Chronique de la vie économique Française

Chronique de la vie économique Française

La France en dépression ?

 

Par Jean-Louis Caccomo, docteur en sciences économiques, actuellement maître de conférences à l’université de Perpignan.

 Le discours économique est chargé de vocabulaire psychiatrique, notamment la dépression. Ayant subi, bien contre mon gré, les affres et les infortunes de la persécution psychiatrique, je prends maintenant conscience combien cette grille de lecture permet de comprendre la situation de l’économie française en particulier, et de la société française d’une manière générale.

Car, imaginez le cas d’un patient qui se porte bien et à qui on administre, à doses sévèrement lourdes, un traitement inadapté. Il y a fort à parier que son état se dégradera très rapidement et qu’il s’enfoncera dans un état dépressif qui finira par auto-justifier le diagnostic initial, au risque de maintenir en place des praticiens incompétents sinon dangereux.

Il en est exactement de même pour nos dirigeants quand ils s’obstinent à administrer à notre pays des politiques totalement dépassées, inadaptées et néfastes au point qu’elles finissent par détruire une économie qui fut parmi les plus puissantes du monde il y a quelques décennies.

Mais on finit par maintenir au pouvoir ceux-là même qui nous ont plongé dans la dépression collective. L’esclave en vient à adorer son maître et le piège se referme sur un peuple enchaînée tandis que les plus lucides, qui ne veulent pas sombrer dans la dépression, s’expatrient.

Pourquoi croyez-vous que la France compte parmi les pays les plus consommateurs de psychotropes ? D’ailleurs, il est intéressant aussi d’observer que nous avons le taux d’activité le plus faible en comparaison des autres pays développés : moins de la population totale compte dans la population active. Si l’on retranche de cette dernière les chômeurs, qui sont à la charge des actifs – tout comme les jeunes et les retraités -, il en résulte qu’une partie toujours plus infime et minoritaire de la population totale doit supporter le train de vie de l’ensemble.

Autrement, les actifs deviennent hyperactifs. C’est quand on a subit personnellement un acharnement thérapeutique si violent, qu’il vous fait descendre au plus profond des abysses, que l’on peut comprendre à quel point ce parallèle est instructif car la France subit bien, depuis au moins trois décennies – et les alternances n’y changent rien – un acharnement idéologique qui conditionne des politiques économiques aboutissant progressivement, mais inéluctablement, à la destruction de notre économie, ce qui conduit mécaniquement à l’effacement de la France de la scène mondiale.

Car, sans économie puissante, il n’y a aucune influence possible, qu’elle soit culturelle, géopolitique ou militaire. Et ce constat nous amène à nous refermer sur nous-mêmes, comme un dépressif, prétendant que tout le reste du monde à tort – c’est la faute à la mondialisation – et que le modèle français – que personne n’imite – est le « meilleur du monde ». Il n’y a que ceux qui ne voyagent jamais qui peuvent encore croire aux chants trompeurs de ces sirènes infernales, destinés à nous endormir pour mieux nous tondre et nous spolier. A moins qu’un jour les français ne se réveillent…en espérant qu’il ne soit pas trop tard. Car, certains ne sortent jamais de la dépression.

 

Conférence de Jean-Louis Caccomo à Montpellier sur l’impasse du modèle français

04/11/2014 – 10h00 Montpellier (Lengadoc-info.com) – L’économiste, essayiste et professeur à l’université de Perpignan, Jean-Louis Caccomo, était hier soir à Montpellier à l’invitation de Thierry Tsagalos, pour donner une conférence sur le thème « le modèle français dans l’impasse », titre de son dernier ouvrage publié aux éditions Tatamis. Devant une vingtaine de personnes, l’universitaire, connu pour être libéral et défenseur de l’économie de marché, a dénoncé les dérives d’un mode de gouvernance de l’économie française depuis quarante ans.

Pour Jean-Louis Caccomo, « au moment où les États-Unis ont mis Reagan au pouvoir et que la Grande Bretagne élisait Thatcher, la France, elle, se mettait au Keynésianisme des années 30 ». « Comment l’État peut-il diriger l’économie alors qu’il ne parvient pas à gérer son propre budget » ? «L’État a épuisé tous les mécanismes de la relance et sous prétexte de réguler l’économie, il va la mettre à terre ».

Une dérive qui ne fait pas oublier à Jean-Louis Caccomo que la droite a également sa part de responsabilité car s’il y a en France « une alternance politique, dans le fond, cette alternance n’existe pas ». Pour l’auteur, ceux qui se prétendent « libéraux » et contre l’interventionnisme de l’État, retournent leur veste dès qu’ils sont élus, à l’instar d’Alain Madelin.