La guerre politique contre notre système de santé

La guerre politique contre notre système de santé

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Qui sont les responsables de la dégradation de notre système de santé ? Petit récapitulatif d’une guerre politique de trente ans pour socialiser la Santé.

La descente aux enfers du système de soins a commencé après les trente glorieuses, avec les chocs pétroliers. Les déficits se sont creusés et nos politiciens ont voulu faire porter le chapeau au corps médical.

Pourtant les responsables et les coupables ont été les hommes politiques de tous bords.

Déjà sous Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Barrot avait bloqué les honoraires des médecins libéraux, ce qui donna lieu à des manifs monstres. La charge mémorable de CRS à Paris sur le pont Alexandre III contre les médecins ne lui sera jamais pardonné par la suite.

Ce ministre donnera son aval à une convention médicale qui aboutira à la création d’un secteur 2 permettant de contenir les revendications tarifaires des médecins sans coûter trop cher à la collectivité. Le droit à dépassement (DP) calmera pour un temps le corps médical (Raymond Barre). Depuis cette date le tarif opposable deviendra de plus en plus insuffisant, déconnecté de la réalité.

Sa revalorisation pèserait trop sur le déficit chronique de la Sécu1.

L’alternance politique 

  • L’arrivée des socialistes en 1981 développera davantage la pensée unique qui gouverne la France : aller vers toujours plus d’assistance.
  • La droite est de retour en 1995, avec les ordonnances Juppé elle va pérenniser la hausse des prélèvements et donner aux parlementaires le contrôle du budget de la Sécurité Sociale.
Le mal est fait et s’inscrit dans le marbre. Déficits et chômage ne cesseront d’augmenter.
  • 1996 voit apparaître de nouveaux modes de financements comme la Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS) dont le produit est affecté à la Caisse d’Amortissement de la Dette Sociale (CADES) chargée de la gestion des déficits des régimes de Sécurité Sociale.

La réforme de la constitution de la Ve république

Elle crée en 1996 les Lois de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS). Le vœu pieu de la représentation nationale est d’assurer l’équilibre financier de la Sécurité Sociale.

  • La loi organique du 22 juillet 1996 en précise le contenu, vote des prévisions de recettes, des objectifs dedépenses par branches et des dépenses nationales d’assurance maladie.
  • La carte Vitale est mise en place en 1997, puis la Couverture Maladie Universelle (CMU) en 1999. Les abus et les trafics de toutes sortes vont pervertir un système déjà trop complexe et trop administré :
  • « je paye donc j’ai droit » !

Ainsi l’Aide Médicale d’État (AME) permet de soigner gracieusement les étrangers, même en situation irrégulière.

  • La France offre un niveau de prestation supérieur à ceux de la plupart des pays développés. Comme ces droits sont ouverts à tous les résidents du territoire national, cela va favoriser une immigration incontrôlable tant dans l’hexagone que dans nos départements d’Outre-Mer.

Ce surcroît de main d’œuvre a un effet pervers qui tire inéluctablement les salaires vers le bas.

Les nouvelles lois santé

En 2002, les lois About et Kouchner sur la protection des malades vont peser encore plus négativement sur le système de soins car elles alourdissent la tâche des libéraux.

En 2004, la réforme de l’assurance maladie étatise un peu plus le régime avec la création du médecin traitant référent qui va précéder de peu l’apparition du parcours de soins.

La création du dossier médical personnel et la nouvelle gouvernance de l’assurance maladie vont alourdir encore le système de santé avec la promotion des médicaments génériques, moins chers mais souvent moins efficaces que les molécules princeps.

Les promesses de 2004 faites par Xavier Bertrand aux chirurgiens pour revaloriser leurs actes techniques ne seront jamais tenues. L’arrivée de Nicolas Sarkozy en 2007 va apporter un début d’espoir avec la timide réforme des retraites mais il faudra vite déchanter avec les plans hôpitaux initiés sous Jacques Chirac.

Ces plans financés par la dette et des emprunts que l’on pourrait qualifier de toxiques menacent de ruiner l’hôpital dont la dette dépasse 30 milliards d’euros.

L’étatisation va se poursuivre avec les avenants conventionnels qui menottent peu à peu le corps médical avec les normes et les référentiels. 

La Loi HSPT (Bachelot) va exaspérer les médecins libéraux qui vont enfin se révolter après 2012 avec la nouvelle Loi Santé (Touraine) qui veut à force instituer le Tiers Payant Généralisé.

Publié le 22 juin 2016 dans Sujets de société contrepoints Par Bernard Kron.

« Les professionnels de santé du public et du libéral sont au bout du rouleau « 

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Selon plusieurs études plus de 50 % des soignants présentent des signes de  » burn out »dont les conséquences et complications peuvent être redoutables pour eux,  mais quelles en sont les conséquences sur leurs patients ? 

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