Ce que la majorité des citoyens français ignorent : La dette immergée...

Ce que la majorité des citoyens français ignorent : La dette immergée !

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En République, être pudique sur des chiffres du secteur public n’est jamais gage d’éthique. Le gouvernant mise sur la crédulité ou sur l’hypoalgésie tandis que le mal  perdure et enfle.

« Il y a une dette immergée qui s’invite à bien des événements de la vie de la sphère publique ».

Le citoyen en qualité d’électeur tout autant que de contribuable sait largement qu’il existe une dette, générée par les gouvernements de gauche et de droite, qui dépasse les 2035 milliards et frôle par conséquent les 100% de notre PIB.

Mais, il y a une dette immergée qui s’invite à bien des événements de la vie de la sphère publique.

– Lorsque l’État apporte une garantie aux prêts bancaires de l’UNEDIC (dont la dette atteint 20 mds), cela ne se retrouve pas dans son bilan.

– Quand l’État soutient à bout de bras la situation de la banque DEXIA, cela n’est pas inscrit au bilan mais dans les cautions accordées.

– Lorsque l’État employeur prévoit la future retraite de ses agents, le montant des provisions pour pensions est inscrit ailleurs qu’au budget annuel approuvé par le Parlement.

Autrement dit, ces trois exemples illustrent l’importance de ce que l’on nomme «les engagements hors-bilan» de la France dont le montant total est égal à près de 3.200 milliards d’euros.

Dans cette question de dette publique, je dois observer que l’on abreuve les médias d’informations sur les quelques 2.000 milliards de dette au sens de Maastricht mais que la dette immergée n’est que très rarement évoquée sauf par le désormais sénateur honoraire Philippe Marini et par son collègue socialiste Gaëtan Gorce ou le député Charles de Courson.
Si l’on aime la rectitude, il faut poser que notre dette totale est de 5.200 milliards.

La dette immergée est comme le diabète ou le glaucome une maladie silencieuse et indolore jusqu’au jour où il est trop tard.

À titre informatif, au sein des 3200 mds, les engagements liés au légitime paiement futur des pensions des fonctionnaires civils et militaires représentent 1561 mds auxquels il convient d’ajouter les retraites des fonctionnaires de la Poste, soit 128 mds.

La moitié de la dette immergée vient donc des futures pensions et présente un caractère incontournable.

Le poste intitulé «Subventions aux régimes de retraites et subventions d’équilibre aux régimes spéciaux» qui se situe à hauteur de 274 milliards dont 137 pour la seule SNCF pourrait être analysé différemment.
Tous ces chiffres offrent la caractéristique d’être assez stables dans le temps à l’exception très notable des «Aides au logement et contribution de l’État au financement du FNAL» qui passent de 106 mds en 2012, à 109 en 2013 puis 164 en 2014 ».

• Par Jean-Yves Archer Publié le 11/06/20 par, LE FIGARO Vox Economie
Voilà le constat.

De la même source, on apprend le 01/07/2015, que La France échappe au couperet de la Commission européenne, mais qu’elle ne doit son salut qu’à la relative souplesse des procédures.

«La stratégie d’assainissement budgétaire menée par la France repose principalement sur l’embellie conjoncturelle et la persistance de taux d’intérêt bas», conclut Bruxelles.
Des hypothèses qui peuvent être mises à mal comme le montre la crise grecque de ces derniers jours. Voilà pourquoi la Commission demande à la France d’étayer son assainissement sur «des réformes structurelles globales et ambitieuses». Elle pointe aussi que le gouvernement n’a pas fourni une évaluation des principales mesures prévues pour 2016 et 2017 et n’a pas actualisé, comme demandé, sa loi de finances pluriannuelle. Décidément, Paris est un élève médiocre »

«Embellie conjoncturelle et persistance de taux d’intérêt bas», mais jusqu’à quand ?

«L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde» a écrit le libéral Frédéric Bastiat (Sophismes économiques).
Plus d’un siècle et demi après, cette phrase s’applique à cette partie immergée de l’iceberg qu’est la dette hors-bilan.

Alors à quand les réformes structurelles globales ambitieuses ?

Une réforme en profondeur du système de soins, une réforme de fond de l’enseignement public, les 2 mammouths sur-administrés de la République en seraient des pistes, ou l’alignement du statut de la fonction publique sur le privé…

Ou préfère t’on laisser le Paquebot France à la dérive pour qu’il connaisse le sort du Costa Concordia, navigant entre l’espoir d’une hypothétique reprise de la croissance et des taux d’intérêts bas ?

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