La valeur travail

La valeur travail

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Quand certains responsables politiques parlent du travail, c’est comme lorsqu’ils parlent du pouvoir d’achat, ils prétendent nous rendre ce qu’ils s’échinent à nous prendre.

Car, pour paraphraser Bastiat, il y a ce que l’on dit et il y a ce que l’on ne dit pas.Faut-il redonner aux français le goût du travail et le sens de l’effort ?

Il est certain que lorsque l’on peut vivre des fruits de la redistribution et de l’assistanat (donc du travail des autres), on ne voit plus très bien l’utilité du travail tandis que sa désutilité (en termes de pénibilité) saute aux yeux.

Mais ce n’est pas le travail en tant que tel qu’il faut sacraliser. Après tout, la fonction des innovations technologiques est de nous épargner des efforts. Et puis, les stakhanovistes de l’URSS glorifiaient le travail ; mais on travaillait pour le parti et pour dépasser les objectifs du plan. J’ose à peine parler des camps de concentration nazis à l’entrée desquels était affichée l’inscription « Arbeit macht frei » (le travail rend libre).

Dans ces systèmes, tout comme l’esclave, mais au nom de la solidarité ou du parti, on travaille intégralement pour les autres. Or, un esclave n’apprécie pas le travail tout simplement parce qu’il ne possède pas les fruits de son travail.

Et s’il ne récupère pas les fruits de son propre travail, c’est qu’il ne possède pas même sa propre personne.

C’est donc plutôt la propriété qu’il faut affirmer et garantir. Tel est le rôle du politique, de l’Etat de droit et de la Constitution. C’est aussi le sentiment d’utilité – et donc l’efficacité – qui peut être fondamentalement en cause dans les pays où le droit de propriété est bafoué. Car propriété, utilité et efficacité sont intimement liés.

Si un ménage travaille pour gagner 100 mais qu’il ne perçoit que 40 au final, croyez-vous que sa motivation pour travailler soit intacte ? Dans ce cas, il vaut mieux travailler moins. Pareillement, imaginez un policier qui arrête un délinquant lequel est relâché le lendemain… Dans les deux cas, les individus développeront le sentiment d’avoir travaillé pour rien (en termes de résultat comme en termes de revenus), sentiment qui s’exprimera par un rejet du travail. Pourtant, ce n’est pas le travail en lui-même qui est rejeté.

Or, c’est précisément notre système de redistribution qui, en portant atteinte au droit de propriété, contribue à rétrécir toujours plus le revenu disponible des ménages, en collectivisant (en confisquant) les fruits du travail de chacun.

Dans ces conditions, beaucoup font alors le choix rationnel de ne pas travailler du tout ou de travailler hors du territoire national. Les français sont comme tout le monde : ils aiment travailler (le succès des magasins de bricolage en est une belle preuve) si on ne leur confisque pas les fruits de leur travail, c’est-à-dire si on ne les transforme pas en esclave !

Jean Louis Caccomo

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