The director of the state-run Paris hospitals (AP-HP), Martin Hirsch, attends on January 12, 2015 a press conference at the Pitie-Salpetriere hospital in Paris. The man who allegedly radicalized the Kouachi brothers involved in the Paris terror attacks, Farid Benyettou, 32, the former "emir" of the Buttes Chaumont cell, was a nursing intern at the accident and emergency unit of the hospital since December. Hirsch said that Benyettou's internship at the hospital had been suspended. AFPPHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

L’ensemble des syndicats de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris se mobilisent ce jeudi contre le projet de réorganisation des 35 heures. Il s’agit du premier conflit social d’envergure pour son directeur Martin Hirsch.

« Repos préservé, qualité des soins assurée »: à l’unisson contre le projet de réorganisation des 35 heures, les syndicats de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris appellent à la grève jeudi 21 mai, le premier conflit social d’envergure pour le directeur général Martin Hirsch.

Fait rare, toutes les organisations représentatives (CGT, SUD, FO et même la CFDT) ont fait front commun avec la CFE-CGC, la CFTC et l’Unsa, invitant les agents grévistes à se rassembler à 11 heures devant le siège de l’AP-HP, dans le 4e arrondissement de Paris. « Il va y avoir du monde », promet Jean-Marc Devauchelle, secrétaire général de SUD Santé.

Offre de soins peu perturbée

L’offre de soins ne devrait pas être trop perturbée. Les personnels essentiels à la prise en charge des patients ont été « assignés a minima », tandis que des opérations non urgentes programmées ont été annulées, indique-t-on à l’AP-HP.

Dans la ligne de mire des grévistes, la réforme de l’organisation du temps de travail lancée par Martin Hirsch, qui pourrait toucher dès 2016 quelque 75.000 personnels (hors médecins) dans les 38 établissements de l’AP-HP.

L’intersyndicale attend des garanties et des orientations précises de la direction générale, qui n’a présenté qu’un état des lieux, rejeté par les syndicats.

« Economies sur le dos du personnel »

« Nous voulons négocier sur la base de nos revendications, pas sur celles de Martin Hirsch » qui ne visent « qu’à faire des économies sur le dos du personnel », résume Rose May Rousseau, secrétaire générale de l’Union syndicale CGT de l’AP-HP.

De son côté, Martin Hirsch, qui prévoit d’ouvrir les négociations le 28 mai, assure que les propositions seront « équilibrées ». « Ce n’est pas la fin des 35 heures, c’est les 35 heures organisées autrement et ce n’est pas la fin des RTT », a assuré sur RTL le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris

« Socialement injuste »

Mais il est « indispensable » pour « préserver l’emploi » (avec plus de 4.000 postes menacés sur 4 ans) et la « qualité du travail », selon lui.

L’hôpital public « doit se réorganiser » parce que « aujourd’hui ça marche plus », en raison d’une inadéquation entre la façon dont les 35 heures ont été mises en place en 2000 et le fonctionnement actuel des services hospitaliers.

« L’organisation telle qu’elle est génère du stress pour les patients et pour les personnels », a-t-il poursuivi. « Quand les personnels sont stressés, les patients sont mal pris en charge. Donc il faut se redonner un peu de marges de manoeuvre ».

« Notre effort à tous c’est effectivement de s’organiser mieux, moi j’appelle ce chantier la reconquête du temps perdu », a plaidé Martin Hirsch, estimant avoir la pleine confiance du gouvernement.

Il permettrait surtout d’économiser quelque « 20 millions d’euros », à l’heure où l’hôpital public est sommé de se serrer la ceinture (3 milliards d’euros d’économies attendues d’ici à 2017, dont 860 millions sur la masse salariale).

Actuellement, plus de 60% des agents travaillent 7h36 (38 heures/semaine) ou 7h50 (39h10) par jour, avec un nombre de RTT allant de 18 à 20 jours par an, auxquels s’ajoutent des journées propres à l’AP-HP.

Problème: en raison du manque de personnel, les journées non prises s’accumulent sur les compte épargne temps. Un stock évalué à 74,7 millions d’euros fin 2014, rappelle la direction.

La réduction des plages horaires journalières à 7h30, voire 7h00, atténuerait ces frais, en diminuant, ou supprimant les RTT. Martin Hirsch a d’ores et déjà exclu la « généralisation » de la journée de 7 heures.

« Problème de moyens »

Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a considéré jeudi 21 mai sur Europe 1 qu' »il y a un problème de moyens et d’emplois à l’hôpital. (…) Si la discussion porte autour de l’augmentation des moyens dans l’hôpital, des effectifs dans l’hôpital, on est prêt à discuter (…) On ne peut pas continuer à faire des économies sur l’hôpital. Il faut que l’argent qui existe dans ce pays soit réaffecté dans les services publics, et notamment à l’hôpital. »

Patrick Pelloux, président de l’Amuf (Association des médecins urgentistes) a lui déclaré sur France Inter que:  » les personnels qui sont au pied du lit du malade on les écoute de moins en moins (…) Ces négociations, c’est très bien qu’elles commencent entre Martin Hirsch et les syndicats et j’espère qu’ils vont se parler et trouver des marges de manoeuvre mais là, et ça c’est le contre-balancier, il va falloir parler avec le gouvernement. »

Marisol Touraine attachée aux 35h

Questionné sur ce sujet, le directeur de l’AP-HP a répondu que « bien sûr, sans aucun doute », il bénéficiait du soutien de sa ministre de tutelle, Marisol Touraine. « Elle a envie que ça se passe bien, elle a envie de sauver l’hôpital public, donc elle a envie que j’y arrive, elle n’a pas envie que je rate, elle n’a pas envie que l’AP-HP disparaisse », a-t-il argumenté.

Mardi 19 mai, la ministre de la Santé Marisol Touraine n’a pas suivi la Fédération hospitalière de France, qui réclame un soutien ferme à l’initiative de Martin Hirsch et un débat national sur la question des 35 heures. Elle a martelé que le gouvernement était attaché aux 35 heures, « à l’hôpital comme ailleurs », prévenant que la « réussite » du projet dépendrait de la qualité du « dialogue social ».

(Avec AFP)

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