Derrière les désaccords entre syndicats au sujet de la loi travail se...

Derrière les désaccords entre syndicats au sujet de la loi travail se cache une communion d’intérêts profonde portant sur le financement des syndicats via les complémentaires santé. Un sujet à 30 milliards qui pèse sur l’économie française !

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Le scandale du financement syndical que personne ne dénonce

 Derrière les désaccords entre syndicats se cache une communion d’intérêts profonde portant sur le financement des syndicats. Un sujet à 30 milliards qui pèse sur l’économie française !

 

Officiellement, l’échec de la manifestation d’hier contre la loi Travail témoigne d’une division syndicale intense. Les uns sont réformistes et ne défilent pas, les autres sont contestataires et battent le pavé. Les uns ne veulent pas entendre parler d’inversion de la hiérarchie des normes, les autres la soutiennent. Mais derrière ces paravents de la discorde, se cache une entente plus profonde, une coalition d’intérêts où la division syndicale n’a plus sa place et qui tient en un mot : le financement des syndicats.

Une intersyndicale en pleine division

Il faut lire, dans les colonnes de la Tribune, la publication d’une lettre à Marisol Touraine signée par les cinq syndicats représentatifs au niveau interprofessionnel, pour comprendre quelle unité les organisations syndicales sont capables de trouver dès qu’il s’agit d’assurer leur financement. La lettre porte bien la signature de Philippe Martinez, de Laurent Berger, de Jean-Claude Mailly, de Philippe Louis et du tout nouvel élu de la CGC François Hommeril. On rêve ? Non, c’est bien vrai ! Alors que les centrales se déchirent sur la loi Travail, elles font, dans l’ombre, leur unité sur une question énigmatique pour le grand public : l’application de la loi du 11 février 1950 sur les pratiques conventionnelles en matière de protection sociale complémentaire.

Qu’en termes élégants et pudiques ces choses-là sont dites !

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Un étrange amour pour les très petites entreprises

Dans leur courrier, les organisations syndicales jouent un étrange rôle de composition : elles parlent au nom des très petites entreprises. C’est bien connu ! les syndicats de salariés, en France, sont là pour défendre les patrons et les employeurs, rôle qui ne revient pas du tout aux organisations patronales.

Donc, dans l’intérêt des très petites entreprises, ces petites choses en sucre qui ont besoin de la CGT et de la CFDT pour exprimer leurs revendications, la bande des 5 demandent à la ministre de préserver les désignations en prévoyance, c’est-à-dire l’interdiction faite aux très petites entreprises de choisir elle-même l’assureur qui couvre les risques de leurs salariés.

Dans l’intérêt des très petites entreprises, il faut que le choix de l’assureur revienne aux négociateurs de branche et non aux entrepreneurs eux-mêmes.

La question du financement des syndicats

Bien sûr, ce sujet, qui pèse 30 milliards environ dans l’économie française, est présenté dans l’intérêt des entreprises. Et, comme toujours quand on entend un syndicat de salariés parler au nom des entreprises, il cache une affaire de gros sous.

Car les syndicats ne précisent pas que les accords de branche que leurs représentants négocient en prévoyance complémentaire profitent à peu près systématiquement à un cartel de groupes de protection sociale… gouvernés par les syndicats eux-mêmes et qui sont pour ceux-ci de superbes pompes à phynances. Autrement dit,

Autrement dit, les syndicats viennent de demander à Marisol Touraine de préserver un système (dénoncé par l’Autorité de la Concurrence comme attentatoire à la libre concurrence) censuré par le Conseil Constitutionnel parce que contraire à la liberté d’entreprendre, aux seules fins de garantir la continuité de leur financement « .

Par Éric Verhaeghe dans Contrepoints

Publié le 1 juillet 2016 dans PushmobileSyndicalisme

Commentaire Alliance des Professions de Santé:
– « Un comble pour des syndicats qui refusent d’accepter la fin du monopole des caisses de protection sociale en situation de concurrence déloyale !
– L’Autorité de la Concurrence dénoncera t’elle comme attentatoire à la libre concurrence les caisses mutuelles de protection sociale privées que sont la sécurité sociale, le RSI , les caisse de retraites…. Dénoncera t’elle la concurrence déloyale des complémentaires obligatoires et des sur-complémentaires taxées respectivement à 7 et 14 % ? 
– Le Conseil Constitutionnel censurera t’il cette atteinte à la liberté d’entreprendre des caisses de protection sociale autres que celles obligatoires, imposées sans contrat d’adhésion, sans délai de réflexion, sans obtenir les conditions générales, sans la liberté de choix inscrite dans la DDHC, dans le Code de Santé Public et dans le Code de Déontologie ?  » 
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A lire aussi :

 Loi Travail : les syndicats verrouillent leur financement

 Par Éric Verhaeghe le 04 juillet 2016 dans Contrepoints

« La loi Travail aura un effet concret : elle va consolider les sources occultes de financement syndical en gravant dans le marbre ce qu’il fallait précisément briser ».
http://www.contrepoints.org/2016/07/04/259144-loi-travail-syndicats-verrouillent-financement-occulte

A suivre dans un prochain article d’ Alliance des profession de santé 

Projet de loi Sapin II : quand la protection du consommateur a bon dos…
 » Réguler et harmoniser le marché des mutuelles « 

Alliance des Professionnels de Santé

Projet de loi Sapin II : quand la protection du consommateur a bon dos…« Réguler et harmoniser le marché des mutuelles »

 

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