La dimension christique du RSI…

La dimension christique du RSI…

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Par Jacques Clouteau

La dimension christique du RSI…

Depuis le temps que je lis des documents émanant du RSI et que j’entends des responsables de cet organisme ergoter sur les ondes, j’ai pu remarquer à de nombreuses reprises l’évocation par ces gens du sigle « ISU ». Pour ceux qui ne connaissent pas les subtilités lexicales de l’administration, il s’agit de l’ « interlocuteur social unique ».

En effet, avant 2006, il existait trois caisses mutualistes auprès desquelles chaque travailleur indépendant devait verser son obole après avoir noirci de multiples exemplaires de déclaration. Regrouper ces trois caisses en un seul organisme, un « interlocuteur social unique », pouvait sembler une bonne mesure de simplification, à défaut de redonner aux travailleurs indépendants leur totale indépendance.

Mais c’était sans compter sur l’immense piété, sur le profond sentiment religieux, sur l’insondable spiritualité qui sourd des bureaux des caisses sociales chargées d’assurer notre protection. Le portrait de Mère Thérésa trône d’ailleurs en bonne place, la chose est bien connue, sur les murs de toutes les officines bureaucratiques, afin d’inciter chaque œuvrier du papier à partager sa lumière avec ses frères les hommes.

Alors, en dépit d’une obligatoire laïcité, le besogneux du tout nouveau RSI, en 2006, ne put s’empêcher d’imprimer sa marque religieuse à la jeune entité. Il nous faut pour comprendre cela revenir sur une des bases fondamentales de la religion chrétienne, à savoir la notion de la Sainte Trinité. Pour les athées, les lignes qui vont suivre vont être du chinois. Pour ceux qui sont allés au Catéchisme aussi d’ailleurs…
Donc voilà : il y a là-haut le Bon Dieu, qui a tout créé, l’homme et la femme, les plantes et les animaux, le ciel et la terre, les cailloux et les pneus à clous, les spaghettis et les cuillères en bois. Et puis il y a son Fils Jésus, venu sur la Terre pour nous remonter les bretelles voici 2.000 ans.

Et puis entre les deux, ou bien juste au-dessus, c’est difficile à voir car les photos sont floues, il y a le Saint Esprit.
Jusque là tout le monde suit… Mais les choses se compliquent, car en fait les trois larrons n’en font qu’un seul ! Le Père est le Fils, le Fils est le Père, et tout les deux sont le Saint-Esprit. Bon, allez-vous me dire, s’ils ne sont qu’un, pourquoi les diviser en trois juste pour nous embrouiller ? Pour y comprendre quelque chose, il faudrait que vous lisiez la Somme Théologique de saint Thomas d’Aquin, et notamment les 5.000 premières pages. Désolé, il n’y a pas d’édition de poche…
Résultat de l’embrouillamini : les Pères de l’Eglise, malgré de nombreux conciles, n’ont jamais réussi à se mettre d’accord, ce qui a engendré schisme sur schisme, et une innombrable quantité de massacres et de guerres, juste pour savoir si le Père avait engendré le Fils ou si celui-ci existait avant l’engendritude…

Alors, pour mettre tout le monde d’accord, quand vous allez aux cours de Catéchisme, on vous dit que c’est un mystère et qu’il n’y a rien à comprendre.

En gros c’est comme pour les appels de cotisation du RSI…
Revenons donc au moine laïc besogneux qui est chargé, en 2006, de la mise en place de l’interlocuteur social unique. Son cœur saigne et sa main tremble… S’il crée un interlocuteur social unique tout seul, il va à l’encontre de sa croyance la plus profonde. Un interlocuteur social unique ne peut pas être tout seul, ils sont forcément trois personnes distinctes, tout en étant un seul… Tout le monde suit ?

Alors il est décidé dans les hautes sphères conciliaires que le calcul des cotisations ne sera point exécuté par le RSI, mais par l’Urssaf, qui est une sorte de Saint-Esprit, mais en plus méchant.

On imagine aussi dans les bureaux célestes que le RSI ne versera pas non plus les prestations, mais que cette tâche sera dévolue à un organisme conventionné, une sorte de Fils qui fait partie du Père RSI mais pas tout-à-fait quand même…

Mais alors à quoi sert le RSI, s’il ne calcule rien et ne verse rien ? Et bien voilà , c’est un mystère. Cependant il faut y croire, puisque c’est un interlocuteur social unique en trois entités, mais qu’il est tout seul quand même… Il faut même y croire le chéquier à la main, sinon c’est 15.000 euros d’amende…

Alors voilà, vous qui gérez une entreprise depuis longtemps, retrouvez la Foi de votre enfance, spiritualisez votre administratif et créez trois directions du personnel, trois services techniques, trois vice-présidences. Vous verrez, tout ira mieux et tout rentrera dans l’ordre normal des choses, d’ici-bas et de là-haut. Et votre âme sera en paix.

Amen.

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