Les prévisions financières ne cessent de se dégrader pour les organismes de retraites complémentaires des cadres (Agirc) et des salariés non-cadres (Arrco). Même en supposant leur fusion, les deux complémentaires pourraient « faire faillite » dès 2023.

Il y a déjà un an, l’Agirc (caisse de retraite complémentaire des cadres) estimait que ses caisses seraient vides d’ici 2018 à cause du creusement de ses pertes annuelles. Cette estimation se confirme aujourd’hui selon une information des Echos, tandis que les prévisions se dégradent pour le projet de fusion entre l’Agirc et l’Arrco (caisse de retraite complémentaire des salariés non-cadres).

En effet, alors qu’en juin dernier les deux organismes avaient estimé que leurs caisses « fusionnées » seraient vides à l’horizon 2025, l’estimation aurait été avancée à 2023 selon Les Echos.

Ces estimations se rapprochent ainsi de celles de la Cour des comptes rendues publiques en février dernier. L’institution estimait déjà que la fusion des deux caisses aboutirait à des tiroirs vides dès 2023, et alertait sur un éventuel assèchement des réserves dès 2016 pour l’Agirc. Rappelons que l’assèchement des liquidités serait fatal pour ces deux organismes dont les statuts interdisent l’endettement.

Blocage du dialogue sur le projet de fusion Agirc-Arrco

Étant donnée l’urgence de la situation, toute solution rapide et efficace devrait être bonne à prendre. Ainsi, malgré la dégradation des prévisions, le projet de fusion des deux caisses est toujours l’un des principaux envisagés pour que l’Agirc puisse bénéficier des fonds de l’Arrco pour ne pas « être à sec » d’ici seulement trois ans. Problème : cette solution, qui ne ferait par ailleurs que repousser l’échéance d’une « faillite du système », est toujours rejetée par les principaux partenaires sociaux.

« La CFE CGC, le syndicat des cadres, est bien déterminée à ne pas laisser disparaître son régime de retraites complémentaires, l’Agirc. À dix jours de la reprise des négociations sur les retraites complémentaires des salariés, le 27 mai, la CFE CGC lance ce mardi une campagne préventive contre une fusion des caisses Agirc et Arrco qui concerne, elle, l’ensemble des salariés cadres compris. Pour le syndicat, cela sonnerait le glas du statut des cadres », expliquait Le Figaro en cours de journée.

« Pour sauver l’Agirc, la CGC propose plutôt d’augmenter de 1,25 points les cotisations à ce régime, supplément qui ne générerait des droits qu’à hauteur de 1 point. La mesure coûterait en moyenne 6,65 euros par mois à un cadre, plus 10,85 euros à son employeur et rapporterait un milliard d’euros par an », expliquait plus en détails Les Echos.

Un chiffre à comparer au déficit de l’Agirc, dépassant les 3 milliards d’euros par an depuis 2012. En somme, même la solution proposée par la CGC ne compenserait qu’un petit tiers du problème.

Causes profondes : vieillissement de la population et taux faibles

En cause dans cet effondrement des réserves des caisses complémentaires : le vieillissement de la population, bien sûr, mais aussi la baisse des taux d’intérêts en zone euro.

Concernant le vieillissement de la population, on rappellera que l’Agirc compte désormais 2,7 millions de bénéficiaires retraités pour 4 millions de cotisants. Or, les pensions versées aux retraités dépassent très nettement les montants versés par les cotisants. Même chose du côté de l’Arrco, qui bénéficie à 11,9 millions d’anciens salariés désormais retraités tout en comptant 18,1 millions de cotisants avec un déséquilibre comparable à celui de l’Agirc.

Les taux pratiqués en zone euro (notamment ceux des obligations souveraines) sont quant à eux tombés à des niveaux historiquement faibles cette année, et ce malgré leur récent rebond qui pourrait n’être qu’éphémère. Or, les caisses Agirc et Arrco gèrent principalement leurs fonds en les investissant sur les marchés de taux. Les recettes de ces caisses baissent ainsi progressivement du fait que les anciennes obligations « bien rémunérées » arrivent à échéance, et sont remplacées par des obligations plus récentes au taux de rémunération proche de 0%.

La conjugaison des deux facteurs crée ainsi un cocktail détonnant auquel le système de retraite par répartition n’est malheureusement pas adapté.

X. Bargue

1 COMMENT

  1. La diminution du montnat des retraites ou meame la de9sindexation totale ou partielle par rapport e0 l inflation semblent inacceptables. Et pourtant, nous les me9decins, nous avons subi les deux depuis 2012, en ce qui concerne l ASV qui repre9sente 40% de la retraite servie par la CARMF, et personne n en parle ! Nous sommes e0 ma connaissance la seule profession e0 avoir subi cela.Je suis retraite9 depuis le 1er janvier 2011, et d un seul coup au 1er juillet 2012 la valeur du point ASV est passe9e de 15,55 € e0 13,00 €, avec stagnation de la valeur du point au moins jusqu au 1er janvier 2015, faisant diminuer ma retraite de 162,25 € par mois, ce qui est e9norme !Je voudrais que cela soit connu davantage de nos concitoyens.Bien cordialementDr Jean Wolga

Leave a Reply