelque peu réticents à l’idée qu’une partie de leur clientèle et donc de leurs revenus aille vers les professions paramédicales. Ils craignent également que leurs compétences glissent vers d’autres professionnels. D’autre part, embaucher une secrétaire, c’est employer un salarié avec tout ce que cela implique comme lien de subordination. Recourir à un infirmier clinicien, c’est collaborer avec un professionnel reconnu. Quel contrat unirait alors le praticien et l’infirmier en pratique avancée ? Comment éviter le compérage ?

L’Assurance maladie est prête à mettre ses deniers dans une future rémunération forfaitaire dédiée au suivi de la patientèle par le médecin traitant. Les praticiens qui s’engageraient dans la mise en oeuvre de structures de coordination pour gérer les cas complexes pourraient également bénéficier d’une rémunération forfaitaire liée à l’accompagnement du médecin dans l’organisation de sa structure et la coordination du parcours de ses patients. Ce forfait devrait notamment servir à financer la mise en place d’outils de coordination  tels que logiciels de suivi et télé-services.

La future convention médicale, qui régira pendant 5 ans les relations entre l’Assurance maladie et les médecins libéraux est en cours de négociation. L’échéance finale est prévue pour l’automne avec un texte qui devrait entrer en vigueur le 26 septembre 2016.

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http://laseringueatomik.canalblog.com/archives/2016/04/18/33677576.html

 

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