Le système de protection sociale, le noeud de tous les blocages?

Le système de protection sociale, le noeud de tous les blocages?

0 1551
Le débat autour de la sécurité sociale est l’illustration d’un droit social qui a finit par détruire le droit individuel.
Pour sauvegarder un système, on en arrive à priver les individus d’une partie de leur revenu (qui est ponctionnée à la source sans qu’il s’en aperçoive réellement) et on leur impose un âge de la retraite, des modalités de remboursement qui sont modifiées de manière unilatérale…etc.
Cette épargne collective est en réalité une épargne forcée qui s’appuie sur la négation de la responsabilité individuelle et de la liberté de choix qui est son corollaire.
Car le comportement d’épargne est à l’origine l’expression d’une liberté, celle de disposer librement des fruits de son travail (c’est-à-dire de son revenu) en vue de se prémunir de certains risques (maladie, chômage, vieillesse).Le comportement d’épargne vient du fait que la vie est risquée. Les gens raisonnables – rationnels, dirait l’économiste – épargnent. Nous pouvons tomber malade ou perdre un emploi. Nous allons nous trouver un jour dans l’incapacité de travailler du fait de la vieillesse.
Que l’on appelle cela « précaution » ou « spéculation », l’épargne résulte d’une prise de conscience que l’avenir est partout et toujours incertain.
De ce point de vue, on étudie par précaution et lorsque l’on choisit une formation, on prend un risque, on spécule pour ainsi dire en pariant sur la qualité de la formation choisie.
L’épargne a vocation, dans le même temps, à financer les investissements qui sont à l’origine des processus de production et de croissance comme nous l’avons montré dans notre exemple du pain.Car seules les richesses, qui n’ont pas été détruites dans la consommation, sont disponibles pour l’investissement. Or, c’est justement la croissance qui contribue à l’élévation du niveau de vie dont une des retombées est de réduire les risques individuels pour les rendre plus supportables.Dans les pays en croissance, le chômage est plus faible et les maladies sont plus rares et moins meurtrières. Il vaut mieux tomber malade en France qu’en Ukraine. Pour s’en convaincre, promenez-vous en Russie, en Inde ou en Afrique.Certains rétorqueront : «alors pourquoi les anglais viennent se soigner en France ? ». Précisément parce que la santé est totalement étatisée en Angleterre et c’est précisément le seul secteur que Thatcher n’a pas osé réformer.

Les anglais paient aujourd’hui la facture d’une réforme avortée ; et les plus riches viennent se soigner en France. Mais ne raillons pas l’Angleterre.

Le plan Juppé a eu pour effet d’accélérer l’étatisation de notre propre système de santé et les socialistes ont amplifié le mouvement.

Ce que font les anglais aujourd’hui nous donne une bonne idée de ce qui attend les français demain si nous n’arrêtons pas le processus en cours.

L’épargne reste donc un comportement rationnel, sauf si l’individu pense qu’il existe un « trésor » bien caché dans lequel il pourra puiser en cas de coup dur.

Ce « trésor » mystérieux, c’est notre sécurité sociale (ou bien encore la « Française des Jeux »). L’invention de la sécurité sociale repose sur la croyance que l’on peut transformer un risque individuel, qui est un fait incontournable, en un risque social à travers une sorte de pathétique « pacte social ». Pour bien comprendre cette idée, rappelons les principes de base qui fondent notre système de sécurité sociale.

La sécurité sociale a été créée en 1945. Elle reposait au départ sur le principe de l’assurance. Imaginons que, suite à une maladie, le boulanger du village soit dans l’impossibilité de travailler pendant une semaine entière.
Face à cette éventualité qui peut toucher tous les boulangers, ces derniers décident de créer une caisse à laquelle ils cotisent chaque semaine lorsqu’ils travaillent. En échange, la caisse versera le manque à gagner en cas de maladie d’un de ses cotisants.
Cet accord se matérialise par un contrat d’assurance. Ce n’est pas un « pacte social » ; c’est tout simplement un contrat d’assurance classique entre deux parties consentantes. Le principe fonctionne sur la loi des grands nombres : tous les boulangers ne tomberont pas malade au même moment alors qu’ils auront tous cotisé. Dans ce cas, la prise en charge du risque individuel est possible sur la base du capital accumulé par les cotisants.
Dans cet exemple, il n’y a pas grand sens à faire semblant d’être malade car tant que vous n’êtes pas malade, votre capital accumulé augmente par le jeu des intérêts cumulés. Si vous trichez, vous volez votre propre argent, vous grignotez votre capital. Ce n’est pas un vol, c’est une bêtise ! Cela est très différent avec la sécurité sociale. Que vous soyez malade ou pas, votre cotisation est prélevée de force.
C’est obligatoire et vous n’avez pas votre mot à dire sur l’augmentation des cotisations alors même que vous n’accumulez rien.
Ceux qui trichent avec la sécurité sociale, en faisant semblant d’être malade ou d’être chômeur (alors qu’ils travaillent dans l’économie parallèle), sont loin d’être des idiots : ils ne se volent pas eux-mêmes mais profitent de l’argent de ceux qui sont enrôlés de force dans un pacte duquel ils ne peuvent se détacher.
Si ce n’est pas un comportement idiot, c’est bien du vol. Du vol légalisé sous le doux nom de solidarité ! Mais comme c’est le système qui induit de tels comportements, ce n’est pas les individus qu’il faut punir mais le système qui doit être réformé.Dans notre exemple de l’assurance du boulanger, on peut imaginer une multitude de caisses différentes et en concurrence, selon les risques couverts, selon les métiers concernés ou selon d’autres typologies. Si le boulanger n’est pas satisfait de son contrat ou de la gestion de sa caisse, il doit pouvoir en changer. Par contre, la sécurité sociale est un monopole.
En effet, le risque individuel se mut en risque collectif à partir du moment où le principe de redistribution se substitue au principe de l’assurance. Et pour pouvoir devenir un instrument de redistribution, la sécurité sociale devait donc s’imposer comme un monopole.Car  les citoyens avaient vraiment le choix dans le cadre d’un système libre et concurrentiel, ils quitteraient depuis longtemps la sécurité sociale qui nous ruinent tous à notre insu, mais ils y sont attachés comme un prisonnier attaché à son boulet…Jean Louis Caccomo

NO COMMENTS

Leave a Reply