Aristide de Sousa Mendes, un Homme

Aristide de Sousa Mendes, un Homme

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Aristide de Sousa Mendes, un Homme

Je souhaite publier le post suivant, en hommage à monsieur Aristide de Sousa Mendes.

Presque tout le monde a oublié ce nom aujourd’hui, mais il m’est revenu à l’esprit quand je l’ai vu apparaître dans la liste des membres du groupe des Libérés de la Sécu. Que Moise me pardonne cette publication s’il souhaite la discrétion sur son patronyme, mais l’histoire de son grand-père est une des plus belles qu’il m’ait été donné de lire et d’entendre. Un exemple extraordinaire d’Humanité. Un film ou téléfilm a d’ailleurs été tourné en France sur l’histoire de cet homme.

En juin 1940, Aristide de Sousa Mendes était consul du Portugal à Bordeaux. Devant l’afflux de réfugiés fuyant l’avancée de l’armée allemande, et notamment des Juifs, Aristide décide de passer outre aux ordres du gouvernement de Salazar, et d’octroyer un maximum de visas pour permettre à ces gens d’échapper à la mort en fuyant vers le Portugal à travers l’Espagne.

A Bordeaux d’abord, dans les locaux du consulat, puis en route vers la frontière dans sa voiture, il délivre des visas à tour de bras, jusqu’à 30.000. Ne pouvant « tamponner » seul, il demande de l’aide à sa famille et des amis proches. Il donne les derniers visas à Hendaye, alors qu’il a été officiellement démis de ses fonctions par le gouvernement portugais et que les autorités françaises et espagnoles sont censées ne plus tenir compte de sa signature…

Finalement, dans un dernier pied de nez à la stupidité, il accompagne lui-même la dernière fournée de réfugiés juifs, à travers la montagne espagnole, pour les faire passer par un poste frontière non pourvu du téléphone, afin de ne pas être refoulé par la guardia civil.

La suite de sa carrière a été ingrate, car il est passé à son retour au Portugal en commission de discipline et a été exclus de toute fonction officielle.

Dans une période difficile de l’histoire de France où tout le monde se barrait le plus vite possible des zones de guerre, à l’exception des pauvres bidasses dont 100.000 ont donné leur vie en 30 jours de bataille, Aristide de Sousa Mendes a choisi de sauver le maximum de monde, même au prix de sa carrière diplomatique.

Entre les ordres de son gouvernement et sa conscience, il a choisi.

Toutefois ne jetons pas la pierre au gouvernement portugais : il a honoré les visas délivrés et, en dépit de sa gouvernance peu démocratique, Salazar a discrètement ouvert son pays pendant la guerre pour que s’y réfugient les Juifs avant de prendre le bateau pour les Etats-Unis.

Honneur à cet homme, monsieur Aristide de Sousa Mendes, qui a été fait Juste parmi les Nations par Israël.

Quel rapport avec la France d’aujourd’hui ? Le voici : ceux qui aujourd’hui continuent à siéger dans les instances des caisses de Sécurité Sociale, RSI, MSA, etc… caisses qui assassinent chaque jour deux artisans et agriculteurs, devraient en prendre de la graine. Oser dire NON.

Oserez-vous dire NON, messieurs les administrateurs ? Oserez-vous faire comme cet homme a fait ? Oserez-vous un jour dire NON à ce système de malade qui décourage le plus souvent, qui exile de plus en plus, parfois qui tue les meilleurs de nos enfants, et qui ruine notre pays ? 6 millions de chômeurs, 8 millions de pauvres, 2 millions d’allocataires du RSA, ça ne vous suffit pas ? La France qui dégringole les marches de tous les classements internationaux ça ne vous suffit pas ?

Aurez-vous le courage de dire NON ? Ou serez-vous comme ces millions de Français qui ont courbé l’échine en 1940, prétextant l’obéissance à un vieux maréchal gâteux et lâche ? Ou encore comme ces quelques apparatchiks d’Allemagne de l’Est qui en 1989 prétendaient encore améliorer leur système totalitaire en ruine ?

Quelle est cette peur qui vous paralyse, vous qui siégez dans les conseils d’administration de ces organismes « sociaux » ? De quoi avez-vous peur ? La peine de mort est abolie, vos indemnités ne doivent pas être très élevées, vous allez bientôt perdre tous vos amis… Au fond de vous, croyez-vous encore à ce système de sécurité sociale vieux de 70 ans ? Serez-vous comme ces vieux communistes gris qui bégaient encore l’Internationale dans les foyers-logements ?

Alors qu’est-ce qui empêche l’un d’entre vous de dire NON, le premier, de jeter à la face du directeur (payé par nos cotisations, le directeur) sa démission ? Pour que son exemple fasse tache d’huile… Pour que nos enfants aient un pays pour vivre, et non pas une friche pour crever…

Oser dire NON…

A faire suivre à toute personne que vous connaîtriez et qui occuperait un poste d’administrateur dans une caisse de sécurité sociale quelconque. A faire suivre à tous les journaux, à toutes les boites-courriels…

Jacques Clouteau

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