” L’ ÉTAT est Responsable de la Santé ” ! Mais qui...

” L’ ÉTAT est Responsable de la Santé ” ! Mais qui assume les conséquences ?

Art.1 de la loi de modernisation de la santé :” L’État est responsable de la Santé”

Le ministère de la Santé est responsable de la Santé Publique, mais il est à l’origine de problèmes de Santé Publique et met en DANGER la santé des soignants et celle de leurs patients.

Pour comprendre ce qui ne va pas dans notre système de santé, il faut remonter dans son histoire et le lien avec notre système de protection social.
La sécurité sociale a été inventée sous Vichy pour étatiser la santé et la contrôler
Le marketing en a été assuré par les socialo-collectivistes de la Résistance, avec les syndicats CGT etc ..,ce qui était plus politiquement correct que de l’attribuer au fascistes et en prônant une couverture maladie universelle.

Curieusement ces mêmes socialo-collectivistes CGT etc..,ont été les premiers à défendre les régimes et statuts spéciaux au pays des Droits de l’Homme et de : ” Liberté Égalité Fraternité “ ou l’article 1 de la DDHC dit ” Les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits, les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune “

En 2016 il existe toujours X régimes spéciaux privilégiés payés en partie par les non privilégiers du privé !

Durant les 30 glorieuses de 45 à 74 il y avait 5% de croissance, le plein emploi et une espérance de vie de 65 ans.
Depuis 74 nous sommes en crise; le modèle social n’est plus compatible avec 1945 : Croissance faible, augmentation des sans emplois aujourd’hui prêt de 6 millions, espérance de vie en augmentation de 1 an tous les 4 ans.
Le Président Mitterand a pourtant de manière dogmatique, ou dans un souci électoraliste, baissé l’âge de la retraite à 60 ans et le gouvernement Jospin sous l’instigation de DSK mis en place les 35 heures avec les lois Aubry.

Une catastrophe économique pour la France à l’origine de la désindustrialisation et du chômage.
Dans le milieu hospitalier un cataclysme pour faire fonctionner les hôpitaux.
Moins de travailleurs, moins de cotisations sociales, un cercle vicieux qui a conduit la France à 40 années de déficits sociaux et qui malgré ce qu’affirme Madame Touraine persiste en camouflant le ” trou” de la sécu par le transfert de la dettes à la CADES qui correspond à la CRDS inventée par Monsieur Juppé pour résorber la dette en 14 ans ( donc 2010); nous sommes en 2016 ! la dette cumulée est de 152 milliards.

Madame Touraine a par ailleurs puisé dans d’autres caisses pour affirmer la fin du trou de la sécu, ou utilisé des magouilles comptables, mais passons.

En même temps dans les années 80 – 90 nos politiques ont imaginé qu’en mettant les médecins en préretraite on diminuerait la demande; c’était le MICA.

Autre erreur, alors que les médecins avaient prévenu, le Numerus clausus a été ramené de 8000 à 3500 médecins formés par an.
Là encore en pensant réduire la demande de soins !
Ce qui nous vaut aujourd’hui les déserts médicaux et ” l’importation” de médecins étrangers en masse (par ailleurs une honte devant les pays volés de plusieurs promotions de médecins), Médecins ou chirurgiens dentistes qui de surcroît ne maîtrisent pas toujours la langue française et parfois sont loin d’avoir une réelle équivalence.

Les énarques hauts fonctionnaires et politiques n’ont pas voulu tenir compte du départ des “baby-boomers”, de la féminisation des professions de santé et des différences générationnelles des suivants qui ne veulent plus travailler 60 heures / semaine et en moyenne rien que les 30 ou 35 premières heures pour payer leurs charges. Ceci aboutit à ce que plus que 9 % des étudiants souhaitent s’installer en libéral.

Dans notre République de la JUSTICE SOCIALE et de la SOLIDARITÉ, il faut savoir que les libéraux ont 90 jours de carence en cas d’arrêt de travail et un système de protection sociale des pires avec leurs caisses. Les indépendants 14 jours de carence, les salariés du privé 3 jours, les fonctionnaires 0 jours ( sauf parenthèse du quinquennat Sarkozy avec 1 jour), et ils continuent au pays de L’ÉGALITÉ de percevoir leur salaire en arrêt de travail ( 6 mois puis légèrement dégressif ), alors que dans le privé les indemnités journalières sont fortement réduites.

Le système monopolistique ne pouvait être qu’en déficit, mais il est maintenu coûte que coûte et à crédit à la charge des générations futures par dogmatisme.

Les solutions pour équilibrer les comptes fût depuis les années 80 de se servir des honoraires des soignants libéraux comme variable d’ajustement des déficits.
Ainsi certains actes techniques n’ont pas évolué depuis 30 ans et sont sous le prix de revient effectués à perte; en particulier en chirurgie.

Nos élites conscientes de la sous évaluation des actes a donc créé le secteur 2 avec non pas des dépassements d’honoraires mais des compléments d’honoraires, avec dans les années 80 la possibilité donnée par les conventions de laisser le choix du secteur d’activité aux soignants tous les 3 ans. La convention n’a pas été respectée et ce choix ne fût plus possible pour les médecins les plus sociaux du secteur 1; ils sont donc punis et condamnés à effectuer une partie de leurs actes à perte !
La conséquence en est une médecine de plus en plus rapide, déshumanisée, faute de temps médical, d’autant que les tâches administratives se sont multipliées : parcours de soins avec des ” BON POUR Consultation Spécialiste” , un système bolchevique que l’on a connu dans le régime minier avec des dispensaires, responsable de pertes de chances par sa lenteur administrative. On a instauré le tiers payant, déresponsabilisant, la déclaration du médecin traitant, l’informatisation des cabinets, des normes et règles qui surcharge les soignants de tâches administratives au détriment du temps médical et sans leurs donner les moyens d’embaucher des secrétaires, sans revaloriser les actes en rapport avec les réalités économiques.

Le résultat en est que les médecins libéraux travaillant à perte, ne prennent plus en charge les actes techniques ou des consultations chronophages, d’autant que ces actes ne peuvent pas être facturés en même temps que la consultation et que les fournitures sont à la charge du soignant.
Ceci conduit à adresser les patients en hospitalisation de jour, voir en hospitalisation dont les coûts sont multipliés par 20 ou 50 plus les frais de transport et les pertes de journées de travail.

C’est l’hospitalo-centrisme voulu par nos ” élites” politiques. (Consultation 23€, CS 28 €, passage aux urgences en moyenne 200€ , hospitalisation de jour 500 à 800 € et hospitalisation jusqu’à plus de 2000 €/jour).

Ou est la logique économique et humaine la dedans ?

L’hôpital quand à lui, a été mis en partie à la T2A , c’est à dire tarification à l’activité comme dans le privé.
Comme les tarifs sont intenables, sous cotés, la direction des hôpitaux pousse les soignants à des hospitalisations de jour pour RENTABILISER. Les Directions administratives poussent à des hospitalisations parfois inutiles de patients peu coûteux pour l’hôpital donc RENTABLES.
On voit même des directions d’hôpitaux pousser à des interventions ” inutiles ” ou tout au moins discutables. (Voir à ce propos l’émission d’Élise Lucet sur les dérives hospitalières).
On voit également des hôpitaux publics faire appel à des sociétés privées dont l’objectif est de chercher à RENTABILISER les actes ou parfois surcoter des actes pour RENTABILISER !

Alors qu’en est-il des patients et des cotisants.

Les patients sont devenus pour nos ministres de la Santé une ” marchandise” que maintenant on vend aux mutuelles à but lucratif.

Les soignants sont devenus des ” Agents de santé de l’Etat”, des techniciens de santé poussés à la RENTABILITÉ, n’ayant plus le temps de l’humain, de l’écoute ou de la prise en charge psychologique pour lequel la plupart des soignants ont choisi ces métiers par idéalisme.
Il faut être RENTABLE économiquement !

Les administratifs fixent les règles, jusqu’à fixer la durée des soins pour un acte donné.

Ceci est en particulier le cas des infirmières et infirmiers libéraux à qui on impose pour un type de soin arbitrairement 30 minutes, que le patient soit jeune ou vieux, valide ou non, que le professionnel ait plus de dextérité que son collègue ou non. S’ils ne respectent pas ces règles idiotes administratives, ils sont accusés ” d’INDUS” et le système sécurité sociale ” fasciste”, étant juge et partie, leurs demande le remboursement de tous leurs actes et sans justification, allant parfois jusqu’à terroriser les professionnels, les poussant au burn-out, à la dépression voir jusqu’au suicide.

On s’étonnera ensuite que les soignants abandonnent, changent de profession ou quittent le pays.

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Autre aberration, le principe de précaution 
Si en théorie ce principe est louable, il est inflationniste. En effet, les médecins sont “assis avec le cul entre 2 chaises “, soit pour se couvrir il leurs sera reproché de faire trop d’examens, soit que s’il y a un aléas thérapeutique ou une erreur ou un retard diagnostic, on leurs reprochera de ne pas en avoir fait assez !
Ce ne seront jamais les directeurs des hôpitaux, les directeurs de la sécu, ou les politiques qui assumeront pour eux les conséquences ordinales, judiciaires ou le paiement des primes d’assurance juridique professionnelle !
( En libéral on est responsable de ses actes, dans le public non, sauf faute majeure)

Qu’a apporté Madame Touraine dans l’amélioration de l’accès aux
aux soins dits ” GRATUIT” ? Rien !
  • Les conventions médicales et son tarif d’autorité datant de 1966 , étaient déjà une DISCRIMINATION entre patients par une ESCROQUERIE AUX COTISATIONS SOCIALES du fait des remboursements différenciés selon que les médecins sont conventionnés ou non, acceptent des ” RÉTRO-COMISSIONS ” ou honoraires différés ou non; discriminations entre soignants qui à compétences égales ne peuvent pas faire bénéficier leurs patients du remboursement de leurs soins.
  • La création du secteur 2 est une autre escroquerie aux cotisations sociales, une autre DISCRIMINATION entre patients et entre soignants.
  • La création du CAS en est une supplémentaire.
  • L’obligation d’une complémentaire IMPOSEE et pas forcément la meilleure est une atteinte à la LIBERTÉ des citoyens et à de nouvelles INÉGALITÉS. Ce n’est pas l’employeur qui participe, c’est bien le fruit du travail de chaque actif qui finance ces protections sociales sous la CONTRAINTE de la sécurité sociale elle même sous la contrainte de l’État socialo-collectiviste de droite ou de gauche.
  • Les contrats responsables limitent les remboursements, sans pour autant réduire les cotisations, c’est tout bénéfice pour les complémentaires; merci encore Madame Touraine.
  • On a par ailleurs instauré des indicateurs à la performance des médecins, pas toujours dans une amélioration du service rendu, plutôt comptable, et les médecins touchent des primes en fonction de l’atteinte de ces objectifs (en théorie, la réalité est parfois tout autre).

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Ou est la LIBERTÉ de notre DDHC ?

La solidarité inscrite dans la DDHC ne concerne pas les assurances, mais ” l’effort commun devant la charge publique ” !

L’assurance n’est pas une charge publique !

La solidarité est du ressort de l’État par l’impôt et non pas par les cotisations de prévoyance dont l’État dispose à sa guise en ayant mis la sécurité sociale qui appartient à ses cotisants sous tutelle et en prenant les cotisations des uns pour combler les ” trous ” des souvent les plus privilégiés, ou en prenant dans les réserves des retraites privées, pour combler les déficits du régime de la fonction publique par exemple !

En conclusion

la Santé est malade de son système de protection social monopolistique à l’agonie depuis 40 ans, système que TOUS nos élus veulent sauver en tuant la Santé des français et de leurs soignants ( 112 suicides de médecins du 1er janvier à septembre, probablement similaire chez les infirmiers, et plus de 50 % de ces professions présentant des signes de burn out ).

” De la SANTÉ des soignants dépend la SANTÉ des patients “

Il serait temps que nos représentants élus de toutes natures en prennent conscience et cessent de vivre dans le DÉNI, ou une sorte de ” DISSONANCE COGNITIVE “.

Que l’on libéralise, au sens noble du libéralisme, la protection sociale et le système de soins et que l’on RESPONSABILISE les usagers patients, car RIEN N’EST GRATUIT, ce sont toujours EUX qui paient et paient les ERREURS et les dérives de leurs représentants: politiques, syndicaux ou Ordinaux; ce seront toujours eux les victimes de ce système à bout de souffle.

Un système de santé et de protection sociale est un système ou les soignants sont libres de soigner et les patients libres d’être soignés, de garder leur libre arbitre sur le choix de leurs soignants et de leur prévoyance, en étant responsabilisés.

 

Dr Edward W. Metzger

(rhumatologue secteur 1retraité malgré lui, suite à plusieurs ALD, au moins partiellement secondaires à la surcharge de travail dans un secteur sous doté en rhumatologues- internistes)

[ Ma participation à l’émission :” Faut qu’on en parle ” du 28 octobre 2016 ” Au Secours Mon hôpital est malade ” ]

Pour de plus amples informations sur la santé, le système de santé , plus de 400 articles consacrés au sujet sur : http://alliancedesprofessionsdesante.fr/

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