Aide à la complémentaire santé : l’assurance-maladie épingle la mauvaise qualité des...

Aide à la complémentaire santé : l’assurance-maladie épingle la mauvaise qualité des contrats

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29/06 | 11:56 | Par Solveig GODELUCK
Les frais prélevés par les assureurs sur les contrats bénéficiant de l’aide à la complémentaire santé (ACS) s’élèvent à 30 % de la prime que paient les assurés.

Combien paie-t-on sa couverture santé complémentaire, lorsque l’on gagne entre 700 et 1.000 euros par mois ? La Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM) a mené l’enquête, et publie un état des lieux de l’aide à la complémentaire santé (ACS) en 2012 dans son rapport annuel qui doit être dévoilé la semaine prochaine. Le constat est assez accablant.

D’abord, le reste à charge est élevé. Cette population fragile financièrement paie en moyenne un peu moins de 400 euros par foyer et par an. Ce n’est pas rien lorsque l’on gagne si peu. C’est la différence entre une prime d’assurance qui s’élève à 800 euros, et un « chèque santé » qui couvre à peu près la moitié des frais. La prise en charge est proportionnée aux contrats, qui se renchérissent avec l’âge : les moins de 16 ans ont droit à un chèque de 100 euros, qui grimpe à 200 euros jusqu’à 49 ans, puis 350 euros la décennie suivante, enfin 550 euros après 60 ans.

Toutefois, souligne la CNAM, tout le monde ne paie pas aussi cher. Un tiers des assurés ACS bénéficient en plus d’une aide du Fonds national d’action sanitaire et sociale, de 160 euros en moyenne. Pour eux, le reste à charge est donc de 240 euros par an, soit 28 % de la prime totale.

Les contrats ACS sont également particulièrement coûteux. Les frais prélevés par les plus de 600 mutuelles, institutions de prévoyance et assureurs complémentaires, sont plus élevés que ceux du régime général. « On peut estimer au total que le rapport entre le remboursement des assureurs complémentaires et la prime versée est de l’ordre de 70 % », écrit la CNAM. Les 30 % restant ne servent pas à rembourser les soins, mais à payer les frais de gestion voire les actionnaires.

Mauvaise couverture
Autre défaut majeur des contrats ACS, ils couvrent mal. En effet, la principale obligation consiste à prendre en charge le ticket modérateur des soins courants en ville et le reste à charge à l’hôpital. Mais quid des prothèses dentaires, des lunettes et des appareils auditifs ? Comme 47 % des assurés ACS souscrivent des contrats d’entrée de gamme, contre seulement 18 % de la population ayant souscrit un contrat individuel, ils n’ont que le minimum de protection. Ce qui explique à la fois un fort renoncement aux soins, et une facture salée pour ceux qui se soignent tout de même. Selon la CNAM, pour les 6 % des assurés ACS ayant recours à des soins prothétiques dentaires, le reste à charge est de 400 euros en moyenne, la moitié des dépenses occasionnées. En optique, ils paient de leur poche quasiment autant que leur assureur complémentaire (140 euros ).

Or les bénéficiaires de l’ACS sont en moins bonne santé que le reste de la population, à l’instar des affiliés à la CMU-C. Cela s’explique par un effet de sélection (seuls les plus malades souscrivent une assurance et demandent leur chèque), mais aussi parce qu’on trouve dans cette frange de revenus les bénéficiaires de pensions d’invalidité ou d’allocation adulte handicapé. Si l’on soustrait cette sous-catégorie, la population ACS a un état de santé aussi dégradé que les affiliés CMU-C, mais dépense beaucoup moins pour se soigner.

Source : lesechos.fr

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